Nous suivre Industrie Techno

Acier et plastique au coude à coude

GUIDE RÉALISÉ PAR CHRISTIAN GUYARD
- Pour les produits liquides et pâteux (hors alimentaire), acier et plastique rivalisent pour procurer les propriétés indispensables à une bonne conservation et un bon transport du contenu... au meilleur prix.

Une part importante des produits industriels est sous forme liquide plus ou moins visqueux. Ces produits peuvent être à usage purement industriel ou toucher directement l'utilisateur final, professionnel ou grand public. Les quantités mises en jeu sont très diverses : de plusieurs mètres cubes au millilitre, vidés en une ou en plusieurs fois. Chaque usage aura donc un cahier des charges très précis avec des exigences technologiques, de sécurité, de conformité au marquage, d'esthétique, sans oublier le prix qui est devenu aujourd'hui un critère décisif.

« Il est fini le temps où l'on pensait à l'emballage à la fin d'un processus de développement de produits ; aujourd'hui l'emballage se conçoit en même temps que son contenu et jusque dans les moindres détails. Par exemple, le nombre d'empreintes du moule pour un flacon, qui influe sur le coût total de la fonction conditionnement, ou le choix d'un procédé de fabrication qui autorisera de plus grandes cadences », explique Alix Hubin PDG de Somater, société spécialisée en emballages cosmétiques et pharmaceutiques, qui souligne l'évolution notable du secteur depuis cinq ans.

Le triptyque prix-technicité-aspect est essentiel. Une exigence un peu moins sensible dans l'activité purement industrielle, mais là des critères comme la sécurité, la traçabilité, le recyclage, mettent la pression sur les concepteurs d'emballages.

Les plastiques sont résistants et esthétiques

Les matériaux d'emballage apportent des réponses spécifiques. En acier, on distingue le fer-blanc (acier étamé), le TFS (Tin Free Steel) sur lequel est déposé un revêtement chromique (non soudable), l'acier vernis (prélaqué) et l'acier prérevêtu par une couche de polymère (polypropylène ou PET). Ces différents revêtements répondent aux besoins de tenue à la corrosion des produits et aussi aux facilités d'impression. « Pour baisser les coûts, les aciéristes rationalisent leurs produits en resserrant leurs gammes avec des produits plus polyvalents, ce qui réduit aussi le nombre de références chez le client », indique Pascal Fabrègue responsable développement de produit chez Arcelor Packaging International. Les épaisseurs varient de 0,15 à 0,30 mm pour des bidons de 1 à 25 l et, selon qu'il s'agit du fond, du corps ou du couvercle, les performances exigées sont différentes. De ce point de vue, les produits industriels bénéficient des développements réalisés pour les produits alimentaires. Les formes se diversifient, deviennent plus attractives. Ainsi une boîte de peinture haut de gamme d'un litre restera en métal (meilleure présentation, impression, préhension) et ne passera pas au plastique. Idem pour des aérosols.

Les plastiques, eux, ont beaucoup évolué en résistance mécanique et esthétique. Ils multiplient leurs références grâce à la diversité des matières et à la flexibilité des procédés de transformation. Les plus utilisés sont les polyoléfines (PE, PP) dont il existe de nombreux grades. Parmi les plus récents, les PE bimodaux apportent résistances mécanique et à la fissuration sous tension (stress cracking). Tout ceci pour réduire la masse : un bidon de 20 l pèse 770 g ! et améliore la logistique. Les plastiques "purs" ont parfois des propriétés insuffisantes pour protéger le contenu qui se dégrade sous l'action de l'oxygène et des rayons UV : les multicouches apportent leurs propriétés.

Des systèmes de fermeture de plus en plus complexes

Les modes de transformation pour fabriquer des emballages sont variés : injection pour les pots, injection soufflage ou extrusion soufflage pour flacons divers et bouteilles, fabrication d'outres à partir de films, ou rotomoulage pour les grands contenants rigides en petite série. Chaque procédé a ses avantages propres, ses prix, son adéquation par rapport aux cadences de production recherchées.

Le verre, quant à lui, reste utilisé pour des faibles capacités et des contenus à haute valeur. Malgré les efforts, il reste pénalisé par sa masse et surtout sa fragilité. En pharmacie, par exemple, il est supplanté par le PET qui ne risque pas de se briser sur une ligne de conditionnement.

Représentant un faible tonnage, convenant pour les petites quantités, mais toujours utilisé et parfois très technique : le tube. Métallique (aluminium) ou plastique (souvent multicouche), il reste une solution très prisée sur certains segments.

L'élimination des emballages usagés est de plus en plus contraignant, un emballage souillé est assimilé à ce qu'il a contenu ! Dans certains cas il est possible de rincer et de réutiliser l'emballage (fûts, conteneurs). Réduire au minimum la masse de l'emballage peut conduire à changer radicalement et à opter pour de l'emballage souple (film) qui fait office de récipient ou à des compromis comme des outres dans des récipients durs (tonneau en fibre, caisse...). La seule partie souillée est l'outre (faible masse) et le contenant peut être recyclé ou mis en déchet banal.

Deux autres points importants : tout d'abord les systèmes de fermeture, de plus en plus sophistiqués, avec des dispositifs anti-effraction ou sécurité enfant ; d'autre part, l'étiquetage et le marquage qui répondent à la fois à des nécessités d'information (législation stricte) et à des besoins esthétiques, de différenciation des produits et de traçabilité.

L'ESSENTIEL

- Allègement et souci de l'environnement mettent la pression sur la conception - Les plastiques répondent de mieux en mieux à toutes les contraintes - Le métal conserve des avantages techniques - Le prix est devenu, aujourd'hui, un critère décisif

MARCHÉ

12,3 millions de tonnes d'emballages par an au total en France dont - 1,9 million de tonnes de plastique - 0,73 million de tonnes de métal qui progressent par rapport aux autres matériaux.

PENSER À LA FIN DE VIE

Les contraintes d'environnement pèsent de plus en plus. Trois solutions 1. L'emballage recyclé : il nécessite lavage, entretien et transport à vide, donc génère des coûts. 2. L'emballage perdu : il est éliminé en centre spécialisé pour les DIS (déchets industriels spéciaux) ou revalorisé matière (plastique, métal, bois, papier et carton) ou transformé en énergie par incinération. 3. Le sachet plastique dans un récipient rigide (fût, caisse) : il est recyclé ce qui réduit grandement la quantité de DIS. - La législation existante se renforce sur le taux de revalorisation des emballages. Les taux en fonction des matériaux d'emballage sont encore en discussion pour la prochaine version de la directive 2004/12/CE.

LES CRITÈRES DE CHOIX

- Matières Les polymères offrent un large éventail de propriétés. L'acier offre maintenant des formes variées.- Prix unitaire Il ne doit pas masquer les coûts connexes et l'incidence sur la logistique (davantage de récipients pour un volume donné). Le prix doit se concevoir dans la globalité de la chaîne, y compris la fin de vie de l'emballage.- Étiquetage Pour les plastiques, le marquage IML (dans le moule) apporte une grande qualité de lecture des textes et des possibilités de décoration.

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0872

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2005 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Le génie chimique repousse ses limites

Le génie chimique repousse ses limites

- Francfort-sur-le-Main, 15 - 19 mai 2006. Les équipements nécessaires à l'industrie des procédés innovent en tentant de combiner productivité et[…]

La logistique s'invite dans la capitale européenne

La logistique s'invite dans la capitale européenne

La mécanique à la fête !

La mécanique à la fête !

DU 19/06 AU 21/09

DU 19/06 AU 21/09

Plus d'articles