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Ariane 6, lanceur de l'industrie 4.0 chez ArianeGroup

Xavier Boivinet

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Ariane 6, lanceur de l'industrie 4.0 chez ArianeGroup

Inaugurée il y a un an, l'usine ArianeGroup de Brême (Allemagne) met en oeuvre des technologies de l'industrie 4.0 pour assembler l'étage supérieur d'Ariane 6.

© ArianeGroup \ Hill Media GMBH

Pour développer son nouveau lanceur Ariane 6, ArianeGroup a revu ses procédés de conception et de production en exploitant au maximum les technologies de l’industrie 4.0. Détails avec Hervé Gilibert, directeur technique et qualité du groupe, lors d’un webinaire organisé par l’IRT SystemX le 25 novembre autour de l'Industrie du futur.

En Europe, le développement d’un nouveau lanceur civil n’intervient qu’une fois tous les vingt ans. Alors qu'Ariane 5 a été développé à partir des années 1980 et produit sur un système industriel des années 1990-2000, ArianeGroup est sur le point de lancer son successeur : Ariane 6. « Cela a été pour nous l’opportunité de mettre en place un système industriel complètement nouveau, a déclaré Hervé Gilibert, directeur technique et qualité chez ArianeGroup lors d’un webinaire dédié à l’« industrie du futur » organisé par l’Institut de recherche technologique (IRT) SystemX le 25 novembre. Depuis 2015, nous avons eu la chance de pouvoir bénéficier de la vraie naissance de l’industrie 4.0, en créant des usines complètement nouvelles. »

C’est le cas par exemple à Brême (Allemagne), où l’usine flambant neuve destinée à intégrer l’étage supérieur d’Ariane 6 a été inaugurée il y a un an. Celle-ci met en œuvre un nouveau concept d'intégration fortement numérisé et inspiré du secteur automobile, et des procédés innovants de traitement de surface et d’isolation thermique. 

Concurrence drastique et chute des prix

Parce que les lancements de satellites se sont multipliés ces dernières années et que la concurrence dans le domaine des lanceurs s’est accentuée, il y a un vrai besoin de gagner en efficacité opérationnelle et industrielle, souligne M. Gilibert : « Nous avons connu sur la décennie 2010 une division par deux des prix sur le marché du lancement de satellites. Et cette dynamique se poursuit sur la décennie en cours. »

Pour ArianeGroup, les technologies de l’usine 4.0 participent à l'atteinte des objectifs ambitieux du programme de son nouveau lanceur, notamment au niveau des coûts : l’entreprise vise une Ariane 6 entre 40 % et 50 % moins chère qu’Ariane 5.

Pour y parvenir, les pistes sont multiples : accélérer les cycles de développement, construire l’outil industriel et être capable de produire avant même la fin du développement du produit, prévoir que celui-ci va évoluer, intégrer l’ingénierie dans le système de gestion du cycle de vie du produit grâce au jumeau numérique, concevoir les produits en lien avec les procédés industriels notamment grâce à la fabrication additive, et enfin rendre les usines plus écoresponsables et automatisées.

Fabrication additive et nouvelles fonctions

« Nous avons eu un recours massif à la fabrication additive pour Ariane 6, affirme M. Gilibert. C’est une vraie révolution. » Dans un entretien accordé à Industrie & Technologies en juin dernier, Raphaël Salapète, responsable R&D fabrication additive chez ArianeGroup, déclarait que dix références avaient été qualifiées pour Ariane 6.

La fabrication additive a notamment permis de créer des pièces inaccessibles avec des procédés traditionnels ou tels qu’ils existaient il y a cinq ans, poursuit M. Gilibert : « Cela va bien au-delà de l’optimisation topologique. Par exemple, nous avons créé de nouvelles fonctions qui nécessitaient des systèmes d’échangeurs thermiques très complexes et fabricables uniquement en fabrication additive. »

Les données au service de la maintenance

Pour gérer la masse de données générées dans ses usines, ArianeGroup indique ne pas avoir souhaité développer ses propres outils pour aller plutôt vers des solutions disponibles sur le marché. « Le premier cas d’usage est celui de la surveillance de l’outil industriel », indique M. Gilibert. Exemple sur le site des Mureaux (Yvelines) avec la soudure par friction malaxage mise en œuvre sur de très grandes longueurs pour assembler des pièces : « L’exploitation des données fournies par le système de soudure nous a permis d’accélérer très nettement la mise au point de cette solution. » A l’avenir, les données pourraient être utiles pour un autre type de maintenance : celle des lanceurs eux-mêmes, lorsqu’ils seront réutilisables.

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