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Apilab : les abeilles à la rescousse de l’écotoxicologie

Apilab : les abeilles à la rescousse de l’écotoxicologie

Les populations d'abeilles sont rapidement impactées par les pics de pollution

© DR

Apilab officie dans la biosurveillance de l'environnement en analysant des populations d'abeilles, accumulatrices naturelles de polluants. A terme, l'entreprise veut faire certifier sa méthode comme indicateur de pollution globale.

Apilab officie dans la biosurveillance de l’environnement. Bio ? Parce qu’elle utilise des abeilles pour récolter la pollution d’un site. De véritables échantillons vivants qui subissent ensuite en laboratoire des analyses toxicologiques. « De par leur faculté à patrouiller dans un rayon de 3 km autour de leur ruche, les abeilles constituent d’excellents accumulateurs de polluants, et donc des indicateurs fiables », explique son fondateur Benjamin Poirot, biochimiste et expert sur les questions de pollution pour l’Anses et le tribunal de Grande Instance de Poitiers. 

La société propose deux types de prestations : l’une de diagnostic, l’autre de surveillance. Le diagnostic consiste à disposer des ruches sur un site et laisser proliférer une génération d’insectes avant de les soumettre à une batterie d’analyse physico-chimiques. Grâce à ses abeilles, Apilab peut relever plusieurs types de polluants : métaux lourds, radionucléides, pesticides, PCB, HAP, dioxines et furanes. La comparaison à une population d’abeilles élevée en milieu neutre permet d’établir, selon Benjamin Poirot, le taux de pollution du site. L’activité de surveillance relève quant à elle les entrées et sorties quotidiennes d’une ruche par un système optique. Le différentiel, qui correspond aux variations temporelles de la population, peut donner l’alerte sur des modifications environnementales soudaines.

Pour lors, la démarche est menée par des collectivités et quelques industriels sur une base volontaire. Vinci l’a déployée sur un site de construction pour caractériser son impact environnemental. Mais elle reste un outil d’auto-diagnostique et de communication qui n’a pas vocation à remplacer les études réglementaires. « Les abeilles collectent la pollution de l’air, des sols et de l’eau. Il s’agit donc d’un indicateur de pollution global », estime Benjamin Poirot. Pour autant, ce fils d’apiculteur ne désespère pas de voir certifier ses méthodes de bio-accumulation dans un futur proche.  

Hugo Leroux

 

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