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50 000 m3 de boues traités par les plantes

S.C.

LA SOCIÉTÉ PHYTORESTORE applique son concept de jardins filtrants pour traiter à la fois l'eau, les boues et l'air sur un site de 4 hectares à Honfleur.

La phytoremédiation, ou dépollution par les plantes, était jusqu'à présent essentiellement utilisée dans les petites communes. Récemment créée, la société parisienne Phytorestore souhaite étendre son utilisation aux sites industriels. Elle vient de prouver qu'elle était capable de traiter des volumes importants, 50 000 m3 de boues par an, en tenant compte à la fois de l'eau, des boues et de l'air vicié.

Mis en service en mai dernier, le centre d'épuration de Honfleur est constitué de trois jardins filtrants, concept breveté, exploité par la société Phytorestore. Les eaux usées sont d'abord prétraitées dans un bâtiment étanche. De là, l'air vicié est envoyé vers le premier jardin filtrant, un bâtiment de 21 m2 où près de quinze espèces végétales - des plantes de milieu humide - vont absorber H2S, COV, NOx, CO et CO2. Parallèlement, les effluents solides sont séparés en eau et boues, puis envoyées vers deux jardins filtrants différents. Les eaux parcourent seize chenaux plantés d'une vingtaine d'espèces épuratives (saules, roseaux, phragmites, iris, etc.) chargées d'éliminer à la fois les germes et les charges polluantes, telles que phosphores et nitrates. L'eau circule ensuite à travers deux taillis qui finalisent l'extraction du phosphore, avant d'être rejetée dans la Morelle.

 

Viser le secteur industriel et atteindre le zéro rejet

 

Les boues, elles, sont traitées par une roselière dans une succession de casiers creusés dans le sol. Leur volume est réduit de plus de 98 % (50 000 m3 de boues donnent en effet 700 m3 d'humus par an) et les charges bactériologiques et polluantes sont également considérablement abaissées.

« À présent, notre de coeur de cible est le secteur industriel, explique Thierry Jacquet, créateur de la société Phytorestore. Nous pouvons fournir des jardins filtrants clés en main et atteindre le niveau zéro rejet. » Par ailleurs, la société monte actuellement dans deux grosses agglomérations deux centres de phytoremédiation pour traiter effluents, produits de curage, sols pollués, etc. « Ces centres seront utiles aux petites industries qui n'auront plus besoin de faire appel aux centres d'enfouissement », souligne Thierry Jacquet.

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