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Anticorps polyclonaux : Xenothera démarre l'essai clinique de phase 3 de son traitement anti-covid.

Emilie Dedieu

Mis à jour le 04/05/2021 à 11h54

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Anticorps polyclonaux : Xenothera démarre l'essai clinique de phase 3 de son traitement anti-covid.

Le premier flacon de XAV-19 était disponible à l’étude dès juin 2020.

© Xenothera

La biotech française Xenothera a annoncé le 3 mai le démarrage d'un essai clinique de phase 3 de son traitement anti-Covid. Quinze jour après avoir terminé le recrutement des patients pour son essai de phase 2 en France, dont les résultats sont attendus fin juin. XAV-19 est l’un des six traitements à base d’anticorps polyclonaux actuellement testés dans le monde.

Xenothera démarre l'essai clinique de phase 3 de son traitement anti-Covid, un anticorps polyclonal baptisé Xav19. La biotech nantaise a annoncé le 3 mai le recrutement du premier patient, en Grèce, pour cet essai. Euroxav, c'est son nom, « est un essai de phase 3 multi-centrique randomisé qui recrutera 722 patients atteints de Covid modérée. L'essai se déroulera en Grèce, Bulgarie, Roumanie, Espagne et Turquie », indique Xenothera dans un communiqué. Et de préciser : « L’essai a pour but d’évaluer l’efficacité du XAV-19 chez des patients hospitalisés et ambulatoires. »

Euroxav s'ajoute à l'essai Polycor, lancé officiellement en août 2020 en France par Xenothera pour évaluer la capacité du XAV-19 à lutter contre les formes graves du Covid-19. La biotech avait annoncé le 21 avril avoir recruté le dernier des 398 patients de cet essai réalisé sous la promotion du CHU de Nantes dans 35 hôpitaux français. Aujourd'hui en phase 2, Polycor délivrera ses résultats fin juin, selon la biotech.

Les sérums à base d’anticorps, comme XAV-19, sont conçus pour agir directement sur le virus avant que l’organisme du patient n’ait sa propre réaction immunitaire. Ce sont des antiviraux, dont le but est de prévenir l’aggravation de la maladie. Pour être efficaces, ils doivent donc être administrés rapidement après l’apparition des symptômes, typiquement dans les cinq premiers jours.

Un processus de production rapide in vivo dans un animal

« Nous avons réussi à mettre des flacons du médicament à disposition en trois mois », se réjouit Bernard Vanhove, directeur des opérations chez Xenothera. La genèse de ce traitement commence avec un patient contaminé, qui produit donc ses propres anticorps. Après une prise de sang, le plasma est extrait, et l’on isole les immunoglobulines, aussi appelées anticorps, grâce une capture par chromatographie. « L’extraction de la fraction immunoglobuline du plasma prend une semaine à quinze jours, au niveau technique », estime Bernard Vanhove. Il faut ensuite nettoyer le sérum, par nanofiltration : « Cela nous permet d’avoir un produit purifié, débarrassé des impuretés. »

Mais, chez Xenothera, le patient de départ n’est pas humain : c’est un cochon. Travailler avec un sérum animal permet une production in vivo des anticorps. « Le processus est le même, un animal est immunisé avec des antigènes qui correspondent à ceux du coronavirus, et devient donneur de plasma », décrit-il. Toutefois, attention, l’inoculation d’anticorps animaux à l’humain n’est pas sans risque. Cela peut, entre autres, causer la maladie sérique, qui provoque de fortes fièvres et paralyse les articulations. La lignée de porc utilisé par Xenothera a donc été génétiquement modifiée pour produire ce que l’on appelle des anticorps « glyco-humanisés », qui n’entrainent pas de réactions inflammatoires chez l’humain.

Cinq autres essais cliniques d’anticorps polyclonaux dans le monde

Plusieurs autres traitements à base d’anticorps polyclonaux sont actuellement testés dans le monde, à divers stades d’avancement. Selon ClinicalTrials.gov, le registre d’essais cliniques en ligne, deux de ces études ont complétés leur phase 2 : l’anticorps équin INM005 de la biotech argentine Inmunova, et SAB-185 de SAB Biotherapeutics, du Dakota du Sud, à base de plasma bovin. Seul le premier a pour l’instant publié ses résultats : aucune amélioration significative de la charge virale ou du taux d’hospitalisation n’a été constatée, mais un effet positif sur les patients hospitalisés a, malgré tout, été mis en évidence.

Moins avancés, deux traitements à base d’anticorps polyclonaux équins rentrent en phase 2 : celui de la société indienne Bharat Serums and Vaccines Limited et celui de l’université du Costa Rica. En utilisant également les chevaux comme hôte, la biotech lyonnaise Fab’entech, espère débuter la phase 2 de ses essais cliniques fin juin. 

Probablement plus efficaces contre les variants que les anticorps monoclonaux

Actuellement, les seuls traitements à base d’anticorps utilisés en France sont les anticorps monoclonaux des sociétés Eli Lilly et Roche. Depuis le 15 mars, deux bithérapies utilisant ces molécules ont reçu une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Pour obtenir une autorisation définitive, d’autres études cliniques sont en cours. Toutefois, une inquiétude persiste : leur efficacité face aux variants n’est pas démontrée. 

« L’avantage des anticorps polyclonaux, c’est qu’ils reconnaissent a priori plus d’épitopes [parties d'antigènes ou de protéines pouvant être reconnues par le système immunitaire, ndlr] sur la cible, et sont donc moins susceptibles d’être affectés par des variants », pronostique Bernard Vanhove. L’anticorps polyclonal pouvant théoriquement reconnaitre plusieurs parties d’un virus, il serait moins soumis au phénomène d’échappement que son homologue monoclonal. Autre point en sa faveur : sa production coûterait « cinq fois moins cher » étant donné qu’aucun milieu artificiel n’est nécessaire. 

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