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5G et risque sanitaire : « Apparemment pas de quoi freiner les déploiements pour l'industrie du futur », affirme l'Anses

Alexandre Couto

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5G et risque sanitaire : « Apparemment pas de quoi freiner les déploiements pour l'industrie du futur », affirme l'Anses

L'Agence de sécurité sanitaire, Anses, a rendu public le 27 janvier une étude préliminaire relative à l'évaluation de l'impact de fréquences 5G sur l'organisme. Si l'agence déplore un manque de données scientifiques sur les fréquences concernées, Olivier Merckel, responsable de l’unité d’évaluation des nouvelles technologies de l’Anses, se montre rassurant pour les premières applications du type industrie du futur.

Les risques sanitaires de la 5G sont encore mal évalués mais les niveaux d'exposition aux ondes dans les premières applications pour l'industrie du futur devraient rester limités, pointe l’Agence national de la sécurité sanitaire (Anses). Saisi en février 2019 par les ministères en charge de la Santé, de l’Environnement et de l’Economie afin de conduire une expertise relative à l’exposition de la population aux champs électromagnétiques liée au déploiement de la 5G, l'Anses a rendu public le 27 janvier une étude préliminaire visant à évaluer l’état des connaissances sur le sujet.

L’Anses a été saisi en premier lieu pour évaluer l’impact sanitaire du réseau de téléphonie, pour lequel elle fournira un premier point d’étape au premier semestre 2021. L'agence traitera ensuite progressivement l’impact sanitaire de la 5G dans le secteur industriel.

Interrogé par Industrie & Technologies, Olivier Merckel, responsable de l’unité d’évaluation des nouvelles technologies de l’Anses, estime d'ores-et-déjà que « la 5G va chambouler pas mal de chose en matière d’exposition, notamment dans le cadre d’applications du type industrie du futur. Les premières informations que nous recueillerons de la part des industriels seront importantes. » Pour le moment l'Anses n'a pas entamé cette campagne d'évaluation et ne reçoit pas de données des industriels qui ont déjà mis en place des sites pilotes.

« Niveaux d'exposition relativement faibles dans l'industrie»

Cependant le risque semble a priori limité, tout du moins pour les premières applications. « En ce qui concerne les objets connectés à faible consommation, il n’y aura pas besoin de débits importants. La puissance sera donc faible. Par ailleurs, les premières applications nécessiteront d’avoir l’antenne dans un périmètre restreint. Le niveau d’exposition global dans les usines sera donc relativement faible. », explique l’expert de l’Anses. Et d'ajouter : « Il n'y a apparemment pas de quoi freiner le déploiement de la 5G pour l'industrie du futur. »

Reste que concernant l'ensemble des usages futurs de la 5G, ce premier état des lieux de l'Anses met en lumière un manque de données relatives aux fréquences et aux technologies concernées par la 5G, même si l'organisme s’est rapproché de l’agence nationale des fréquences (ANFR), qui effectue quant à elle des essais de mesure de l’exposition dans le cadre des projets pilotes des opérateurs de téléphonie mobile depuis 2018.

Peu de recherches sur les bandes 3,5 GHz et 26 GHz

Si les technologies exploitant les radiofréquences ce sont particulièrement développées depuis quelques décennies, la plupart utilisent des fréquences comprises entre 0,8 et 2,45 GHz. Cette gamme, qui s'étend des antennes radios jusqu’au Wi-Fi, correspond aux sources de radiocommunication auxquelles le grand public est le plus exposé. Elle a fait l’objet de nombreuses études et ses effets sur l’homme sont bien connus par l’Anses.

La 5G, quant à elle, sera déployées sur deux nouvelles bandes : la bande 3,5 GHz qui sera opérationnelle dans un premier temps pour « la couverture en téléphonie mobile des zones géographiques étendues », puis la bande 26 GHz pour la communication entre des « objets connectés ou pour la téléphonie mobile dans des périmètres restreints ». Sur ces deux bandes, les travaux de la recherche sont peu nombreux selon l’Anses et donc insuffisants pour évaluer l’impact biophysique.

Des effets sur l'organisme très différents

« Les deux fréquences ont des effets très différents sur l’organisme », explique Olivier Merckel, responsable de l’unité d’évaluation des nouvelles technologies de l’Anses, « Le niveau de pénétration dans l’organisme est plus important à 3,5 GHz, par rapport à 26 GHz. Dans le premier cas, nous allons nous intéresser à des interactions avec les organes par exemple, tandis que dans le deuxième, il s’agit plutôt d’effet sur la peau ou les yeux. Il y a deux études à mener de front. »

Dans son rapport préliminaire, l’Anses estime que l’impact sur l’organisme des fréquences de 3,5 GHz devrait s'avérer relativement proche de celui de fréquences plus basses, par exemple 2,45 GHz, utilisées par le Wi-Fi. L’exposition à la bande des 26 GHz devrait quant à elle se rapprocher de celle déjà étudiée en 2012 par l’Anses lors de son évaluation de l’impact sanitaire des scanners corporels dans les aéroports, dont la bande recouvre les fréquences allant de 24 GHz à 30 GHz.

Une rupture dans les usages

Outre l’utilisation de ces nouvelles fréquences, la 5G va également induire un changement dans les usages et les applications dont les experts vont devoir tenir compte pour évaluer les risques.

De nouvelles technologies au cœur du déploiement du réseau, comme le massive MIMO ou le Beamforming, suscitent encore des interrogations sur les modalités d’exposition des individus. « Le massive MIMO permet de focaliser plus ou moins précisément le rayonnement. L’usager sera donc exposé d’une manière plus intense mais sur des temps plus courts, alors qu’actuellement il est faiblement exposé mais sur des délais plus longs », souligne Olivier Merckel. « Cela rend caduque certaines études. »

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