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A Mulhouse, PSA passe au monoflux en utilisant les technologies de l’usine du futur

A Mulhouse, PSA passe au monoflux en utilisant les technologies de l’usine du futur

Usine PSA Mulhouse

PSA fait progressivement passer son usine de Mulhouse en mode "monoflux" : différents modèles de voitures sont produits sur la même ligne. Pour réussir cette transformation, qu'il souhaite voir généralisée à terme à l'ensemble de ses usines, PSA investit dans les technologies de l'usine du futur.

C’est une tendance émergente, mais de fond, à laquelle a obéi PSA pour son usine de Mulhouse. L’usine historique du Haut-Rhin du constructeur français passe progressivement en « monoflux » : les deux lignes de montage existantes sont rassemblées sur une ligne unique. La transformation n’est pas anodine : elle est accompagnée de 400 millions d’euros d’investissements de 2014 à 2020, qui convertissent le site industriel à l’ère du « 4.0. » Si l’usine de Poissy de PSA est aussi passée en monoflux, le groupe a l’intention de faire de Mulhouse l’une de ses deux usines les plus modernes dans le monde, avec celle de Wuhan, en Chine.

Tandis que la production des C4 et DS4 historiquement produites sur le site ralentit et va s’arrêter progressivement, la ligne sur laquelle sont fabriquées les 2008 accueille depuis quelques semaines des DS7. Les version break et berline de la 508 les rejoindront à l’automne, toujours sur la même ligne unique. Au total, la ligne a la capacité d’accueillir six véhicules.

« Ce projet s’inscrit dans un projet de transformation profonde du site, » explique Stéphane Cubaynes, chef de projet industriel à Mulhouse. « Ce sera alors l’usine la plus performante du groupe. » Coté efficacité, « la ligne sera capable de fabriquer 60 véhicules à l’heure, » détaille-t-il. « Soit un peu moins que la capacité des deux lignes précédentes réunies, mais ainsi nous saturons notre outil industriel, sans compter le gain en surface et en nombre de salariés. A terme l'ensemble des usines passera sur ce mode. »

AGV, visseuses connectées, cobots…

Pièces et meubles d'approvisionnement sont transportés par des AGV (véhicules à guidage automatique).

Pour cela, plusieurs nouvelles technologies ont été ajoutées à la nouvelle ligne. Tout d’abord, les modes d’approvisionnement. PSA est passé sur le mode "full kitting": la préparation des pièces ne se fait plus le long de la ligne mais la zone de préparation a été placée à l’écart. Les pièces nécessaires à chaque opération sont transportées par des AGV guidées par des bandes magnétiques fixées au sol et facilement déplaçables. Au niveau de chaque poste, les plateaux de hauteur variable s’adaptent à la hauteur la plus confortable pour l’opérateur. Des visseuses connectées se reconfigurent toutes seules en fonction de la tâche à laquelle elles sont assignées. Tablettes et smartphones permettent aux chefs d’équipe de circuler dans l’usine tout en gardant à l’œil les paramètres de fonctionnement de l’usine. Des robots collaboratifs d’Universal Robots, UR10, ont également fait leur apparition, pour poser les feuilles d’étanchéité sur les portes. Une opération délicate qui s’appuie sur des gabarits différents pour chaque porte d’un véhicule. Dans cette situation, le cobot s’adapte facilement à chaque nouvelle exigence. « Ils n’ont pas besoin d’un spécialiste pour être reconfigurés, » note Stéphane Cubaynes. « Un opérateur peut montrer par lui-même au robot la bonne manœuvre. »

 

Innover en permanence pour ne pas devoir tout changer d’un coup

« Le constat, c’est qu’il faut innover en permanence sur nos sites, pour éviter d’avoir à faire d’un seul coup une transformation en profondeur, analyse Stéphane Cubaynes. Nous avons créé dans cette optique début mai la plateforme d’innovation 4iTEC 4.0. Un premier projet a été lancé, Trac, qui s’attaque à une solution de contrôle en temps réel de l’aspect des pièces, par analyse visuelle, à toutes les étapes : emboutissage, ferrage, peinture ... »

Pour ce projet, PSA s’est associé à des acteurs de petite et moyenne taille : Inneva, Akeo Plus, NT2I… « Développer seul, c’est compliqué et coûteux », ajoute Stéphane Cyubaynes. « Dans le monde de l’innovation aujourd’hui, on doit s’appuyer sur des start-up et des PME. Nous travaillons de plus en plus sur des projets collaboratifs. Ca permet aux start-up d’avoir de la visibilité et nous d’avoir de l’avance. »

Outre cette plateforme 4iTEC, PSA est aussi partcipant sur les mêmes sujets à la plateforme Factory Lab du CEA à Saclay, et à la plateforme FFLOR, toujours du CEA,  près de Metz.

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