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A Toulouse, des drones hybrides à l'assaut des incendies

A Toulouse, des drones hybrides à l'assaut des incendies

En Occitanie, le groupement d’intérêt scientifique  Micro-drones développe des appareils mi-hélicoptères mi-avions. Ces engins, conçus à l'origine pour faciliter le travail des pompiers, peuvent trouver des usages dans les secteurs agricoles et industriels.

Repérer des individus dans un bâtiment en feu, cartographier les foyers susceptibles de repartir lors d’un incendie de forêt... L'agilité et la flexibilité des drones convertibles, c'est-à-dire associant deux modes de déplacement, intéressent les pompiers pour les épauler dans leur travail de lutte contre le feu. Rassemblant les travaux de l’ISAE-Supaero, de l’ENAC et du CNRS notamment, le GIS (Groupement d’intérêt scientifique) micro-drones développe à Toulouse ces technologies depuis près de dix ans et a fait le point sur leurs avancées lors d’un colloque les 6 et 7 juin.

Basculer entre deux modes de déplacement

Ces chercheurs font face à des défis technologiques majeurs : le drone doit être capable d’effectuer un vol stationnaire  (hélicoptère) et un vol d’avancement (avion) et de gérer la transition entre ces deux modes. “Un seul pilote automatique commande toutes ces phases”, précise Jean-Marc Moschetta, directeur du GIS micro-drones et enseignant-chercheur à l’ISAE-Supaero.

Autre challenge : la configuration aérodynamique de l’appareil, primordiale pour arriver à faire basculer l’appareil d’avion en hélicoptère, et inversement. “La bascule s’effectue à 90 degrés. Nous utilisons les ailerons dans le flux de l’hélice qui souffle sur les gouvernes et permettent de faire pivoter le drone, dévoile Jean-Marc Moschetta. Cette transition s’effectue sans accélération et sans élan et peut être interrompue à tout moment. Ce qui permet de s’adapter aux aléas météorologiques comme de fortes rafales de vent.” Ces drones n’ont ainsi plus besoin de catapulte ou de piste pour décoller et leur voilure fixe leur assure une stabilité en vol.

Bientôt des drones auto-apprenants

Les chercheurs toulousains ont mis au point une gamme de drones convertibles, qui vont de 30 cm à un mètre d’envergure. Certains peuvent aller jusqu’à 70 km/heure en vitesse de pointe. “Nous restons sur des drones miniatures déployés par un seul opérateur et transportable dans un coffre de voiture”, assure l’enseignant-chercheur. L’enjeu aujourd’hui ? Élaborer un processus de conception générique et rendre le pilote automatique intelligent grâce à des algorithmes auto-apprenants. Deux brevets ont également été déposés pour ajouter des roues afin de pouvoir s’appuyer sur des obstacles. Tout-terrain, ces engins possèdent des applications qui vont au-delà de la lutte contre les incendies, selon Jean-Marc Moschetta :  “ils se déploient en milieu urbain comme agricole pour cartographier des parcelles ou des lignes électriques.” Les industriels comme EDF, la SNCF, Engie ou les start-up innovantes, membres associés du GIS, l’ont bien compris.

Sylvie Lecherbonnier

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