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« A bâbord toute, C-3PO !»

« A bâbord toute, C-3PO !»

Le robot voilier Vaimos, qui détient le record de distance sans pilote.

© DR

Pour le sixième épisode de sa sélection estivale des technos fétiches des vacanciers, Industrie & Technologies vous fait prendre le large. Et s’intéresse à ce qui serait la nouvelle lubie de certaines écoles d’ingénieurs : le voilier sans pilote. Il existe même une compétition internationale dédiée à ce champ de recherche, la World Robotic Sailing Championship (WRSC), organisée par l’Ensta Bretagne. Sa sixième édition se tiendra à Brest du 2 au 6 septembre 2013.

A bord de votre voilier, vous sirotez tranquillement votre cocktail, quand vous apercevez un coin idéal pour la baignade. Sans que vous n'ayez à vous lever de votre place, le navire s’oriente pour se mettre contre le vent, réduit progressivement sa vitesse, relâche la grand-voile, avant de se stabiliser. Magique ? Pas vraiment : avant de partir, vous aviez programmé l’itinéraire dans l’ordinateur relié sans fil aux commandes de bord, en définissant une « ancre virtuelle » à l’emplacement en question.

Voilà à quoi pourrait ressembler dans un avenir proche la navigation de plaisance entièrement autonome. Certains spécialistes croient que les robots voiliers ont en effet le potentiel de s’imposer plus vite que les voitures sans pilote, difficiles à faire circuler dans un environnement déjà saturé. A contrario, les mers et océans ont bien assez de place pour définir des couloirs réservés à la navigation robotisée. Bien sûr, le voilier sans pilote reste pour l’instant plus un outil d’exploration scientifique, qu’une véritable plate-forme commerciale.  

Du microvoilier au bateau à moteur

Mais qui sait si le marché ne sera pas rapide à décoller ? Luc Jaulin, enseignant-chercheur en robotique à l’Ensta Bretagne, fait ainsi le parallèle avec les satellites, dont les premiers lancements n’avaient aucune vocation commerciale. Comme l’orbite terrestre, les mers et océans pourraient demain se couvrir d’une constellation de milliers, voire de millions de robots voiliers.

Pour l’heure, leur meilleure vitrine est sans doute la coupe du monde WRSC.  Dans cette compétition, chercheurs et ingénieurs multiplient les démonstrations : suivi d’un couloir nautique, évitement d’obstacles, formation en meute, course poursuite… Dans l’épreuve du moulin, le drone à voile doit décrire des cercles dans un carré de 200 mètres de côté. Un type de manœuvre qui pourrait servir comme source d’énergie à bord. « Le voilier peut tourner sur lui-même et être utilisé comme une éolienne, pour la recharge autonome du navire », détaille Luc Jaulin.


 


Essai du voilier Vaimos à Angers.
© Luc Jaulin, Vaimos

Outre le voilier Vaimos, détenteur du record de distance pour un robot voilier, la compétition WRSC accueillera aussi pour la première fois des petits bateaux à moteurs sans pilote, réalisés par l’Ensta Bretagne à la demande des sponsors industriels de l’événement, MBDA et CGG. Une preuve supplémentaire que les robots voiliers suscitent bien l'intérêt commercial.

Autre utilisation possible des robots voiliers, la navigation autonome pour les personnes handicapées ou diminuées physiquement. Une démonstration dans cette optique est prévue durant la WRSC. 

Ludovic Fery

 

 

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