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Aéronautique : vers la fin des boîtes noires

Aéronautique : vers la fin des boîtes noires

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Les boîtes noires ont quelque chose d'archaïque. Soumises aux pires conditions lors d'un accident, et parfois difficiles à retrouver, elles deviendraient inutiles si l'on pouvait transmettre et traiter en temps réel ce qu'elles enregistrent.

Neuf jours. C'est le temps qu'il a fallu aux enquêteurs pour retrouver les deux boîtes noires de l'A 320 de la compagnie Germanwings, qui s'est écrasé le 24 mars 2015 dans les Alpes françaises. Parfois, comme après le crash du vol MH370, en mars 2014, ces boîtiers ne sont jamais retrouvés. Le mystère des circonstances de l'accident reste alors entier...

Et pourtant, dès 2009, 120 experts s'étaient réunis à la demande du bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) pour envisager « la sauvegarde des données de vol et/ou pour faciliter la localisation et la récupération des enregistreurs de vol ».

Récupérer en temps réel certains paramètres de vol

L'inclusion des paramètres de vol de l'avion (dont la position, le cap, la vitesse, l'altitude ou les accélérations) dans les messages de maintenance envoyés à la compagnie aérienne faisait partie des solutions. Le hic ? Avec l'explosion du trafic aérien, les bandes de fréquences dédiées aux communications des avions civils, relayées par des stations au sol, sont déjà presque saturées.

La solution pourrait venir de l'espace. Dès aujourd'hui, les systèmes satellitaires Inmarsat et Iridium permettent la transmission au contrôle aérien des données liées à la gestion du vol et à la compagnie aérienne de celles liées à la maintenance lors du survol des océans, non couverts par les stations au sol. Toutefois, récupérer à un coût acceptable, en continu, ce qu'enregistrent les boîtes noires des 80 000 vols civils qui ont lieu chaque jour mettraient leur capacité à rude épreuve, et ferait s'envoler les coûts...

Dans le cadre du projet Iris, l'ESA (European Space Agency) travaille depuis deux ans à la mise en place, prévue à l'horizon 2020, de fréquences sécurisées et dédiées à la communication des données de maintenance et de gestion du vol. Plus prospectivement, Iris envisage aussi la récupération en temps réel de certains paramètres de vols. De son côté, Inmarsat travaille sur un service de « boîte noire dans le cloud », qui récupérerait des données envoyées par l'avion lors de la détection d'un événement catastrophique.

À défaut de pouvoir d'ores et déjà télécharger en temps réel la boîte noire, les compagnies aériennes seront d'abord tenues, dès 2021, de localiser précisément et en continu leurs avions pour faciliter la récupération des boîtes noires en cas de crash. C'est ce que permettra dès 2018 le projet Search and Rescue, porté par l'organisme Cospas-Sarsat et utilisant les capacités de triangulation des constellations américaine, européenne et russe, GPS, Galileo, et Glonass.

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