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A Vannes, Engie Solutions et Morbihan Energies fourniront de l’hydrogène vert à Michelin

Xavier Boivinet
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A Vannes, Engie Solutions et Morbihan Energies fourniront de l’hydrogène vert à Michelin

A Vannes, la production d'hydrogène vert alimentera l'usine Michelin qui fabrique des fils d'acier pour les carcasses des pneus.

© Michelin

Engie Solutions s’associe à Morbihan Energies pour créer la société Hygo afin de développer un écosystème hydrogène dans la région Grand Ouest. Annoncé le 6 mars, le premier projet consiste à construire une centrale de production d’hydrogène à partir d’énergie renouvelable qui alimentera une usine Michelin à Vannes et une station de recharge pour véhicules à proximité.

Engie Solutions et Morbihan Energies - l’autorité organisatrice de la distribution d’électricité en Morbihan - ont annoncé le 6 mars avoir fondé la société Hygo (pour Hydrogène Grand Ouest). « Nous souhaitons déployer un écosystème hydrogène dans la région, déclare Julien Chauvet, directeur Hydrogène France chez Engie Solutions. Au-delà de la production et de la distribution d’hydrogène vert local, l'enjeu fondamental d'Hygo est de promouvoir son développement sur le territoire pour l'industrie et la mobilité terrestre et maritime. »

Cette création intervient en même temps que l’annonce d’un premier projet : la construction d’une centrale de production pour fournir de l’hydrogène vert au site Michelin de Vannes et à une station de recharge pour véhicules à proximité. Après le dépôt du permis de construire prochainement, la station sera construite d'ici la fin 2020 et l’électrolyseur mis en service courant 2021. « D’ici la fin de l’année, nous commencerons à délivrer de l’hydrogène venu d’ailleurs avant de passer sur du 100 % vert lorsque l’électrolyseur sera en service », précise Julien Chauvet.

Procédé métallurgique

A Vannes, entre 250 kilogrammes (kg) et 300 kg d’hydrogène vert seront produits chaque jour. « Environ 15 % iront vers le site de Michelin », estime M. Chauvet. Il y remplacera celui aujourd’hui acheté, acheminé par camion et utilisé dans un procédé métallurgique de traitement du métal. L’usine fabrique des fils d’acier qui permettent de faire la carcasse des pneumatiques. Le reste de l’hydrogène produit par l’électrolyseur ira vers la station de recharge à destination du grand public pour alimenter des véhicules légers et des poids lourds.

Acheté auprès d’un fabricant, l’électrolyseur aura une puissance de 500 kW. « Nous nous approvisionnerons via un « green power purchase agreement », c'est à dire un contrat d'achat de long terme auprès d'un producteur d'électricité renouvelable, précise M. Chauvet. Il s’agira donc d'éolien, de photovoltaïque, ou d'hydroélectricité. »

Soutien de l'Ademe

Le projet bénéficie d’un soutien financier de 780 000 euros dans le cadre de l'appel à projets Éco-systèmes de mobilité hydrogène porté par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Il avait été retenu en mai 2019 sous le nom d’EFFI H2 Vannes. Avec une enveloppe globale de 992 000 euros, l'agence accompagnera également les futurs acquéreurs de véhicules hydrogène utilisant cette station de recharge.

Concernant la production et la distribution d’hydrogène vert, Engie Solutions n’en est pas à son coup d’essai. En France, l’entreprise possède 18 stations de distribution dont la moitié est dotée d’un électrolyseur. C’est le cas de celle inaugurée le 21 juin 2019 à Houdain (Pas-de-Calais) pour recharger les bus à hydrogène du Syndicat mixte des transports Artois-Gohelle (SMT-AG). Un an plus tôt, une station était inaugurée sur le campus Minatec de Grenoble pour les besoins du CEA et l’alimentation de 25 véhicules équipés d’une pile à combustible. Les bus à hydrogène de Pau sont également alimentés par une centrale de production d’Engie. Enfin, l’entreprise est engagée dans les projets Hyport à Toulouse et Zero Emission Valley en Auvergne-Rhône-Alpes.

Avec Hygo, la récente filiale d’Engie s’implante sur la côte Atlantique pour produire de l’hydrogène vert. Elle rejoindra celle de Lhyfe à Bouin (Vendée). Le 16 janvier dernier, la jeune entreprise annonçait son intention de produire également 300 kg/jour d’hydrogène par électrolyse à partir d’énergie éolienne. Et ce dès le premier semestre 2021.

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