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La semaine de Jean-François Prevéraud

Ansys : le calcul, rien que le calcul, mais presque tout le calcul

Industrie et  Technologies
Nouvelle rencontre importante dans le domaine de la simulation, celle de Jim Cashman, President & CEO d'Ansys. La vision d'un des ténors du marché.


Décidément les semaines se suivent et se ressemblent. Après LMS la semaine dernière, c'est Ansys qui faisait cette semaine une présentation de sa stratégie à ses clients français, par l'intermédiaire de son President & CEO, Jim Cashman.

Sans refaire l'histoire, Ansys est l'un des plus anciens acteurs du monde du calcul et de la simulation, puisque son histoire remonte au tout début des années 70, alors que la société s'appelait encore Swanson Analysis Systems. Après être devenue Ansys en 1994, elle s'est lancée dans une politique d'acquisitions pour compléter son portefeuille applicatif. L'on ainsi rejoint Icem CFD Engineering en 2000, le français Cadoe et sa technologie DesignXplorer en 2001, la technologie de mécanique des fluides CFX de AEA Technology en 2003, Century Dynamics et sa technologie Autodyn CFD en 2005, Harward Thermal pour le refroidissement des circuits électroniques en 2005, puis Fluent, l'un des leaders de la mécanique des fluides, en 2006 et finalement Ansoft pour la simulation électromagnétique en 2008.

Ansys compte maintenant plus de 1 600 personnes réparties dans une soixantaine d'implantations sur la planète, et a réalisé un chiffre d'affaires de 385 millions de dollars en 2007, en très forte croissance suite à l'acquisition de Fluent. « Notre objectif est d'atteindre rapidement les 500 M$ de chiffre d'affaires, ce qui devrait être possible à moyenne échéance car nous avons une croissance moyenne annuelle de l'ordre de 20 % depuis plusieurs années », précise Jim Cashman.

Répondre à de nouveaux besoins

Une croissance qui devrait être d'autant plus facile à maintenir qu'Ansys entend proposer des outils de simulation appropriés aux technologies montantes. « Nous avons identifié un certain nombre de secteurs qui sont en pleine phase d'expansion et qui font ou vont faire un appel massif à la simulation. Je pense par exemple à l'énergie et à l'environnement, aux nanotechnologies ou encore à la bio-médecine ». Et de citer quelques exemples. « Nos outils permettent d'améliorer le rendement des centrales électriques ou des éoliennes, mais aussi par exemple d'optimiser la combustion dans votre chaudière à gaz. Dans le domaine médical, nos outils, en liaison avec l'imagerie 3D, permettent d'évaluer l'opportunité d'une intervention chirurgicale délicate, sur une rupture d'anévrisme par exemple, et de tester différents scénarios d'intervention. Ils servent aussi à évaluer de nouveaux moyens de soin comme des turbopompes implantées sur des vaisseaux sanguins pour délivrer un médicament sur une longue période. L'arrivée des nouvelles énergies dans le monde de l'automobile est aussi un moteur puissant pour le développement de la simulation dans ce secteur ».

Le point commun de toutes ces applications est d'avoir recours à des simulations de plus en plus multi-physiques. « Les évolutions des algorithmes des codes de calcul, combinées à l'augmentation quasi illimitée des performances des machines, voire des réseaux, dédiés au calcul, ont permis de faire un bon fabuleux en 20 ans. Nous pouvons traiter des problèmes de plus en plus complexes sans faire de sacrifice sur le réalisme, la précision et la qualité des analyses. De plus, les temps de calcul ont été réduits de manière faramineuse, ce qui permet de multiplier les simulations et de les utiliser beaucoup plus tôt dans le processus de conception, afin de prendre de meilleures décisions. Nous sommes passés de l'ère de la vérification à celle de l'optimisation de prototypes virtuels ».

Etre proche de la réalité

Une évolution qu'il ne voit pas prête de s'arrêter. « Le monde réel n'est pas celui de l'exactitude. C'est pourquoi nos codes de calcul vont intégrer de plus en plus la notion d'intervalle de tolérance sur les paramètres clés. Ils ne donneront plus un résultat, mais un espace de validité. Nous pourrons ainsi mieux prendre en compte les hétérogénéités des matériaux, les dispersions sur les dimensions, les contraintes résiduelles dues aux process de production, etc. Bref la vraie vie ».

Autres points mis en avant par Jim Cashman, la convivialité des logiciels. « Il y a encore 20 ans pour traiter un problème de simulation, il fallait modifier des lignes de code. Aujourd'hui, le logiciel incorpore un certain savoir-faire qui permet d'interagir avec lui grâce à des interfaces intuitives en conversant de manière naturelle. Il peut même à travers un outil comme Enginnering Knowledge Manager gérer des résultats d'expériences antérieures et proposer leur réutilisation afin d'accélérer les process de conception. De même, le logiciel va être de plus en plus capable d'informer le concepteur sur les tendances d'évolution des performances du produit qu'il conçoit en fonction des paramètres qu'il modifie. Voire de modifier automatiquement la géométrie de modèles CAO paramétrés. Nous allons de plus en plus vers une véritable gestion des connaissances ».

Concernant le spectre de l'offre d'Ansys, Jim Cashman est très clair : « Nul ne peut tout fournir en calcul, d'autant plus si l'on est aussi acteur en CAO, en GDT, en 3D grand public, etc. C'est pourquoi nous avons fait le choix de proposer à nos clients un portefeuille d'applications répondant à la majorité de leurs problèmes multi-physiques, accessible via l'environnement Ansys Workbench, et de leur laisser la possibilité d'utiliser à travers cet environnement d'autres codes de calcul, qui leur sont propres ou qui viennent de la concurrence ». Un environnement bien évidemment indépendant des éditeurs de CAO, afin de pouvoir travailler au mieux avec les outils de conception déjà en place chez les utilisateurs.

« Soyez certain que nous ne nous focalisons pas sur nos concurrents, mais sur les besoins de nos clients. Plutôt que de faire dans le visionnaire, nous voulons juste avoir un petit peu d'avance sur leur courbe d'acceptation des technologies de simulation dans leurs métiers. Je pense que la présence aujourd'hui de 300 utilisateurs français à notre manifestation est la preuve que nous sommes bien en phase avec eux », conclut Jim Cashman.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.ansys.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 27 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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