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Alstom Transport mise sur un nouveau modèle de production

Guettant les effets de la crise économique, le constructeur français entend s'appuyer sur l'amélioration continue des flux de fabrication. Conçu pour répondre à la libéralisation du marché ferroviaire, ce nouveau modèle est depuis janvier généralisé à tou


Alstom Transport, prêt à faire face à la crise économique mondiale quelles que soient ses répercussions ? La demande en matériel ferroviaire des opérateurs privés de fret aurait ralenti. Mais les plans de relance nationaux promettraient, à l'inverse, une accélération des projets d'infrastructures. Dans tous les cas, Alstom Transport compte sur sa nouvelle stratégie de production au plus juste pour équilibrer l'activité, à la hausse comme à la baisse, entre ses différentes unités. Pleinement opérationnelle depuis le début d'année, cette orientation doit lui permettre de rivaliser avec une concurrence de plus en plus féroce. L'objectif est de réduire ses coûts de fabrication de 5 % par an.



Le Canadien Bombardier, l'Allemand Siemens... Cette réorganisation d'Alstom Transport répond à la libéralisation du marché ferroviaire et à la rivalité croissante entre les constructeurs. « Avant, nous profitions d'une relation privilégiée avec nos clients historiques RATP et SNCF. C'est terminé », rappelle Thierry Best, vice-président de la division. De nouveaux opérateurs de transport, en France et à l'étranger, attisent aujourd'hui les convoitises. Surtout, cette libéralisation oblige à assouplir et à optimiser les processus. « Nous avons déplacé, sur notre centre d'excellence en locomotives de Belfort, les activités de soudage et de montage d'autres sites en surcharge. Nous évitons ainsi d'avoir d'un côté recours à des intérimaires, alors que de l'autre nous serions au chômage technique », poursuit Thierry Best.

Rationaliser la production

Cette souplesse, découlant de l'homogénéisation des processus, s'avère cruciale alors que la visibilité économique internationale demeure floue. En 2004, alors que le groupe Alstom venait d'échapper au dépôt de bilan, sa division transport démarrait la rationalisation de sa production. Aujourd'hui, toutes les usines sont engagées dans la démarche et seuls quelques sites de maintenance n'ont pas encore franchi le pas.

Basée sur le programme Apsys (Alstom production system), cette stratégie, qui sera détaillée en mars dans l'édition papier d'Industrie et Technologies, fait la part belle à l'amélioration continue : élimination de ce qui n'apporte aucune valeur ajoutée au client ; standardisation des opérations ; implication des opérateurs sur le terrain ; et capitalisation des bonnes pratiques. A un détail prêt : les volumes des séries sont bien moindres que dans l'automobile, l'initiatrice de la production au plus juste (lean manufacturing). Au lieu de millions de voitures, le ferroviaire compte en centaines de trains. Il faut donc adapter les investissements.

Faire de même pour la conception

Aujourd'hui, vingt-sept sites d'Alstom Transport, dans treize pays, sont concernés par le projet Apsys. Le fabricant français a déjà réduit de 50 % ses stocks, en trois ans. Son unité la plus performante, à Reichshoffen, en Alsace, a diminué de 12 % la surface nécessaire pour ses ateliers. Mais la démarche d'Alstom Transport est loin d'être terminée. Un durcissement des critères d'évaluation des équipes est à l'ordre du jour. Il devra intégrer des sites plus ou moins avancés et éviter un programme à deux vitesses. Surtout, après la production, Alstom Transport s'attaque désormais à la rationalisation de ses processus de conception.

Thomas Blosseville

Pour en savoir plus : http://www.transport.alstom.com 

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