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Antibiotiques : une start-up tente de limiter leurs effets indésirables

Muriel de Véricourt

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Antibiotiques : une start-up tente de limiter leurs effets indésirables

La bactérie Clostridium difficile peut se multiplier dans l'intestin lors d'une antibiothérapie.

© DR

La société de biotechnologies DaVolterra, qui étudie la possibilité de limiter l'apparition de résistances aux antibiotiques, affirme avoir obtenu des résultats prometteurs.

Véritable problème de santé publique, l’apparition de microorganismes résistants aux traitements est d’autant plus problématique que le nombre de familles d’antibiotiques disponibles sur le marché n’évolue guère. Une problématique à laquelle la société DaVolterra propose de s’intéresser via une approche originale. L’entreprise fondée en 2000 par Florence Séjourné, ingénieur des mines spécialisée en biotechnologies, développe une substance destinée à être coadministrée avec les antibiotiques.

« C’est une sorte d’éponge moléculaire, qui adsorbe les antibiotiques là où ils se trouvent », explique Jean de Gunzburg, responsable scientifique de la société. Encapsulé, le principe actif n’est délivré, sous l’effet du pH, qu’au niveau du caecum. Objectif : éviter que la fraction de l’antibiotique qui n’est pas absorbée lors de la digestion (et donc n’atteint pas sa cible) ne détruise sélectivement les microorganismes qui lui sont sensibles une fois arrivé dans l’intestin, comme c’est le cas habituellement. Et ce afin d’atténuer fortement l’effet indésirable de sélection des bactéries résistantes de la flore intestinale par l’antibiotique, sans affecter son rôle thérapeutique.

L’industriel, qui espère pouvoir démarrer les études cliniques en 2010, vient de dévoiler des résultats selon lesquels l’administration de son produit permettrait de diminuer fortement la quantité d’antibiotique libre et de bactéries résistantes excrétés par des porcs soumis à une antibiothérapie. Et ce, avec trente antibiotiques appartenant à six familles différentes. Les équipes de recherche de l’entreprise s’intéressent désormais à la durabilité du complexe adsorbant-antibiotique et à l’éventualité d’une dégradation de l’antibiotique avant son éventuelle libération.

DaVolterra fait par ailleurs valoir le bénéfice immédiat de sa technologie pour le patient. Celle-ci réduit en effet le risque de survenue de diarrhée due à Clostridium difficile, une bactérie « opportuniste » qui peut profiter de la destruction d’une partie de la population bactérienne de l’intestin pour s’y multiplier.

Muriel de Vericourt

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