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La semaine de Jean-François Prevéraud

Altran entend développer ses activités en Inde

Jean-François Preveraud
Altran entend développer ses activités en Inde

© DR

J’ai rencontré lors de son passage à Paris Shamsher Mehta, qui vient d’être nommé Chairman d’Altran India. L’occasion d’évoquer la stratégie du leader européen du conseil en innovation et en hautes technologies, vis-à-vis de l’off-shore dans ce pays.

Le groupe Altran est directement présent dans une trentaine de pays avec plus de 17 000 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 1,4 milliards d’euros. Il y exerce essentiellement trois activités : le conseil en technologie et R&D (47 % du CA) ; le conseil en organisation et systèmes d’information (33 % du CA) ; le conseil en stratégie et management (15 % du CA).

« Nous faisons déjà un certain nombre de choses en Inde depuis la création de la filiale en 2004 : de l’off-shore notamment pour de l’ingénierie de produits et process essentiellement dans les domaines de la mécanique et des systèmes embarqués ; nous accompagnons nos clients européens qui se développent sur le marché indien (Renaut ; Areva ; Alstom…) ; enfin nous adressons aussi le marché local du conseil en technologie », résume Frédéric Grard, directeur général adjoint du groupe, en charge de l’international.

Les dirigeants d’Altran considèrent que les services de développement de produits et de process en Inde en sont juste à leur commencement. « C’est le début d’une ère qui va prendre la suite de celle des services en informatique », affirme même Michael Träm, CEO d’Arthur D.Little, qui fait partie d’Altran depuis 2002. « Cela répond aux attentes des économies européennes qui entendent réduire leurs coûts de développement de produits et être toujours plus flexibles. Et l’un des atouts de l’Inde est la forte qualification des ingénieurs très bien formés par les universités locales ».

Un besoin de transfert de technologie

« Nous sommes une économie émergeante qui connaît un taux de croissance annuel de l’ordre de 8 %. Nous sommes un pays démocratique multiculturel très ouvert, à la population très jeune où l’éducation tient une place importante. Nous pouvons donc venir en aide aux pays occidentaux qui sont tous entrain de vieillir rapidement. Et il y a une réelle synergie entre l’Inde et les pays occidentaux, car nous avons besoin de technologies pour satisfaire notre demande intérieure », estime Shamsher Mehta, nouveau Chairman d’Altran India.

Attention, il ne s’agit pas d’une négociation d’état à état, mais d’échanges entre des partenaires économiques. Et d’insister sur la loyauté des partenaires indiens. « Nous avons un réel ‘‘code de la réussite’’, qui garantit la protection de la propriété intellectuelle des OEM pour lesquels nous travaillons. Il n’est de voir les énormes centres de développement qui travaillent déjà pour tous les grands noms de l’informatique ».

« De toute manière, les produits occidentaux qui sont développés en Inde ne correspondent bien souvent pas aux besoins du marché indien. Dans le domaine automobile nous n’avons pas besoin de grosses berlines, mais de véhicules tels la Tata Nano, par contre nous pouvons aider les constructeurs occidentaux à développer leurs berlines ».

Un marché très demandeur

Le marché indien est aussi un marché d’opportunités pour la prestation intellectuelle où les décisions se prennent très vites. « Nous avons rencontré en novembre, grâce à Shamsher, un certain nombre de clients potentiels, des Tier 2 de l’industrie (500 à 1 000 M$ de chiffre d’affaires) proposant des motocyclettes, des drones, des médicament ou des équipements de recyclage de l’eau. Nous avons signé nos premiers contrats avec eux en janvier et février », précise Frédéric Grard. Le marché industriel est donc très demandeur, par contre, il ne faut pas oublier la spécificité des produits dont le marché indien à besoin, à la fois en termes de fonctionnalités et de qualité.

« Ne soyons pas non plus arrogants. Alors que la France forme 25 000 ingénieurs par an, l’Inde en forme 150 000 et la Chine plus de 220 000, les indiens peuvent donc développer tous seuls des produits innovants. Peut-être un peu moins vite, mais ils y arriveront avec un niveau de qualité similaire à celui de l’occident. Si vous prenez aujourd’hui l’Inde plus la Chine, plus la Russie et Brésil, c’est 95 % de l’intelligence mondiale en électronique et technologies avancées. On ne peut donc plus être protectionnistes. Plutôt que de s’opposer, mieux vaut donc collaborer. La vraie valeur n’est plus sur la technologie, mais sur le commerce et la compréhension des marchés », estime Frédéric Grard.

N’oublions pas non plus qu’Altran est une compagnie jeune, 32 ans d’age moyen, faite à 100 % d’ingénieurs. « L’Inde peut aussi représenter pour nos personnels une réelle opportunité de tenter une carrière internationale dans un pays jeune et dynamique ».

Recréer un écosystème français en Inde

Pour favoriser ces échanges de technologies, outre des prestations en direct, Altran va aussi aider une trentaine de PME françaises de 20 à 100 personnes à aller sur le marché indien. Il s’agit de retrouver l’entraide à l’exportation qui existe dans l’industrie allemande. Ces sociétés seront essentiellement dans les systèmes communication, l’environnement ou l’urbanisme. Il s’agit de recréer sur place un écosystème de PME françaises que les grands groupes français pourront d’ailleurs utiliser pour mieux pénétrer le marché indien.

« Nous gravitons dans les Pôles de compétitivité tels Systématic, Medicen, Cap Digital, Aerospace Valley depuis deux ou trois ans et nous y avons rencontré nombre de PME intéressantes ayant une réelle volonté d'aller sur ce marché. Nous allons donc les aider avec notre filiale à trouver des partenaires en Inde et les faire bénéficier de notre expérience à l’international. Mais il ne s’agit là que l’un des volets de notre activité en Inde », conclut Frédéric Grard.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.altran.com

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 28 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.
 

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