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A Paris, l’Institut Curie veut incuber les futurs champions des biotechnologies

Alexandre Couto

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A Paris, l’Institut Curie veut incuber les futurs champions des biotechnologies

La jeune pousse One Biosciences, fondée par Céline Vallot, est l'une des sociétés accompagnés par l'Institut Curie. Sa technologie permet d'analyser avec précision des maladies complexes.

© Uriel Chantraine / Institut Curie

A l’occasion d’une conférence de presse, le 30 mars, l’Institut Curie a dressé un premier bilan de sa stratégie d’incubation de start-up, lancée en 2016. Les indicateurs, positifs, montrent une dynamique forte en faveur du transfert de technologies de la recherche fondamentale vers les jeunes pousses innovantes.

 

Inculquer aux chercheurs le goût de la prise de risques et transformer l’innovation en succès entrepreneuriaux. Telles sont les missions que s’est fixé l’Institut Curie, à Paris, en lançant il y a cinq ans sa nouvelle stratégie de développement de la valorisation et des partenariats industriels (DVPI). A l’occasion d’une conférence de presse organisée le 30 mars, Amaury Martin directeur de ce programme de transfert de technologies, s’est réjoui d’un premier bilan « très satisfaisant » et de la possibilité de voir émerger de futurs champions français des biotechnologies.

Une dynamique de fond

Ainsi, depuis 2016, sous l’impulsion du plan de DVPI, l’Institut de cancérologie a donné naissance à 11 nouvelles start-up, dont 4 en 2020. Il s’agit d’une nette accélération : entre 2002, date de la mise en place du premier programme d’accompagnement de start-up, et 2016, seules 16 sociétés ont vu le jour. Le taux de survie à 5 ans de ces jeunes pousses est de 95% et plus de 265 millions d’euros ont été levés depuis la création de l’incubateur.

« Ces indicateurs, en croissance, traduisent une dynamique de fond » juge Amaury Martin « L’institut Curie est en passe de devenir un pôle reconnu à la fois pour sa recherche, les soins mais aussi pour sa capacité à apporter de nouvelles solutions concrètes pour les patients. »

Selon le professeur Alain Puisieux, directeur du Centre de Recherche de l’Institut Curie, c’est cette vision à 360° et l’interdisciplinarité du centre de cancérologie parisien, qui lui permet de détecter et faire émerger rapidement de nouvelles solutions.

« Lintégration entre le soin et la recherche est la marque de fabrique de l’Institut Curie. Il faut maintenant inclure dans le modèle Curie la création d'entreprises comme un outil concret de traduction de la recherche fondamentale d’excellence en soins innovants.», explique Alain Puisieux, « Désormais, nous allons de la recherche très fondamentale jusqu’au lit du patient. », résume-t-il.

Les biotechnologies en tête

Au-delà de la formation à l’entrepreneuriat et la recherche de financements, les start-ups disposent également d’un accès préférentiel aux laboratoires, ainsi que la possibilité d’organiser rapidement des essais cliniques. « Un vrai plus pour attirer des investisseurs », pointe Amaury Martin. Actuellement, 8 essais cliniques de produits mis au point par des start-ups de l’incubateur de l’Institut Curie sont en cours.

Les biotechnologies et la biopharma représentent plus de la moitié du portefeuille d’activités (54%), suivi des instruments (17%), notamment en microfluidique, et de l’e-santé (17%), des MedTechs (8%) et enfin des services (4%).

Voir émerger des champions français de l’innovation

Selon les responsables de ce programme, la création de nouveaux champions des biotechs est devenue un impératif pour permettre le rayonnement de l’innovation française en matière de santé.  

« La crise sanitaire que nous traversons a démontré une chose : ce sont les sociétés de biotechnologies issues de la recherche fondamentale qui apportent les réponses les plus innovantes, a affirmé Alain Puisieux. Les succès de BioNTech, en Allemagne et de Moderna aux Etats-Unis, qui ont développé en un temps record un vaccin contre le covid-19, nous amènent à un constat : la France est en dehors de ce champ d’innovation ».

Une situation qui n’a toutefois rien d’une fatalité au vu de la qualité de sa recherche fondamentale. « Il n’y a qu’à transformer l’essai pour voir émerger de nouveaux champions français des biotechs », conclut Amaury Martin.

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