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Alain de Rouvray a rendu la simulation numérique réaliste

Jean-François Preveraud
Alain de Rouvray a rendu la simulation numérique réaliste

© DR

Qu'ils soient plutôt agitateurs d'idées ou orchestrateurs de talent, passionnés de technique ou fins analystes de ses usages, les cinquante pesonnalités dont nous vous proposons de découvrir le portrait jouent un rôle majeur dans l'innovation en France. C'est le cas du PDG d'ESI Group, Alain de Rouvray.

Difficile de dissocier Alain de Rouvray d’ESI Group puisqu’il a pratiquement fondé la société dont il est toujours le PDG au sortir de ses études.

Jeune ingénieur diplômé de l’Ecole centrale de Paris et de Sciences Economiques de la Sorbonne en 1967, non conformiste et attiré par le soleil californien, il part faire un doctorat en Génie Civil (PhD) à l’Université de Californie à Berkeley (1971). Sa thèse portera sur l’étude des discontinuités dans les milieux géotechniques soutenant les fondations des ouvrages d’art. Il y découvre alors une toute nouvelle technologie qui le passionne, le calcul sur ordinateur par la méthode des éléments finis, qui permet d’évaluer le comportement d’un équipement face aux charges auquel il est soumis. « On va enfin pouvoir calculer quelque chose qui ressemble à la réalité, car avant il fallait simplifier beaucoup pour faire les calculs à la main », se dit-il.

Rentré en France, fort de ses nouvelles compétences il devient en 1972, le temps de son service militaire, ingénieur de recherche à l'Ecole Polytechnique (Laboratoire de mécanique solide), puis directeur du département mécanique avancée de la Société Informatique Internationale (SII), filiale d'informatique scientifique du groupe CISI et du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) de 1972 à 1976. Il y développera de nombreuses simulations dans les domaines militaire et nucléaire. « J’ai réussi à imposer le calcul sur ordinateur par la méthode des éléments finis face à la méthode des caractéristiques et aux publications en tenseurs sophistiqués en 4 pages pour l’Académie des sciences », se souvient-il.

Finalement il fondra en 1973 la société ESI (Engineering Systems International) avec trois autres doctorants : Jacques Dubois ; Iraj Farhooman et Eberhard Haug, pour faire du conseil et de la prestation de services en calcul auprès des industriels de la défense. Cela permet aux compères de développer progressivement des techniques de simulation sophistiquées et d’acquérir une grande connaissance des procédés et besoins industriels.

Les voyages ne lui faisant pas peur, il prend son bâton de pélerin de responsable commercial pour aller à la conquête des industriels européens. Ces technologies intéresseront dès la fin des années 70 l’industrie automobile allemande. Ce qui permettra de développer en collaboration avec le groupe Volkswagen, le logiciel de simulation de crash, Pam-Crash.

Les activités pour le nucléaire se tarissant, il scinde en 1991 la société en deux activités, le conseil et la prestation de service d’une part, le développement et la vente de logiciels d’autre part, avec dans la foulée la création de filiales à l’étranger (Etats-Unis, Japon, Corée…). Le développement de la société se fera alors par acquisition de savoir-faire spécifiques. « J’avais déjà dans l’idée d’offrir un ensemble cohérent de logiciels permettant de simuler complètement suivant toutes les physiques des modèles complets de produits. Plutôt que développer tous les outils nécessaires j’ai décidé de procéder par acquisition et d’intégrer ces savoir-faire dans notre plate-forme de Virtual Try-Out Space ».

Ces acquisitions furent nombreuses : Systus en 1997 pour la mécanique dans le nucléaire, Dynamic Software en 1999 pour l’emboutissage, Straco en 2001 puis Vasci en 2002 en vibro-acoustique, Procast en 2002 pour la fonderie, CFD Research en 2004 en mécanique des fluides, ATE Technology en 2006 en aéronautique, les modèles numériques d’humains H-Models de IPS International en 2006, IC.IDO en 2011 afin de tester en réalité virtuelle des modèles 3D, Efield en 2012 pour l’électromagnétisme, OpenCFD en 2012 pour la mécanique des fluides en open source, CyDesign Labs, spécialiste en modélisation de systèmes, en 2013.

Et de fait aujourd’hui ESI Group est capable de proposer une plate-forme d’essai virtuel permettant d’évaluer précisément, les performances, le comportement et la fabrication d’un prototype numérique du produit et d’en présenter les résultats sous forme de réalité virtuelle à des décideurs qui ont alors toutes les cartes en mains pour prendre les bonnes décisions.

En 40 ans, le rêve de l’étudiant californien est devenu réalité !

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