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8 chariots entièrement automatiques

WILFRIED MAISY redaction@industrie-technologies.com
Vous avez aimé les chariots élévateurs ? Vous adorerez leurs récents cousins : les AGV (Automatic guided vehicule). Plus intelligents, plus productifs, plus endurants, ils s'adressent spécifiquement aux industriels gérant leur propre logistique. Quand les opérations de manutention sont répétitives et systématiques, les AGV entrent en piste.

Plus endurant, plus régulier, plus fiable que le chariot de manutention classique conduit par l'homme, l'Automatic guided vehicule (AGV) est autonome. Il est piloté par de l'informatique embarquée, qui en gère les fonctions internes telles que la communication, le guidage, le contrôle des outils et la sécurité. Mais l'AGV n'est pas un robot. Il ne manipule rien, il transporte. Il est programmé pour suivre un parcours, pour évoluer sur un circuit flexible qui peut être facilement modifié ou agrandi. Dix fois plus cher qu'un « simple » chariot, le coût d'un AGV se chiffre en dizaines de milliers d'euros. Mais les spécialistes l'affirment : le retour sur investissement est réel pour les entreprises travaillant en flux continu, de 16 à 24 heures sur 24 et de 5 à 7 jours sur 7. « Le prix d'un petit gerbeur de palettes automatique démarre à 50 000 ou 60 000 euros, indique Romain Demay, ingénieur commercial du constructeur JBT. Un AGV frontal coûte le double, et un convoyeur embarqué, environ 70 000 euros. Mais il remplace 5 postes de travail dans une usine fonctionnant la semaine et le week-end, et ne tombe pas malade ! Le gain de productivité et sur la masse salariale est énorme, et le risque de casse de produits, quasi nul. » D'où l'intérêt notable des grands noms du luxe - Chanel, Bourgeois - qui manipulent leurs précieux flacons avec des AGV.

Une offre large qui répond à de nombreuses fonctionnalités

« La durée de vie d'un AGV industriel est de 40 000 à 50 000 heures de travail, soit environ 2 000 à 5 000 heures par an, selon les utilisations, pendant 7 à 20 ans », ajoute Jean-Luc Thomé, président de BA Systèmes, qui distingue les chariots automatiques adaptés à l'industrie de ceux dédiés à la logistique. Les premiers peuvent satisfaire une utilisation plus intensive, mais coûtent trois à quatre fois plus cher. « L'AGV industriel permet un retour sur investissement rapide, de 18 à 36 mois en moyenne, grâce à la réduction des coûts d'exploitation et de maintenance, ainsi que des frais d'entretien des bâtiments et des stocks parasites. En outre, il peut bénéficier d'options spécifiques, telles que des outils de retournement de conteneurs, pour l'industrie agroalimentaire, ou encore des presseurs pour stabiliser une charge », poursuit le spécialiste. Les chariots automatiques sont donc de véritables outils de production. Ils s'adressent aux entreprises dont la logistique est parfaitement huilée, cadencée par un rythme régulier de mouvements de palettes ou d'autres produits homogènes.

Choisir un AGV, c'est d'abord opter pour un type de chariot élévateur : gerbeur, transpalette, frontal, tri directionnel, convoyeur... et comme pour les chariots, le principal critère est la nature, les dimensions et le poids de la charge transportée, qui va de quelques kilogrammes (bacs) à plusieurs tonnes (containers, bobines). Le niveau de prise ou de dépose peut s'élever jusqu'à dix mètres en entrepôt. Les AGV servent aussi à charger et décharger des véhicules. Le petit gerbeur à longerons est le plus courant des chariots automatiques. Polyvalent et de petite taille, son faible encombrement lui permet d'évoluer avec aisance au sein des lignes de productions, au plus proche des opérateurs. Il affiche une hauteur de levage d'environ trois mètres et une charge utile de moins de deux tonnes. Il existe en deux variantes : avec des longerons sous fourches (palettes de type Euro) ou des longerons dits « encadrants » (palettes à plancher périphérique). Son grand frère, le gerbeur frontal, est à contre poids. La charge qu'il porte est équilibrée par la masse du chariot. Muni d'un mât inclinable face au poste de conduite, il peut s'emparer des objets dans de multiples configurations : au sol (stock de masse, préparation de camions), sur un convoyeur ou dans des racks. Il lève plus haut que le gerbeur, jusqu'à environ six mètres, et convient pour des applications de transport de charges jusqu'à 4 000 kilogrammes. Il peut être enrichi d'outils complémentaires : quadruples fourches, écarteurs, presseurs...

Pour monter encore plus haut, l'outil de magasinage par excellence est le chariot AGV à mât rétractable. Il est équipé d'un mât de levage hydraulique et peut gerber jusqu'à dix mètres des palettes d'une à deux tonnes. Pour le stockage en allées étroites, une autre version à chargement latéral est utilisée. « Ce type de chariot a été développé pour répondre au besoin d'automatisation des stocks haute densité. Il peut être en liaison directe avec les zones de production, de réception ou d'expédition », précise Romain Demay de JBT. Pour faire le lien entre deux zones de production, le chariot à convoyeur motorisé manutentionne des palettes et des plateaux de chargement depuis et vers des convoyeurs. Un moteur à vitesse variable commande la rotation des rouleaux qui transfèrent en douceur la charge sur le convoyeur. La vitesse des rouleaux est synchronisée, grâce à des détecteurs placés sur le tapis. Les charges standard peuvent atteindre trois à quatre tonnes. Enfin, il existe des chariots tracteurs, conçus pour tirer un ensemble de chariots ou des armoires sur roulettes. Un système d'attelage hydraulique prend alors en charge des trains de chariots jusqu'à vingt tonnes.

Au-delà de ces standards, tout un éventail d'AGV spécifiques a trouvé un marché. Le modèle « phare » est le porte-bobines pour l'imprimerie, l'une des premières industries utilisatrice de ces chariots. Il fournit des rotatives ou des découpeuses, en détectant le diamètre de bobines à présenter.

Choisir son mode de guidage

Plusieurs technologies de guidage existent. Le filoguidage nécessite l'intégration de câbles dans le sol. Parcourus par un courant électrique, ils génèrent des champs électromagnétiques sur le trajet du chariot équipé de capteurs. La variation du courant envoyé dans les fils modifie l'amplitude du signal et fait tourner le véhicule. Ce système est robuste, car il résiste aux passages d'autres véhicules, ou aux intempéries. En alternative, le guidage optique fonctionne avec une caméra à reconnaissance de couleurs fixée sur le véhicule. Elle repère les bandes autocollantes ou peintes au sol. L'avantage est la flexibilité de mise en place du circuit. Il suffit d'amener l'AGV à proximité d'une bande de couleur pour qu'il s'y retrouve.

En troisième lieu, le guidage laser évite toute intervention sur le sol. Les AGV circulent par odométrie (mesure du déplacement des roues via des encodeurs) et par l'intermédiaire d'un capteur laser équipé d'un faisceau horizontal. Le système de navigation détermine la position de l'AGV grâce à l'angle du laser réfléchi par des réflecteurs. Enfin, le géoguidage fonctionne par apprentissage, grâce à une cartographie des lieux. C'est la spécialité de Balyo. « Nos chariots ne sont pas dépendants d'une entité externe (balises, réflecteurs...) souligne Raul Bravo, directeur général de la société. Ils calculent seuls leurs trajectoires, avec une précision au millimètre, grâce à un puissant logiciel de navigation. » Pour les plus frileux, la marque propose des chariots hybrides permettant un usage manuel

LE PLUS POLYVALENT

LE TRANSPALETTE PICK-N-GO DE BT L'automatisation pick-n-go peut être utilisée sur tous les modèles de chariots BT. La machine de base est standard. Le fabricant promet 60 à 100 % d'augmentation de la productivité et 30 à 40 % d'économie sur les activités d'entreposage, pour un retour sur investissement de 12 à 24 mois. L'AGV est équipé d'une mise à niveau des fourches automatique et d'une fonction de réduction de la vitesse dans les courbes, par mesure de sécurité. FICHE TECHNIQUE Capacité 2 000 kg Levée 1 790 mm Navigation Laser Prix 60 000 à 90 000 euros

LE PLUS INDÉPENDANT

LE CHARIOT AUTOMATIQUE MÂT RÉTRACTABLE BL-MR14 DE BALYO Cet AGV est facile à installer et à utiliser, la technologie du géoguidage ne nécessitant aucune infrastructure. Les tâches à réaliser et les circuits paramétrés, peuvent changer autant que nécessaire. L'ensemble des opérations de transport de palettes, de bobines ou de stockage temporaire sont sauvegardées dans une base de données. La traçabilité des mouvements est disponible plusieurs années. FICHE TECHNIQUE Capacité 1 400 à 2 500 kg Levée 12 152 mm Navigation Géoguidage Prix 900 à 2 000 euros/mois

LE PLUS PRODUCTIF

LE CONVOYEUR MOTORISÉ DEUX PLACES CM2 DE BA SYSTÈMES Le CM2 dispose de deux convoyeurs motorisés qui viennent se placer en bout de tapis roulant pour assurer le transport des palettes de produits finis. Il est lié au logiciel AGV Manager, qui permet de gérer une flotte de chariots et de faire évoluer la cadence des véhicules, et donc le nombre de palettes traitées par heure. Le CM2 peut être adapté selon la hauteur de dépose voulue et le nombre de palettes à convoyer, 2, 3, ou 4. FICHE TECHNIQUE Capacité 2 x 1 200 kg Levée 600 mm Navigation Laser, magnétique, odométrie, télémétrie Prix à partir de 62 000 euros

« Donner aux salariés, les tâches à valeur ajoutée »

DAMIEN MALOINE DIRECTEUR SUPPLY CHAIN DE CEISA PACKAGING

« Nous sommes en phase de déploiement d'un projet de mise en place de chariots automatiques géoguidés Balyo au sein de notre usine de Bernay, en Normandie. L'objectif est de concentrer nos salariés sur les tâches à valeur ajoutée et d'automatiser les transports de charges. Et donc de diminuer les coûts de manutention sans investir dans des infrastructures supplémentaires. Deux types de machines sont utilisés : le transpalette automatique BL-TE09, qui réalise la liaison entre les postes de travail et le stock, pour les flux aval de la production, ainsi que l'évacuation des déchets. Pour sa part, le chariot à mât rétractable BL-MR14, équipé d'un éperon, sert à la manutention des bobines sans support de charge. Ces équipements sont utilisés pour la dépose de bobines de 300 à 1 400 kg à 7,5 m de hauteur. »

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