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7. Électronique grand public Un disque dur au format timbre-poste

Ridha Loukil

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Il devient tellement petit qu'il s'intègre dans les appareils photo numériques, les baladeurs multimédias ou les téléphones mobiles.

Un disque dur dans un téléphone mobile ! Qui aurait pu l'imaginer il y a seulement quelques années. Le portable n'avait ni la place ni l'énergie nécessaire pour recevoir ce support de stockage de données informatiques. Aujourd'hui, cette perspective est en train de devenir une réalité.

Augmenter la densité de stockage

Toshiba a annoncé le développement d'un disque dur miniature de 0,85 pouce pesant moins de 10 grammes. Il est tellement petit qu'il pourra équiper des terminaux de poche comme les appareils photo numériques, les baladeurs multimédias, les assistants personnels... et même les téléphones portables. De la taille d'un timbre-poste de 24 x 32 mm pour 3,3 ou 5 mm d'épaisseur, il offre, selon le modèle, 2 ou 4 Go, la même capacité de stockage que le Microdrive d'Hitachi, disque dur amovible de 1 pouce, jusqu'ici le plus petit du marché.

Le disque dur constitue un système complexe où la miniaturisation suppose souvent une augmentation de la densité de stockage, ce qui passe par une amélioration de la résolution d'écriture et de lecture électromagnétique des informations. Sur le plan physique, ceci revient à réduire le pas entre les pistes et l'espace entre les informations. Ainsi, la densité de stockage évolue deux fois plus vite que la loi de Moore en microélectronique qui veut que le nombre de transistors dans une puce électronique double tous les 18 mois ou deux ans.

Certes, cette évolution s'appuie essentiellement sur les progrès dans l'électronique et les matériaux constituant la couche d'enregistrement des informations. Mais la mécanique est obligée de suivre. À disque plus petit, moteur d'entraînement moins puissant. Mais les pertes dues au frottement prennent une proportion accrue. Sans compter le problème d'évacuation de la chaleur que pose la réduction du volume.

200 000 à 300 000 pièces prévues par mois

Traditionnellement, le disque tourne à 3 600 tr/min grâce à un entraînement à roulement à billes. Pour résoudre le problème de frottement et de chaleur, on a dû passer au palier fluide. Les billes sont remplacées par de l'huile qui sert à la fois d'entraînement et de lubrifiant. Ce mécanisme s'est généralisé à l'ensemble de disques durs miniatures aujourd'hui sur le marché.

IBM, dont le premier disque dur lancé en 1956 utilisait 50 disques de 24 pouces pour stocker 5 Mo, a accompli un grand miracle en développant à la fin des années 1990 le Microdrive, tombé dans l'escarcelle d'Hitachi à la faveur du rachat en 2002 de l'activité stockage de Big Blue par le géant japonais. Toshiba, qui fournit des disques durs de 1,8 pouce au coeur de certains baladeurs numériques iPOD d'Apple, lui succède comme le champion de la miniaturisation avec son nouveau disque dur de 0,85 pouce. Sa production de masse devrait démarrer à la fin de l'année au rythme de 200 000 à 300 000 pièces par mois.

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