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Le projet GAIA-X de plate-forme cloud européenne dévoile son architecture technique

Kevin Poireault
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Le projet GAIA-X de plate-forme cloud européenne dévoile son architecture technique

GAIA-X dévoile son architecture technique. Présenté officiellement le 4 juin par les ministres allemand et français de l’Economie, ce projet vise à bâtir une infrastructure cloud européenne favorisant les fournisseurs européens face aux géants américains et chinois. L'enjeu est majeur en termes de souveraineté, le défi technique l'est tout autant.

Bâtir une infrastructure à l'échelle européenne capable de servir de support et d'interface à tous les services cloud et traitements de données possibles. L'ambition de GAIA-X est de taille. Ce qu'à traduit le ministre allemand de l’Economie, Peter Altmeier, qui a qualifié le projet de « moonshot » numérique lors de sa présentation, ce 4 juin, avec son homologue français Bruno Le Maire lors d’un long événement diffusé en direct sur internet.

Le défi est à la hauteur de l'enjeu pour l'Europe en termes de souveraineté. Le cloud est aujourd'hui dominé par une poignée d’acteurs américains et chinois – Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure et Google Cloud « représentaient 65% du marché en 2018 », pointe Pierre Chastanet, responsable en la matière au sein de la Commission européenne – qui sont soumis au Cloud Act américain depuis 2018, qui les contraint à livrer les données de leurs clients à l’administration américaine si celle-ci le requiert. C'est ce constat qui est à l'origine du lancement par l’Allemagne et la France du projet GAIA-X d'infrastructure cloud sécurisée et transparente.

Une place de marché des services cloud


Les 22 acteurs du projet GAIA-X (dont Atos, OVHcloud, Scaleway (Iliad), 3DS Outscale (Dassault Systèmes), Orange, EDF, Safran ou l’IMT en France et Deutsche Telekom, SAP, Siemens, Bosch, BMW ou le Fraunhofer en Allemagne) se rassembleront pour construire une « place de marché des services cloud », comme l’appelle Bruno Le Maire, gérée dès 2021 gérée par une association internationale à but non lucratif.

Une interface garantissant, sécurité, transparence et l’interopérabilité des données

Dans sa première version, présentée par l’ensemble des acteurs lors de l’annonce officielle, l’architecture de GAIA-X est encore complexe : il s’agirait de mettre en relation, en ligne, fournisseurs de services cloud et edge, clients et intermédiaires de services grâce à une plate-forme garantissant la sécurité des communications, l’interopérabilité de chaque service et la transparence totale dans les traitement des données effectués par tous les services et la protection de leur confidentialité, selon des standards européens établis par les acteurs du projet – « qui deviendront de véritables étalons-or dans le secteur du cloud », avance Peter Altmeier.



Si le schéma ci-dessus a été repris par une majorité d’acteurs et déclinée tout au long de la présentation officielle, un autre, ci-dessous, nous semble  plus parlant, montrant les différences entre la circulation des données aujourd’hui et ce qu’elle pourrait être une fois la plate-forme lancée. En plus de ce catalogue de services que nous avons évoqué, on remarque ici que GAIA-X ambitionne de devenir l’unique interface entre fournisseurs et clients, se chargeant non seulement de les mettre en relation mais aussi de s’assurer du respect des normes et de la confidentialité des données traitées.

Un écosystème articulé autour de noeuds

Néanmoins, il s’agit ici d’un schéma général. La réalité se montre plus complexe car, selon le modèle conçu par GAIA-X, chaque acteur peut endosser plusieurs rôles dans l’écosystème, qui s’articule autour de « nœuds », soit des « ressources informatiques » standardisées. « Un nœud peut représenter un datacenter, un service d’edge computing, un équipement informatique, un service d'exploitation du réseau, ou encore une machines virtuelle ou un conteneur », peut-on lire dans le manuel de l’architecture technique du projet.



L’un des nombreux documents de travail dévoilés le 4 juin décline le fonctionnement de la plate-forme pour différents cas d’usage. Prenons le premier, baptisé « En route pour l’industrie 4.0 » : « Le fabricant d’un composant d’automatisation souhaite avoir accès aux données de fonctionnement de son produit, qui est installé dans une machine elle-même exploitée par une entreprise tierce. L’enregistrement permanent de l’état de la machine permet au fabricant, par exemple, d’optimiser la sécurité et l’efficacité de ses composants et de l’ensemble du système. »

L'exemple de l'industrie 4.0

L’objectif de GAIA-X est de garantir, au préalable, le traitement des données des machines utilisée par l’exploitant afin que le fabricant puisse accéder, de manière sécurisée et confidentielle, aux données de fonctionnement de l’une d’entre elle directement via la plate-forme. « Il n’est donc plus nécessaire de procéder à une coordination bilatérale complexe », indique le document.



Pour concrétiser une telle ambition, les 22 acteurs de GAIA-X auront fort à faire. Elaborer l’interopérabilité des services existants, mettre en place des standards dans le traitement des données, développer la plate-forme elle-même (interface utilisateur, nœuds…) sont autant de défis, tous plus complexes les uns que les autres, qu'il faudra relever pour proposer d’ici le premier trimestre 2021 – date avancée par Bruno Le Maire, qui coïncide avec le vote d’un Data Act, proposé par la Commission européenne – une infrastructure aussi simple d’utilisation que les services d’AWS ou de Microsoft Azure.

L’Allemagne et la France devront aussi convaincre les autres pays européens à les rejoindre. Sans quoi, l’« Airbus du cloud » pourrait bien connaître le même sort que celui du du cloud souverain français. « Les Pays-Bas, l’Italie et l’Espagne sont d’ores et déjà intéressés », s’est enthousiasmé Hubert Tardieu, conseiller du PDG d’Atos, en esquissant le calendrier pour GAIA-X.

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