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Aéronautique : l'impression 3D prend son envol

Jean-François Preveraud

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Aéronautique : l'impression 3D prend son envol

© gothamsmith

Initialement cantonnées à la fabrication de prototypes en plastique, les technologies dites de fabrication additive, communément désignées par l'expression générique "impression 3D", progressent à toute vitesse. Elles ne sont plus aujourd'hui cantonnées à des plastiques spécifiques, et peuvent désormais utiliser des poudres métalliques. Ce qui leur a permis de "gagner du galon", en étant désormais mise à profit pour réaliser non seulement des outillages destinés à aider la production mais aussi des pièces de série pour les produits finaux, en plastique parfois technique ou en métal. L'aéronautique, en particulier, les met à profit dans ce but comme en témoignent plusieurs annonces récentes de constructeurs.

L'aéronautique est décidée à tirer parti des progrès de la fabrication additive. Airbus vient ainsi d'annoncer qu'il avait imprimé en 3D plus de 1 000 pièces destinées à des A350 XWB. Ce qui a permis à l'avionneur d'augmenter la flexibilité de sa chaîne d'approvisionnement pour respecter ses délais de livraison. Ces pièces sont imprimées sur des machines Stratasys utilisant la technologie d'extrusion de fil (Fused Deposition Modeling - FDM). Le matériau utilisé est un thermoplastique offrant un rapport résistance-poids élevé, l'Ultem 9085, certifié conforme aux spécifications de matériaux d'Airbus et aux normes FST (inflammabilité, fumée et toxicité). Outre les bonnes caractéristiques mécaniques des pièces, ce mode de fabrication permet à Airbus de réduire significativement les délais et les coûts de fabrication.

Le motoriste pour hélicoptères Turbomeca a, quant à lui, annoncé en début d'année avoir doté son site de Bordes (Pyrénées-Atlantiques) de capacités de fabrication additive par fusion sélective de poudre métallique par laser (SLM) avec des machines EOS. Celles-ci sont utilisées pour fabriquer des injecteurs de carburant destinés au moteur Arrano. Ce procédé de fabrication sera également utilisé pour fabriquer les tourbillonneurs de la chambre de combustion du moteur Ardiden 3.

Le processus de fabrication s'en trouve simplifié. Un injecteur de carburant classique est constitué d'une douzaine de pièces différentes. Celui de l'Arrano est constitué d'une seule pièce et se distingue par des fonctions de refroidissement et d'injection avancées. Le motoriste utilise pour ces pièces des poudres de superalliages métalliques à base de nickel.

Deux exemples qui illustrent le dynamisme du marché mondial de la fabrication additive, qui représentait 3,6 milliards d'euros en 2014, en croissance de 35 %, avec une cinquantaine de fournisseurs de machines et une centaine de prestataires de services, selon l'étude annuelle de l'expert reconnu du secteur, Terry Wohlers.

Jean-François Prevéraud

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