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AspiLaser, le laser qui décape les centrales nucléaires

Charles Foucault
AspiLaser, le laser qui décape les centrales nucléaires

L'AspiLaser en plein décapage.

© DR

Fruit de cinq ans de recherche au CEA, le robot AspiLaser décape de façon autonome les murs peints avant d’aspirer et de filtrer les déchets générés. Après une phase d’industrialisation d’un an au sein de la société SDMS Provence, le système va entrer, en mars, dans une phase de tests grandeur nature.
 

Une tête, dotée de quatre lasers 50 watts. Un système d’aspiration. Deux barrières filtrantes. Rien de moins pour le système de décapage de murs né dans les laboratoires de la Plate-forme laser nanoseconde pour applications industrielles (Plani) du CEA, à Saclay. Son nom, AspiLaser. Son but, décaper les murs peints des installations nucléaires en cours de démantèlement. Pour cela, il émet des impulsions laser infrarouge de 100 milliardièmes de seconde. La peinture absorbe l’énergie ainsi générée et se vaporise sur une épaisseur de 0,1 millimètre. Le gaz et la poussière en suspension sont alors aspirés et amenés vers un filtre cyclone puis un filtre THE (très haute efficacité). L’opération génère 100 à 1 000 fois moins de déchets que les procédés classiques. Fixé sur un bras robotisé, l’AspiLaser identifie si la zone sur laquelle il travaille est totalement décapée avant de se déplacer vers une surface non traitée. Il peut ainsi nettoyer de manière autonome pendant 6 à 8 heures, des murs pouvant faire jusqu’à 12 mètres de haut.

En décembre 2010, le CEA a confié l’industrialisation de cette innovation à l’entreprise SDMS Provence (ex Astriane). Le système sera en test à partir de mars et pour une durée de six mois, à Cadarache et à Fontenay-aux-Roses. « Une période d’expérimentation taille réelle nécessaire pour obtenir la validation de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) », explique Marcel Vervack, responsable commercial de la société implantée à Manosque (04). Dans l'absolu, cette technologie peut être utilisée pour tout type de décapage, mais son coût (300 000 euros) la cantonne pour le moment aux applications de démantèlement et d’assainissement nucléaires.

Charles Foucault

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