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Airbus optimise l'efficacité de sa climatisation

THOMAS BLOSSEVILLE tblosseville@industrie-technologies.com

Pour homogénéiser la température de son atelier, Airbus met en mouvement l'intégralité du volume d'air ambiant. Il concilie ainsi efficacité énergétique et strictes conditions de production.

 

LE PROBLÈME

 

UN STRICT TRAITEMENT DE L'AIR

Aucun écart toléré. Dans son usine de Nantes, qui produit les tronçons centraux de ses avions, Airbus s'impose de strictes conditions de fabrication. Pour éviter les déformations de ses pièces, l'avionneur européen doit en effet réguler très précisément les conditions ambiantes dans l'atelier. « En particulier au poste de drapage, où la température doit être maintenue entre 21 et 22 °C, et l'hygrométrie entre 45 et 50 % », précise Pascal Danthony, responsable des investissements dans les moyens de production. Sa contrainte : la taille des bâtiments. Ils couvrent une surface de 8 600 m2 et la température doit y être homogène, à moindre coût, du sol au plafond. Soit sur une hauteur de 18 mètres.

 

LA SOLUTION

 

BRASSER L'AIR

Airbus est passé par l'ingénieriste Spie, qui a préconisé le soufflage d'air par des gaines perforées. Deux configurations ont été étudiées. D'abord le dispositif classique de climatisation. Les gaines de soufflage sont réparties dans tout l'atelier au plus près des zones à traiter. Avec cette option, la température est certes finement contrôlée. Mais, pour assurer une parfaite homogénéité, il faut multiplier les gaines. Faute de quoi une stratification risque de se créer. L'air chaud reste au plafond ou, si l'air insufflé est trop froid, la climatisation crée d'inconfortables courants d'air. Chez Airbus, il aurait fallu déployer plus de 700 mètres de gaines.

Pour gagner en efficacité, Spie est allé chercher une alternative en Italie, offerte par le fabricant Sintra. Elle repose toujours sur des gaines, en fibre de verre enduite de PVC. Mais leur fonction est modifiée. Elles ne sont plus utilisées pour chauffer ou rafraîchir des zones ciblées de l'atelier. Sintra ajuste en effet leurs perforations, en forme, position et espacement, pour brasser tout le volume d'air du bâtiment. La puissance thermique n'est diffusée que sur le premier mètre autour des gaines. Ensuite, la surpression engendrée par le souffle d'air met en mouvement tout le volume ambiant à faible vitesse, entre 0,3 et 0,5 m/s. « Ce brassage assure la climatisation sur une distance de 35 mètres de part et d'autre de la gaine », garantit Marco Zambolin, président de Sintra et inventeur du procédé. En quelques minutes, l'air du local est mélangé et sa température homogénéisée.

 

LE RÉSULTAT

 

DES GAINS À TOUS LES NIVEAUX

Chez Airbus, du sol au plafond, l'écart de température ne dépasse pas, en moyenne, 1 °C. Par comparaison à la configuration traditionnelle, initialement envisagée, le brassage de l'air réduit la quantité de gaines de 704... à 159 mètres. Airbus a ainsi économisé 16 % sur l'investissement initial, soit 500 000 euros. À l'utilisation, l'économie est aussi conséquente. Le brassage réduit le débit d'air insufflé de 56 % à 150 000 m3/h. Et donc la consommation d'énergie : l'alimentation électrique requise a chuté de 300 à 90 kW.

USINE AIRBUS DE NANTES

Superficie 920 000 m² dont 182 000 m² couverts dont 8 600 m2 équipés d'une nouvelle climatisation. Effectif 2 019 employés Fabrication, des ailerons, caissons centraux de voilure, entrées d'air des moteurs, poutres ventrales et radômes des avions d'Airbus.

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