Nous suivre Industrie Techno

5G : quels sont les 6 projets phares retenus par l’Arcep pour expérimenter la bande 26 GHz ?

5G : quels sont les 6 projets phares retenus par l’Arcep pour expérimenter la bande 26 GHz ?

© Kevin Poireault

Ce lundi 7 octobre, à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris, l’Arcep présentait six des onze projets retenus pour expérimenter des réseaux 5G à petite échelle sur la bande « millimétrique », de fréquence 26 GHz.

« La 5G est encore une abstraction aujourd’hui », concède Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances. Mais le déploiement de cette technologie fait naître de nombreuses attentes : « Une latence divisée par dix, un débit multiplié par dix, la connexion simultanée d’objets en masse, moindre consommation énergétique... C’est un enjeu majeur de compétitivité pour nos entreprises », a poursuivi la secrétaire d’Etat ce lundi 7 octobre à la Cité des sciences et de l’Industrie.

Des projets ancrés dans les territoires

Le gouvernement et l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) y ont présenté six des onze projets retenus pour expérimenter la 5G dans la bande 26 GHz, après un appel à projet lancé en janvier dernier. Cette bande dite « millimétrique » offre le plus de débit mais sa portée est très limitée. Les expérimentations sont donc pour le moment disséminées dans toute la France. Les voici :

  • Universcience lancera, avant la fin 2019, un appel à projets utilisant la 5G « ouvert aux start-up, laboratoires de recherches et aux écoles », a annoncé Olivier Bielecki, directeur des systèmes d'information. Les deux lauréats recevront 20 000 euros chacun et auront huit mois pour réaliser leur projets. Un « fablab de la 5G » sera aussi installé à la Cité des sciences pour « permettre aux start-up de tester leur matériel avec le réseau 5G », détaille Olivier Bielecki.
  • Le futur Vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, l’un des sites des prochains JO 2024, sera équipé en réseau 5G. Au menu : santé du futur, expérience sportive augmentée et même voiture autonome, a évoqué Jean-Michel Fourgous, président de la communauté d'agglomération de Saint-Quentin.
  • Pour la gare de Rennes, Orange et ses partenaires Nokia, Sony et Qualcomm veulent essayer le très haut débit grâce à la 5G. Les cas d’usages évoqués : le téléchargement instantané de contenus vidéo en gare et l’ouverture d’un guichet virtuel pour accéder à un agent SNCF à distance.
  • Bordeaux Métropole souhaite, de son côté « mettre en place une plate-forme ouverte d’innovation pour optimiser [son] réseau d’éclairage public sur les quais de la Garonne », grâce notamment à des « lampadaires intelligents » fonctionnant grâce à la 5G, a indiqué Christophe Trouillet, responsable de l’aménagement numérique de l’agglomération.
  • L’expérimentation de la 5G par le Grand Port maritime du Havre concerne « les opérations de maintenance, de chargement et de déchargement et de dédouanage, la sécurité et la remontée d’information bathymétriques », a précisé Antoine Garibal, qui représentait Siemens, l’un des acteurs du projet. « Nous voulons à la fois tester la faisabilité technologique et vérifier le sens économique de ces cas d'usage avant d'envisager une industrialisation », a-t-il ajouté.
  • L'établissement public d'aménagement Paris la Défense prévoit de lancer, au premier semestre 2020, un appel à projets ou à manifestation d’intérêt afin de tester les cas d’usages de la 5G dans ce territoire très dense. Avec deux objectifs, selon David Guerra, co-directeur des services urbains au sein de l’établissement public : la maîtrise du territoire et l’intégration de cas d’usages inédits.

L'objectif : faire émerger de nouveaux usages de la 5G

Parmi les cinq autres projets, trois sont pilotés par Bouygues Télécom, un par Orange et le dernier concerne le campus Nokia à Paris-Saclay. « Nous avons décidé de présenter les six projets portés par des « verticaux » car il faut faire émerger de nouveaux usages de la 5G, et ce ne doit pas être seulement les gros acteurs, les opérateurs, qui doivent les apporter », a souligné Agnès Pannier-Runacher.

Sur les 11 projets retenus, 9 « sont autorisés dès à présent à utiliser la portion de la bande des 26 GHz qui leur a été attribuée pour une durée de trois ans pour un prix amical de 200 euros par an par bloc de 200 MHz », détaille Sébastien Soriano. Un délai choisi pour s’adapter au rythme des services de recherche et développement des entreprises.

Après avoir dévoilé son cahier des charges en juillet dernier, l’Arcep devrait prochainement ouvrir les enchères en vue de l’attribution des bandes de fréquences pour la 5G. Concernant la bande de 26GHz, « il faudra discuter avec la Commission européenne pour savoir si ces expérimentations sont considérées comme une attribution ou non », conclut Sébastien Soriano.

Pourquoi expérimenter la bande 26 GHz

Plusieurs bandes de fréquences ont été identifiées pour les réseaux 5G de manière coordonnée en Europe : 700 MHz, 3,4-3,8 GHz et 26GHz. « Plus on monte dans les fréquences, vers les 3,5 GHz et davantage encore autour de 26 GHz, plus le débit que l’on peut transmettre est fort, mais la portée devient beaucoup plus faible. La conséquence est qu’il faut tripler le nombre d’antennes », expliquait Flavien Vottero, directeur d’études chez l’institut d’études Xerfi, dans le n°1021-1022 d’Industrie & Technologies. C’est pourquoi la dernière bande des 26 GHz, dite « millimétrique », a été qualifiée de « bande la plus exploratoire » par Sébastien Soriano, président de l’Arcep. Néanmoins, elle offre « un apport capacitif extrêmement localisé pour les réseaux mobiles très haut débit dans les zones très denses, essentiellement en zones urbaines ou suburbaines, dans des lieux spécifiques (ports, usines…) ou à l’intérieur des bâtiments ».


 

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Pourquoi la 5G est aussi une rupture en matière de cyber-risques ?

Pourquoi la 5G est aussi une rupture en matière de cyber-risques ?

En introduisant de nombreuses fonctionnalités inédites, la 5G n'est pas seulement une évolution de la 4G mais bien une[…]

17/10/2019 | RéseauxAntenne
Pour bien commencer la semaine : les promesses des puces électroniques bio-inspirées

Pour bien commencer la semaine : les promesses des puces électroniques bio-inspirées

"Les industriels doivent tenir compte du risque cyber lorsqu'ils testent la 5G", alerte Téodor Chabin, responsable sécurité d'un groupe français

"Les industriels doivent tenir compte du risque cyber lorsqu'ils testent la 5G", alerte Téodor Chabin, responsable sécurité d'un groupe français

Pour aller plus loin

Pour aller plus loin

Plus d'articles