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A Paris, l'Inria affine son expertise dans le chiffrement

A Paris, l'Inria affine son expertise dans le chiffrement

Thierry Mandon,secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a inauguré, ce jeudi 10 mars, le nouveau centre de recherche parisien de l'Inria.

© François Sillion

L'Institut de recherche des sciences du numérique a inauguré ce jeudi 10 mars, en présence de Thierry Mandon, son centre de recherche parisien, installé au 2 rue Simone Iff. Pour l'occasion, l'organisme public a mis en avant quelques uns de ses projets phares. Une démonstration était consacrée aux algorithmes cryptographiques. 

Le bras de fer juridique qui oppose Apple au gouvernement américain autour du chiffrement des données stockées dans un iPhone a porté les technologies de cryptographie sur le devant de la scène médiatique. Présenté comme un précieux outil mathématique au service des actions terroristes, le chiffrement est une technologie complexe qui permet de sécuriser les données et les communications en les rendant inintelligibles. Une discipline sur laquelle planchent de nombreux chercheurs français, notamment ceux de l’Institut de recherche en sciences du numérique (Inria). A l’occasion de l’inauguration de son centre de recherche parisien, situé au 2 rue Simone Iff dans le 12e arrondissement, l’organisme public a notamment choisi de mettre en avant ses recherches en la matière.

Parmi les 35 équipes que compte le centre de recherche, trois sont spécialisées dans les technologies de chiffrement : l’équipe Secret, l’équipe Cascade et l’équipe Prosecco. «  Au total, ces équipes représentent une vingtaine de chercheurs à temps plein et environ 50 personnes si nous prenons également en compte les doctorants », détaille Anne Canteaut, qui dirige l’équipe Secret. « C’est clairement une thématique qui se développe », nous confirme-t-elle.

Anticiper les nouvelles menaces de l'ordinateur quantique

L’équipe Secret travaille sur deux axes de recherche différents. « Le premier aspect consiste à concevoir des algorithmes qui prennent en compte de nouvelles contraintes, comme la miniaturisation et la consommation énergétique », explique la chercheuse. Ces standards doivent notamment trouver des applications dans l’univers des objets connectés. « Prenez, par exemple, un pacemaker. Les paramètres de réglage sont effectués par un médecin via une communication sans contact. C’est une communication qui ne peut être sécurisée par des algorithmes de chiffrement actuels », explique Anne Canteaut. En effet, les standards actuels engendrent des calculs très gourmands en énergie qui épuiseraient la batterie du stimulateur cardiaque et impliquerait d’opérer régulièrement le patient. Un scénario inenvisageable.

Les équipes d’Anne Canteaut s’attèlent également à anticiper les nouvelles menaces que représente l’ordinateur quantique. « On sait que le jour où un ordinateur quantique verra le jour, il sera possible de résoudre des problèmes mathématiques sur lesquels repose la sécurité des algorithmes cryptographiques », prévient la chercheuse. « Typiquement, les algorithmes basés sur des courbes elliptiques ne sont pas sécurisés contre l’ordinateur quantique », poursuit-elle. Ses équipes tentent donc de trouver des classes de problèmes mathématiques alternatives.

Vers une cryptographie homomorphe

De son côté, l’équipe Cascade, pilotée par David Pointcheval, s’est notamment spécialisée dans la cryptographie homomorphe pour répondre aux nouveaux besoins issus des données disséminées et des calculs externalisés sur le cloud. Cette technologie permet de réaliser des opérations sur des données cryptées sans devoir les décrypter. Grâce à cette technique, un utilisateur peut donc envoyer des données cryptées dans le cloud où elles pourront être traitées par les serveurs sans être décryptées. Mais cette technique doit encore surmonter certains écueils. « Lorsqu’on chiffre un bit on en récupère 1 000. Le facteur d’expansion du chiffrement est énorme », explique David Pointcheval. Ce qui pose donc un vrai problème de bande passante.

L’équipe Prosecco s’est, quant à elle, spécialisée dans l’assemblage des mécanismes de chiffrement et l’étude de la sécurité des protocoles. Elle s’est notamment fait connaître pour avoir découvert plusieurs failles de sécurité, notamment au sein du protocole TLS (Transport Layer Security).

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