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9 terminaux logistiques mobiles

WILFRIED MAISY
Concentrer un maximum de fonctionnalités dans un minimum d'espace, telle est la voie des fabricants de terminaux mobiles. Ces véritables ordinateurs de poche durcis et communicants sont au coeur de la chaîne d'information entre industriels et logisticiens. Avant de céder aux sirènes de la high-tech, l'acheteur doit s'assurer que son choix correspond à ses besoins, matériels et informatiques.

Qu'ils soient adaptés aux travaux d'intérieur (réception, mise en stock et expédition de produits) ou d'extérieur (livraisons de colis et maintenance), les gros smartphones professionnels affichent des performances dignes des petits ordinateurs de bureau. Avec leurs processeurs multitâches de 1 GHz et leur mémoire vive de 500 Mo, les terminaux logistiques sont hyperréactifs. De plus en plus compacts et légers, ils adoptent les dernières évolutions de l'électronique, des systèmes d'exploitation et des communications sans fil. En entrepôt, les terminaux fonctionnent en Wi-Fi. Ils peuvent basculer automatiquement d'un réseau à un autre et sont souvent liés à une imprimante portable par liaison Bluetooth. À l'extérieur, ils transmettent et reçoivent des données par communications radio GSM-3G. Dans les deux cas, leur objectif est clair : construire un lien informatif en temps réel entre le terrain, la direction opérationnelle d'une entreprise, et ses partenaires logistiques.

Pour cela, les ordinateurs mobiles multiplient les prouesses technologiques. Mais attention, au-delà des mille et une nouveautés proposées, il ne faut pas oublier l'essentiel : le produit doit coïncider avec un besoin industriel. Son autonomie et sa résistance sont deux critères à considérer en priorité. Les batteries des terminaux et autres PDA (assistant digital personnel) sélectionnés dans notre tableau (pages 50-51) affichent 2 000 à 5 000 mAh de capacité. Ce qui représente, selon les fournisseurs, huit à quinze heures de travail intensif. « Tout dépend de l'utilisation que l'on fait du terminal, prévient Alexandre Maquet, directeur France de Datalogic Mobile, un fabricant d'ordinateurs mobiles. Si l'on envoie des données par Wi-Fi toutes les 10 secondes, la batterie se décharge plus vite. » En réponse, Honeywell affirme que, sur ses nouveaux terminaux des capteurs de mouvement, de lumière et de proximité contribuent à préserver l'autonomie de l'appareil et améliorent le confort en adaptant automatiquement ces paramètres à l'environnement.

Pas de prime à la casse

Sur le plan de la robustesse (tous les produits du tableau sont durcis), les indices de protection (IP) indiquent des mesures objectives d'étanchéité. Par exemple, la notation IP67 correspond à un produit totalement étanche à la poussière et protégé contre les effets de l'immersion dans l'eau. S'ajoutent d'autres repères liés au risque de casse. Les terminaux subissent des tests rigoureux : des chutes répétées sur du béton depuis une hauteur de 1,2, 1,5 ou 1,8 mètre. La norme CEI 60 068-2-32, par exemple, signifie que l'ordinateur a subi 2 000 chutes de 1 mètre. La résistance à l'humidité et au froid a aussi son importance. Si votre environnement est susceptible de varier au-delà de 50 °C et en dessous de - 20 °C, il est important de comparer les offres sur ce point.

Sans surprise, le prix d'un terminal est largement fonction de ces critères physiques. Il varie de 800 à plus de 2 500 euros en configuration de base. Dans un communiqué, le fabricant Intermec, dont les modèles choisis affichent tous IP67, mettait en garde devant des PDA moins durcis : « Une mauvaise étanchéité des dispositifs standard peut provoquer l'apparition de condensation sur les composants électroniques ou endommager d'autres composants internes. On dépense plus en réparations, on perd en productivité. Ces coûts dépassent en deux ans à peine les économies réalisées sur le prix d'achat. »

Les terminaux se distinguent par leur équipement de série, et ce qui peut être ajouté en option : batterie de haute capacité, lecteur laser de codes-barres à longue portée, etc. Certains incluent d'emblée un appareil photo, un module de géolocalisation par GPS, voire un lecteur RFID (identification par radio fréquence). Optionnel, le GPS peut valoir une centaine d'euros ; l'appareil numérique, 150 euros ; un imageur, 300 à 400 euros. Cette dernière technologie de capture de pages complètes est intéressante pour enregistrer des bordereaux apposés sur des colis ou des palettes. Le lecteur peut définir un cadre de format A4, grâce à un système de quatre coins formés au laser, de lire et récupérer des informations du document, et de les envoyer dans un format léger. Un logiciel intégré permet de recadrer automatiquement un texte photographié de travers.

Chez les fabricants, on parle de deux « philosophies ». Motorola, par exemple, propose une large gamme d'appareils conçus pour de multiples métiers, qui n'ont pas vocation à évoluer. De son côté, Psion privilégie la modularité, où « open source mobility ». L'idée est d'adapter au plus juste un terminal communicant au besoin d'un utilisateur, non seulement au niveau logiciel, mais aussi matériel. On peut ajouter une poignée, une antenne et divers accessoires pour améliorer l'ergonomie de l'ordinateur. Le fabricant canadien a présenté les nouveaux boîtiers Work About Pro 3 et Omni XT10, qui peuvent se transformer en ordinateurs embarqués en intégrant de la géolocalisation. « On achète une machine de base, qui peut être enrichie, à l'achat ou ultérieurement, chez Psion ou un autre fournisseur, de différentes technologies de capture d'images, de lecture de codes-barres, et de connectivité, explique Pierre Bonnefoy, directeur technique de Psion. On peut y brancher son propre GPS ultraprécis, comme l'a fait un client en Angleterre. Ou encore un module RFID fonctionnant par tags actifs (la puce envoie de l'information), afin de collecter en temps réel des températures dans une remorque, par exemple ». Parallèlement, Psion a construit une communauté d'internautes utilisateurs et intégrateurs, qui échangent sur les multiples possibilités de ces outils logistiques.

À l'image des smartphones grand public, ces outils industriels excitent la créativité de nombreux développeurs. D'où l'intérêt de choisir un système d'exploitation ouvert, et de rester à l'affût des logiciels disponibles. L'OS Android de Google est peu présent sur ces machines, mais plusieurs proposent Windows CE ou Windows Mobile. Si le premier est moins cher et plus sécurisant pour verrouiller des données, le second est plus simple à utiliser et ouvert à des logiciels externes comme Excel et Outlook Express.

Le dialogue entre le terminal et le service informatique

Toujours sur le plan applicatif, les terminaux logistiques peuvent inclure nativement un logiciel d'émulation, permettant de recréer l'environnement d'un ERP (progiciel de gestion intégré) ou WMS (système de gestion d'entrepôt) sur l'ordinateur mobile. Un point important pour échanger des données entre un opérateur et le service informatique du site. « La plupart de nos clients utilisent une émulation de AS400 au format caractère, simple mais efficace, indique Stéphane Loyer, directeur grands comptes de Motorola. Il faut faire attention à l'ergonomie d'un terminal, dont les touches doivent être faciles à manipuler. Mieux vaut privilégier des fonctions simples de raccourcis clavier (F1, F2,...), par exemple. »

AUTONOMIE

Un terminal en pleine action peut tenir de 8 à 15 heures.

LE MIEUX CONNECTÉ

DOLPHIN 99EX HONEYWELL Le Dolphin 99EX d'Honeywell conjugue les systèmes de communication les plus avancés pour rester en contact avec une base de données logistiques. En entrepôt, il synchronise l'état des stocks toutes les 9 secondes avec la base de données centrale. Il bascule automatiquement d'un réseau Wi-Fi sur l'autre, entreles différentes fréquences disponibles (norme Wi-Fi « n ») en fonction de leur encombrement. En extérieur, pour les applications d'e-commerce par exemple, son module radio 3.75G Gobi 3 000 assure un transfert rapide des informations de livraison. FICHE TECHNIQUE Processeur Texas Instruments OMAP3715 1,0 GHz Batterie 3 060 mAH ou 5 000 mAH Mémoire 1 Go Flash / 256 Mo RAM Prix à partir de 2 103 euros

LE PLUS POLYVALENT

CN70 INTERMEC Compacte, la série CN70 est également très robuste puisqu'elle résiste à des chutes de 2,4 mètres à température ambiante et 1,8 mètre sur une plage étendue de -20 à + 60 °C. Multitâche, elle existe en modèle « e » (extérieur) pour les applications de terrain. Le CN70 est alors doté d'un clavier plus large. Il est aussi équipé d'un navigateur Web intégré et peut se recharger sur une prise allume-cigare. Plusieurs optiques de lecture laser de codes-barres sont disponibles. Sorti fin 2011, le CN70 est l'un des modèles les plus performants du marché. FICHE TECHNIQUE Processeur Texas Instruments OMAP3 - 600 MHz OMAP3 Batterie 4 000 mAh Mémoire 1 Go Flash / 512 Mo RAM (option micro SD 32 Go) Prix à partir de 1 750 euros

LE MEILLEUR LECTEUR

MC9190 MOTOROLA L'ordinateur durci MC9190 peut lire des codes-barres à partir d'une distance de 20 cm, et jusqu'à plus de 13 mètres. En option, il est proposé en version RFID « G » pour émettre un signal radio fréquence vers des puces électroniques. Il peut ainsi identifier des dizaines de produits simultanément. Le MC9190 porte lui-même une puce, ce qui permet de le retrouver sur un site et de suivre ses mouvements, dans le cadre d'une gestion de flotte. Le MC9190 est lié à un logiciel de gestion de parc et de maintenance. FICHE TECHNIQUE Processeur Marvell PXA320 624 MHz Batterie 4 800 mAh Mémoire 1 Go Flash / 256 Mo RAM Prix à partir de 1 344 euros

« Tracer la chaîne alimentaire »

JEAN LE BERRE DIRECTEUR DES ÉTUDES ET DU DÉVELOPPEMENT DES SYSTÈMES D'INFORMATION CHEZ SVA JEAN ROSÉ, BOUCHERIE INDUSTRIELLE

« Nous utilisons 30 terminaux mobiles à lecture de codes-barres et 8 modèles RFID (identification radio fréquence) de marques Motorola, Intermec, Datalogic et Psion pour tracer la chaîne alimentaire. Les premiers servent à scanner les étiquettes des animaux vivants à l'achat. Puis, lors de la préparation de commandes en usine, à identifier les différentes sortes de viande. Les quartiers sont placés dans des bacs pour partir en livraison. Les terminaux RFID sont utilisés par les chauffeurs livreurs, qui scannent les puces sur les contenants chez les destinataires. La RFID longue portée permet d'identifier plusieurs dizaines de bacs d'un coup. En fin de journée, les ordinateurs sont placés sur un socle de recharge. La synchronisation des données s'effectue alors avec notre base informatique. Ce processus permet de tracer les flux de viande, mais aussi à améliorer la gestion de contenants, leur rotation et à limiter les pertes. »

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