Nous suivre Industrie Techno

A l’EPF, la femme est l’avenir de l’ingénieur

Jean-François Preveraud

Sujets relatifs :

,
A l’EPF, la femme est l’avenir de l’ingénieur

Les femmes représentent 17 % des éléves-ingénieurs.

© DR

Avec 40 % d’élèves-ingénieures et une histoire liée à la formation des femmes ingénieurs, l’EPF cultive sa vocation d’école engagée pour valoriser l’industrie auprès des jeunes filles. Un colloque vient de marquer cette différence.

L’École Polytechnique Féminine a été créée en 1925 par Marie-Louise Paris, l’une des premières femmes ingénieures de l’Histoire. En 1964, 45 % des femmes ingénieures en France sortaient de l’École Polytechnique Féminine. En 1971, l’École manque de disparaître suite au décès de sa fondatrice. Les plus importants industriels français se sont alors mobilisés pour permettre la poursuite de son œuvre, manifestant ainsi leur attachement et leur reconnaissance à cette École, qui leur apportait les femmes ingénieures dont ils avaient besoin.

Si en 1994, l’EPF est devenue mixte, elle a su préserver un recrutement équilibré avec 40 % d’élèves-ingénieures, comparé à la moyenne des autres écoles d’ingénieurs : 17 % d’étudiantes seulement, alors qu’elles sont presque à parité en Terminale S.

Pour Alexandra Leib, diplômée de l’EPF en 2007 et actuellement consultante, il ne fait aucun doute que : « les femmes ont leur place dans l'ingénierie comme dans tout autre métier d’ailleurs. L'ingénierie offre un très large panel de possibilités d'emplois selon que l'on aime la technique ou la relation client ou le fonctionnel ou tout cela à la fois »
« D’ailleurs, je n'ai jamais rencontré de difficultés particulières et j'ai toujours été très bien acceptée dans des équipes où j'étais parfois la seule femme au milieu de 15 hommes de tous âges. La clé du respect c'est la compétence et l'efficacité que l'on soit un homme ou une femme ».

Compétence avant tout

Et le profil des élèves de l’EPF est très recherché par les entreprises qui cherchent à féminiser leurs équipes d’ingénieurs, avec comme objectif la parité. Les chiffres confirment cette impression. 96 % des diplômées ayant suivi une formation d'ingénieur trouvent un emploi dans les 2 mois suivant leur sortie de l’EPF et 32 % des ingénieures EPF exercent des responsabilités hiérarchiques, ce qui prouve qu’elles sont très recherchées, appréciées et reconnues par les entreprises.

Marie-Odile Crinon, avec un poste de Directrice Réforme de l'Etat et Secteur Défense chez IBM France représente un bel exemple. Cette diplômée de l’EPF, considère que : « si les ingénieures sont de bons managers, c’est grâce aux études d'ingénieur qui sont une excellente base pour accéder ensuite à des responsabilités managériales que ce soit en France ou à l'étranger ».

Le fait d’être une femme n’a jamais été un handicap dans son métier, c’est plutôt lorsqu’elle a commencé à accéder à des postes à responsabilités que les choses sont devenues plus compliquées. « Mais il faut garder la tête froide, le recul nécessaire. Les qualités d'ingénieur aident beaucoup ! », explique-t-elle. Ce qui reste primordial pour elle c’est la complémentarité : « c'est essentiel en 2011 de savoir valoriser la diversité au sein des équipes. Je crois vraiment à la mixité et au delà à la diversité des équipes. Nous vivons dans un monde multiculturel, multipolaire. Chacun doit apporter sa pierre à l'édifice, avec ses propres qualités ».

Des témoignages convaincants

Pour tordre le cou aux idées reçues et susciter des vocations auprès des lycéennes et étudiantes, l’EPF a organisé cette semaine, à l’occasion de la première Semaine de l’Industrie, une conférence sur le thème ‘‘Ingénieures dans l'industrie, femmes de défis’’. Plusieurs anciennes élèves, actuellement en activité, sont venues partager leur expérience et faire découvrir des métiers souvent méconnus : Anne Pailloncy de Thales ; Sophie Peru-Desenfants du CEA ; Clarisse Casal de Dassault Aviation et Sabine Lunel-Suzanne d’Ineo (Groupe GDF Suez).

Une manière de monter qu’il n’existe pas de métiers et d’études réservées aux hommes. Le moyen aussi d’insister sur le fait que les entreprises souhaitent embaucher des femmes dans des emplois scientifiques et techniques, car ils leur reconnaissent des qualités particulières et des visions tournées vers l’avenir. Ce qui fait dire à Céline Tarabay, élève-ingénieure à l’EPF qui sera diplômée en 2014 : « les femmes ont autant leur place dans l'ingénierie que les hommes. Ce n’est pas une question de sexe, mais de savoir s'imposer dans un groupe et d’être compétente ».

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.epf.fr/femme-ingenieur.html
 

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Ecoles d'ingénieurs : 20e classement annuel

Dossiers

Ecoles d'ingénieurs : 20e classement annuel

Comme chaque année, nous publions notre classement exclusif des écoles d’ingénieurs, qui reflète l'implication[…]

26/02/2016 | Start-upFormation
Palmarès exclusif : les dix écoles d’ingénieurs championnes de l’innovation

Palmarès exclusif : les dix écoles d’ingénieurs championnes de l’innovation

La réalité virtuelle entre dans les lycées techniques

La réalité virtuelle entre dans les lycées techniques

Modélisation de la conception innovante

Modélisation de la conception innovante

Plus d'articles