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« A La Défense, le Campus cyber accueillera 60 sociétés dès septembre 2021 », annonce Michel Van Den Berghe

Kevin Poireault
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« A La Défense, le Campus cyber accueillera 60 sociétés dès septembre 2021 », annonce Michel Van Den Berghe

Image de synthèse du futur bâtiment Eria, à La Défense, où sera implanté le site principal du Campus cyber.

© Eria

Le Campus cyber se dévoile. A l'ouverture des Assises de la sécurité, ce 14 octobre après-midi à Monaco, Michel Van Den Berghe, directeur général d’Orange Cyberdéfense et pilote de ce projet a présenté les détails du futur centre de l’écosystème français de cybersécurité. Il les avait auparavant révélés à Industrie & Technologies.

I&T : L’avancement du Campus cyber est l’un des sujets majeurs des Assises de la sécurité. Que pouvez-vous dévoiler de ce projet que vous pilotez ?

Michel Van Den Berghe : Le Campus cyber sera implanté sur deux sites. L'un à La Défense, que nous espérons inaugurer fin novembre, en présence du président de la République, pour une installation des équipes en septembre 2021. L'autre, dans un second temps, sur le plateau de Satory. La Défense accueillera 60 sociétés. Certaines, comme les 6 acteurs majeurs (Airbus, Orange, Capgemini, Atos, Sopra-Steria et Thales) y positionneront une partie de leurs activités. Orange, par exemple, y installera toute ses activités de laboratoire de recherche de la cyber-menace. Il y aura aussi nos équipes de réponse aux incidents qui constituent notre CERT (Computer emergency response team), qui pourront travailler conjointement avec celles d'Airbus, de Sopra-Steria et d'Atos, et partager des informations pour remplir des bases de données conjointes de renseignement cyber (threat intelligence). D'autres entreprises s'y installeront entièrement. La start-up cyber Gatewatcher, par exemple, a fait le choix de prendre 750 m² sur le Campus cyber pour y installer l'ensemble de ses activités. De grands acteurs américains, aussi, déplaceront leur siège français, qui est parfois à La Défense, sur le campus.

Nous avons aussi la confirmation de la structure juridique du Campus cyber : ce sera une SAS à 2 millions d'euros de capital, détenue à 51% par le privé et à 49% par l'Etat, pour bien montrer que c'est un projet privé-public et non public-privé. Ce sont bien aux entreprises qu'incombent le leadership et celles-ci sont aidées par l'Etat.

Enfin, nous avons déposé à l'INPI la marque Campus cyber et le nouveau logo, annoncé lors des Assises, qui représente l'ensemble de l'écosystème cyber français.



 

Quels sont les détails du financement de la structure ?

Cette SAS sera régie par un fonds de pérennité, le nouveau dispositif financier de la loi PACTE, qui sera l'organe de gouvernance et qui assurera la stabilité de l'actionnariat de ce Campus cyber. J'avais fait un business plan sur 10 ans, pour montrer que le Campus cyber pouvait s'autosuffire et qu'il ne serait pas sous perfusion de l'Etat. Nous finalisons le tour de table puis les actionnaires feront remonter leurs actions à ce fonds de pérennité. L'Etat financera le Campus cyber à hauteur de 900 000 euros et 1,10 millions d'euros seront pris en charge par les acteurs privés, comme suit :

  • Les 6 gros acteurs (Airbus, Orange, Capgemini, Atos, Sopra-Steria et Thales) injecteront chacun 100 000 euros. Nous avons eu l'accord de tous sauf celui de Thales, qui devrait arriver d'ici peu.
  • Nous voulons faire entrer 10 PME de la cybersécurité à hauteur de 30 000 euros chacune. Certaines ont déjà accepté, comme Gatewatcher, YesWeHack ou Wavestone.
  • Et, enfin, un dernier tour de table avec 11 acteurs à 10 000 euros chacun pour faire participer d'autres start-up, des TPE ou encore des associations (Hexatrust, Clusif, Cesin...), afin que tout l'écosystème soit représenté.

En septembre, vous affirmiez dans les médias que ce n'était pas une redite des campus que l'on trouve dans d'autres pays, comme en Russie ou en Israël... Qu’y trouvera-t-on exactement ?

La grande différence, c'est que nous faisons un campus opérationnel, où les entreprises positionneront leurs équipes, qui travailleront au quotidien, et pas un endroit qui ne vit que lors de manifestations ou de visites des autres pays. En Israël, le but est de mettre en relation les start-up. A New-York, c'est plutôt de rapprocher les start-up et les grandes entreprises. Nous, on veut faire tout ça en même temps : un campus opérationnel, un endroit où les start-up pourront se développer plus rapidement, se rapprocher des industriels, où on fait de la recherche et de l'innovation.

Nous aurons également 2 000 m² consacrés à la formation, avec différentes entités dédiées qui viendront y dispenser des sessions régulièrement. Enfin, toutes les activités de recherche en cybersécurité, aussi, y seront représentées, comme l'Inria, les laboratoires des différentes entreprises. L'objectif est aussi de réaliser des projets en commun.

Certains de ces projets ont-ils déjà débuté ?

Tout à fait. C’est e cas, par exemple, du projet de CERT interbancaire. Les banques sont extrêmement ciblées par des fraudes en ligne et autres types de cyberattaques. En novembre, nous allons réunir les directions générales des six plus grandes banques françaises (Crédit agricole, BNP Paribas, Société générale, BPCE, Banque postale, Crédit mutuel) afin de leur proposer de réunir sur le Campus cyber leurs équipes qui travaillent sur la recherche de ces nouvelles attaques, afin que, dès que l'une a trouvé quelque chose, elle puisse automatiquement prévenir les autres. Nous avons bon espoir de recevoir l'accord des directions générales.

En tant que directeur général d’Orange Cyberdéfense, je travaille aussi avec Thales sur la sécurisation des mobiles pour le gouvernement et l'armée, par exemple. Ce serait bien que les équipes qui développent ce type de projets soient géographiquement proches sur le Campus cyber.

D'autant plus que nous aurons à nos côtés l'Anssi, des équipes cyber de la gendarmerie et d'autres de la police judiciaire. La proximité fait que nous pourrons sortir des livrables beaucoup plus rapidement.

Le site de La Défense n’est que la première pierre à l’édifice du Campus cyber. Quel sera le rôle du futur site à Satory ?

La cybersécurité, ce n'est pas que l'informatique de gestion. Il faudra aussi sécuriser les objets connectés et les machines industrielles. On ne peut pas travailler sur la cybersécurité industrielle (sécurisation des véhicules connectés, des drones, des chaînes de production...) dans un bureau, on a besoin de plus d'espace. Ce sera l'objet du site de Satory, avec peut-être d'autres acteurs.

Ce que je voulais, c'était démarrer vite, concrétiser le projet rapidement. C’est pourquoi nous inaugurerons seulement le site de La Défense dans un premier temps. Nous nous lancerons dans l'ouverture du site de Satory dans un second temps. Pour ne rien vous cacher, je commence à dîner avec des propriétaires et je me fais le porte-parole de 60 entreprises alors même que la SAS n'est pas encore créée. C'était un pari de choisir un bâtiment de 25 000 m². Mais vu le nombre de demandes, on se rend compte que non seulement ce n'est pas trop grand, mais l'on va même pouvoir se permettre d'être un peu sélectifs - et il faudra ensuite penser à s'agrandir.

Il y aura aussi des annexes du Campus cyber dans les régions…

C’est exact. Le Campus cyber n'est pas un projet jacobin, parisien. Nous voulons créer un maillage, avec des satellites dans les différentes régions liées à des problématiques de grande transformation numérique. Plutôt que de faire venir à Paris les acteurs de cette transformation numérique, nous voulons leur amener la compétence cyber.

La Région Bretagne, qui abrite déjà le Pôle d'excellence cyber et se consacre plutôt aux questions de défense et aux données sensibles pour l'Etat français, ne nous a pas attendus. Nous voulons relier ce qui existe déjà au Campus cyber. Avec la Région Hauts-de-France, nous avons commencé à travailler sur la sécurisation des PME et PMI, qui n'ont aujourd'hui pas les moyens de se doter d'équipes de cybersécurité. Enfin, nous sommes en relation avec la Région Pays-de-la-Loire pour travailler sur la sécurisation des villes intelligentes (smart cities). J'ai rendez-vous début novembre avec Christelle Morançais, la présidente de Région, pour en discuter.

 

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