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À Marseille, l'industrie européenne du photovoltaïque voit son "grand moment" arriver

Jean-Christophe BARLA
À Marseille, l'industrie européenne du photovoltaïque voit son

Sur le Pavillon France de l’EU PVSEC, le CEA LITEN présente des cellules photovoltaïques souples aptes à se mouvoir individuellement pour accroître les rendements énergétiques, par exemple dans le bâtiment ou des parkings.

© Jean-Christophe Barla

L'optimisme est de mise à Marseille, qui accueille jusqu’au 13 septembre la 36ème édition de l'European PV Solar Energy Conference and Exhibition (EU PVSEC). Le marché photovoltaïque est toujours en expansion accéléré. L'industrie européenne pourrait en prendre sa part avec les technologies solaires émergentes.

 

C'est sous les auspices d'un avenir radieux que s'est ouvert la 36ème édition de l'European PV Solar Energy Conference and Exhibition, à Marseille, ce 9 septembre. « Le grand moment arrive sur les dix prochaines années. Il est temps d’investir dans le photovoltaïque », annonce le professeur Eicke Weber, au nom de l’European Solar Manufacturing Council (ESMC), qui défend l’industrie manufacturière européenne du photovoltaïque. « Nous sommes à l’aube d’un grand soir dont on espère que la France saura saisir sa part », renchérit, de son côté, Florence Lambert, en appelant à une « hyperconnexion de tous les acteurs dans les transferts vers l’industrie ». La directrice générale du CEA LITEN est convaincue que l’Europe a encore une carte à jouer face à la Chine « parce que toutes les usines vont devoir changer » pour intégrer l’émergence de nouvelles technologies de production de cellules PV.

Multiplication par 100 des capacités installées d'ici à 2050

Plusieurs centaines de chercheurs et d’industriels du photovoltaïque sont réunis à Marseille jusqu'au 13 septembre pour échanger sur les avancées technologiques à l’échelle mondiale. Et ce dans le contexte d'une industrie qui croît à toute vitesse : la production annuelle mondiale de panneaux solaires a quintuplé entre 2010 et 2017, passant d’un peu plus de 20 GWc à presque 100 GWc, principalement sous l’impulsion de la Chine, qui concentre autour de 70% de la production actuelle. Les capacités photovoltaïques installées devraient, selon l’ESMC, atteindre les 3 à 5 TW vers 2030, contre 0,5 TW aujourd'hui (dont 0,1 TW en Europe). Un chiffre qui pourrait grimper jusqu’à 50 à 70 TW en 2050, estime l'ESMC. Pour les observateurs du secteur, la croissance viendra d’une combinaison d’innovations, de réduction des coûts et d’objectifs d’améliorations environnementales pour répondre à des besoins de plus en plus diversifiés : production d’électricité, mais aussi bâtiment, transport, hydrogène...

Progrès des technologies pérovskites

Le silicium qui pèse plus de 95% dans la production totale des modules, pour un rendement expérimental record à 26,6%, pourrait demain devoir s’accommoder de la montée en puissance de technologies jugées très prometteuses qui contribueront à accroître les rendements énergétiques. Les cellules à hétérojonction (combinaison de couches de matériaux différents) ont permis au CEA d’obtenir début 2019 un rendement de 24% sur une ligne pilote industrielle. « Issues de la recherche fondamentale, les cellules perovskites n’existaient pas en 2014. Elles affichent aujourd’hui 22% de rendement. Mais certaines technologies, encore trop chères pour être généralisées, ont atteint 46% », assure Daniel Lincot. Directeur de recherche CNRS et ex-directeur scientifique de l’Institut Photovoltaïque d’Ile-de-France, il évoque « une compétition foisonnante dans la recherche amont » répartie entre 23 catégories de filières et pointe une combinaison de cellules solaires silicium avec des cellules perovskites qui pourrait faire bondir le rendement à 43%.

L'autoconsommation collective pour accélérer en France

La place de la France dans ce paysage, avec près de 9 GW de puissance installée à fin 2018 (contre 46 GW en Allemagne) ne peut que s’améliorer aux yeux d’Alexandre Roesch, délégué général du Syndicat des Energies Renouvelables. « Notre pays est déjà dans le Top 3 de l’origine des modules installés en France, selon la Commission de Régulation de l’Energie. Nous ne partons pas de zéro, avec le tissu industriel existant et des centres de recherches de premier plan. La programmation pluriannuelle de l’énergie a fait le pari de développer cette électricité. De plus, des segments restent sous-exploités, comme les toitures ». Le volume annuel de capacités photovoltaïques connectées devrait passer d'environ 900 MW actuellement à à 2 GW par an à fin 2021 en France selon les experts. Pour Richard Loyen, délégué général d’Enerplan, l’expansion du marché pourrait s’accélérer avec la mise en œuvre d’un dispositif de soutien financier à l’autoconsommation collective, trop marginale encore aujourd’hui, avec seulement 16 installations recensées. Une simplification des procédures administratives imposées à tous les porteurs de projets lui paraît également impérative.  

 

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