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À la croisée de deux mondes

CHARLES FOUCAULT. cfoucault@industrie-technologies.com

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45 % des directeurs d'écoles ressentent une demande croissante en ingénieurs docteurs de la part des industriels, selon notre sondage. Ce parcours original, est celui qu'a choisi d'emprunter Florent Galland. Il a ainsi obtenu un poste en R&D chez l'éditeur de logiciels de calcul scientifique qui l'a accueilli pour sa thèse, sorte de période d'essai de trois ans.

Ce n'est pas une histoire de fée penchée sur le berceau. La vocation de chercheur de Florent Galland lui est venue sur le tard. Originaire des Hautes-Alpes, cet excellent élève du lycée Dominique Villars, à Gap, s'est laissé diriger vers les études d'ingénieurs. Aux portes ouvertes de l'Estaca, il découvre le calcul par la méthode des éléments finis, utilisé pour le dimensionnement. Il se passionne pour cet outil : « il y a un côté à la fois jeu vidéo et jeu de réflexion, c'est marrant. » Sa mention très bien lui ouvre les portes de l'Insa Lyon. Quand vient l'heure de se spécialiser, Florent choisit le département Génie mécanique conception. Il lui faudra attendre la dernière année pour approcher enfin les éléments finis, avec les cours du professeur Anthony Gravouil. Florent n'est pas déçu. Il demande à l'enseignant un sujet de projet de fin d'études dans le domaine.

C'est ainsi qu'il va passer ses six derniers mois de cursus à cheval entre le laboratoire de mécanique (Lamcos) et celui de matériaux (Mateis) de l'Insa, ainsi qu'au synchrotron de Grenoble (ESRF). Il doit modéliser des fissures dans des pièces pour comprendre comment elles évoluent jusqu'à la casse. « Je suis entré dans la recherche et ai très vite fait une découverte : c'est génial ! », s'enthousiasme le jeune homme. Mais les six mois passent vite. Que faire après ? Le professeur Gravouil lui propose une thèse Cifre dans l'entreprise Ansys, éditeur de logiciels de calcul... par éléments finis. Le jeune diplômé réfléchit, cherche ailleurs. Rien ne l'intéresse autant que l'offre de son mentor. La simulation de fissures en étant au plus proche de la réalité est très coûteuse en temps de calcul. Le défi de Florent Galland est de rendre cette technologie accessible.

Les atouts des deux diplômes se complètent à merveille

Arrivé chez Ansys en même temps qu'un copain de promo, il gagne beaucoup moins bien sa vie tout en faisant plus d'heures. « J'étais le seul thésard de l'entreprise. C'est un statut étrange : jusqu'au dernier jour, après trois ans de thèse, mon n+2 pensait que j'étais stagiaire », plaisante-t-il aujourd'hui. Il a soutenu sa thèse le 4 février et est embauché chez Ansys le 1er mars, en tant que développeur R&D. S'il a gardé le même poste de travail, il a changé de salaire. La société l'a considéré comme un ingénieur ayant trois ans d'expériences. « Il faut faire attention, le doctorat est encore peu reconnu en France, les sociétés en profitent », prévient le jeune homme.

Il ne regrette pas le chemin emprunté, convaincu qu'une entreprise recrutera plus difficilement un docteur issu d'un labo public, surtout s'il n'est pas ingénieur. Sa formation initiale lui a inculqué le pragmatisme quand son doctorat lui a appris à se lancer dans un projet long et fondé d'inconnues. Selon lui, « c'est une valeur ajoutée incroyable. Sur une thèse, un tiers du temps est dédié à l'apprentissage des connaissances et deux tiers servent à apprendre à travailler. » Au-delà du réseau tissé à force de congrès et de conférences, il sait désormais prendre des risques et trouver vite les infos pertinentes, des atouts majeurs pour son nouveau poste. « Le doctorat est un combat de tous les jours, il y a les creux de la vague, conclut-il, philosophe. Mais pour les passionnés, c'est une occasion à ne pas rater. »

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