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Améliorer les sensations du skieur

Propos recueillis par Nadège Aumond Photo : Chimène Deunnelin

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- Trente-six médailles glanées dont neuf d'or aux jeux olympiques de Turin. Pour rester sur le devant de la scène, Skis Rossignol mise sur l'innovation. Sa stratégie : multiplier les partenariats dans lesquels il puise des idées et surtout des solutions. Son intérêt y est d'autant plus fort que l'avenir semble passer par des technologies qui sont loin des métiers d'origine de l'industriel, passé en juillet 2005 sous la houlette de l'américain Quiksilver.

ndustrie et Technologies : Que recouvre la R&D chez Skis Rossignol ?

Jacques Lacroix : La R&D dans le groupe occupe environ 150 personnes pour l'activité sports d'hiver (planche/ bâton/chaussure/fixation). La moitié est située au siège à Voiron (Isère). Elle est dédiée au développement des planches de glisse pour le ski alpin, le ski de fond et le snowboard ainsi qu'à celui des fixations pour ce dernier.

Nous développons chaque année plusieurs centaines de modèles différents (planches de glisse). Si la décoration est systématiquement renouvelée, il y a aussi de nombreux changements au niveau des lignes de cotes et des matériaux. Il faut un an pour mettre au point une paire de skis, plutôt deux pour les chaussures et trois pour les fixations.

Pour stimuler l'innovation, en plus du marketing traditionnel, nous avons mis en place, il y a plusieurs années déjà, une équipe de cinq personnes dédiée à l'exploration de nouvelles idées et concepts. L'origine de ces derniers provient le plus souvent d'un contact extérieur ou de partenariats.

I. T. : Quel est le plus important de vos partenariats ?

J. L. : Le plus important - celui qui nous occupe le plus actuellement - concerne les micro- et nanotechnologies. Nous avons signé un accord l'été dernier avec le Minatec Ideas Laboratory dont l'objectif est de relier de nouvelles technologies (beaucoup d'électronique et un peu moins de matériau pour l'instant) à l'usage des produits. À travers ce partenariat, nous accédons à des technologies que nous ne maîtrisons pas du tout. Si nous avions déjà travaillé sur certains concepts en cours au Minatec, nous avions du mal à trouver les bonnes solutions technologiques. En plus d'accéder à des experts, cela nous permettra également de rencontrer de futurs partenaires commerciaux.

I. T. : Qu'attendez-vous des micro- et nanotechnologies ?

J. L. : Nous espérons apporter des fonctions complémentaires ou supplémentaires à nos produits pour améliorer la sécurité, les performances, le confort et amplifier les sensations. Jusqu'à maintenant, nos produits, comme ceux de nos concurrents par ailleurs, ne communiquent pas beaucoup. Les sensations qu'ils procurent proviennent essentiellement des skis que l'on a aux pieds. Nous voudrions amener des fonctions d'assistance, de guidage pour aider le skieur à prendre plus de plaisir dans sa pratique. Cela en plus de résoudre les problématiques classiques de type maux de pied ou de faciliter les virages. Quelques prototypes commencent à tourner mais c'est encore trop tôt pour en parler, on peut citer quelques exemples de ce qu'il est déjà possible de faire. Aujourd'hui, en effet, il est tout à fait envisageable, d'un point de vue technologique, de répondre en fin de journée à la question quel parcours a emprunté le skieur et quelles pistes il a descendues. À cela, nous aimerions ajouter des informations du type : nombre de virages effectués, vitesse atteinte... voire des données plus intéressantes en termes de performance ou d'apprentissage telles que la notion de dérapage qui est directement liée au niveau atteint par le skieur. Il pourrait ainsi connaître sa progression de jour en jour. L'objectif est de fournir des éléments qui apportent un réel plus à l'utilisateur.

Nous croyons également beaucoup à l'aspect amplification des sensations. Pour le coup, cela n'impactera pas que le produit, cela passera aussi par les accessoires : casques, gants, lunettes... L'idée est d'apporter une indication soit sur le produit, soit sur l'environnement. Il ne suffit plus de travailler sur le joli virage ! Nous nous devons désormais de travailler sur le plaisir du ski, de donner envie à chacun de renouveler l'expérience. Concrètement, cela va de l'affichage d'information en vision tête haute ou sur les vêtements à plus simplement - quoique technologiquement l'exercice est loin d'être évident ! - un indicateur d'usure de la semelle et des carres qui informe le skieur qu'il est temps de faire farter ses planches et d'affûter ses carres afin qu'il retrouve les sensations et le plaisir d'une paire de skis neufs...

I. T. : Estimez-vous avoir fait le tour de la recherche en matériaux et procédés ?

J. L. : Bien sûr que non ! Nous continuons à mener des recherches dans le domaine des matériaux et des procédés tels que l'injection plastique. Il s'agit surtout d'une veille et d'une validation mécanique. Cette recherche est aussi effectuée au travers de partenariats avec des grandes écoles d'ingénieurs comme l'Insa de Lyon ou avec nos fournisseurs. Nous essayons de les impliquer dès le début des nouveaux projets.

Côté procédé, la ligne directrice est la minimisation du temps de main d'oeuvre afin de rester compétitif et de conserver nos sites de production en France et en Espagne. Nos efforts se concentrent sur l'automatisation et sur le développement de sous-ensembles de plus en plus complets qui nous seraient fournis par nos partenaires et que nous n'aurions plus qu'à assembler.

Autrement, les nanotechnologies permettront probablement de gagner encore en légèreté et en comportement mécanique. Nous suivons aussi de très près ce qui concerne l'adhérence des matériaux entre eux ainsi que l'adhérence des encres, en fait toutes les technologies liées au graphisme, en particulier à la sérigraphie. La décoration est un point primordial de nos produits.

LES CHIFFRES CLÉSLa R&D chez Skis Rossignol

- 5 % du chiffre d'affaires (480 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 2005 dont 320 millions pour les activités matériel de sport d'hiver) - Effectif R&D : 150 personnes (en France et en Italie) - Effectif groupe : environ 3 000 personnes

RENCONTRE AVEC JACQUES LACROIX

DIRECTEUR DE LA R&D DE ROSSIGNOL

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0876

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