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35 MILLIONS DE COMPTEURS COMMUNICANTS !

Mathilde Lagier
35 MILLIONS DE COMPTEURS COMMUNICANTS !

ERDF a choisi une architecture en trois niveaux (l'usager, le concentrateur et le système central) avec deux modes de communication (CPL et GPRS).

© D.R.

- Le projet est lancé : des compteurs dits "intelligents" devraient remplacer dès 2012 les compteurs électriques de tous les foyers français.

Un compteur qui indi-que en temps réel la consommation d'électricité et est capable de transmettre de lui-même cette information à un centre de contrôle... Cet appareil intelligent devrait bientôt intégrer nos foyers. En effet, si des boîtiers de ce type existent déjà pour certaines entreprises, le concept pourrait se généraliser chez tous les particuliers dans le cadre du projet AMM (Automated meter management).

Ce projet, géré par ERDF (Électricité réseau distribution France), filiale d'EdF, consiste en la mise en place progressive de 35 millions de compteurs communicants en France à partir de 2012 pour un coût total de 4 milliards d'euros. Avant cela, une phase de test va être effectuée afin d'évaluer l'intérêt du projet et mettre en lumière les éventuelles lacunes des solutions retenues. La période d'essai doit débuter en 2010. « Elle consistera en l'installation de 200 000 compteurs à Lyon (Rhône), et 100 000 à Tours (Indre-et-Loire) soit environ 1 % du futur parc français », précise Jean Vigneron, chef du projet chez ERDF. Cette répartition permettra de tester le projet en milieu très urbanisé et en milieu plus rural.

Développer un CPL basé sur un langage ouvert

Le mode de communication retenu par ERDF pour couvrir le territoire est le CPL (courants porteurs en ligne), autrement dit le transfert d'information via les lignes électriques. Pourquoi ? Tout d'abord parce que cette technologie est moins coûteuse que la communication sans fil GPRS (General packet radio service), dépendant des opérateurs téléphoniques. « Un concentrateur permettra de recevoir rapidement toute l'information provenant d'un grand nombre de compteurs, et cela sans avoir besoin de tirer de câbles puisque le CPL utilise le câblage électrique préexistant » explique Claude Philipps, directeur du projet AMM chez Atos Origin.

La transmission de l'information des concentrateurs jusqu'au système central s'appuiera, quant à elle, sur le GPRS. Ce dernier a été préféré aux fibres optiques, le coût des infrastructures étant trop élevé avec cette dernière technologie.

En zone de faible densité de population, toutefois le CPL n'est plus adapté. En effet, sur les grandes distances, l'affaiblissement du signal occasionné rendrait obligatoire l'installation d'autres circuits électriques. « Dans les zones très rurales, le protocole GPRS devrait assurer directement la communication du compteur au système central sans passer par un concentrateur » explique Emmanuel Maçon-Dauxerre, le directeur des ventes M2M chez Wavecom.

Le protocole CPL qui va être utilisé a été conçu par Atos Origin. La SSII, intégratrice du projet, travaille sur la phase test avec trois fabricants de compteurs : Actaris, Landis & Gyr et le slovène Iskraemeco. Ils ont été désignés pour réaliser les 300 000 compteurs initiaux, mais le consortium devrait largement s'ouvrir. « Atos Origin a travaillé à la création d'une sorte de norme CPL, qui a pour but de devenir un standard. L'objectif est de créer un langage ouvert, duplicable, pour permettre à d'autres fabricants de compteurs d'intégrer le marché. Cette interopérabilité devrait permettre de faire baisser les prix des compteurs », explique Claude Philipps.

Lors de la conception du projet AMM, les Français ont été très attentifs aux retours d'expérience de leurs homologues européens. Les premiers pays à s'être lancés dans l'aventure, comme l'Italie, ont souvent choisi d'utiliser un CPL propriétaire. Pas d'interopérabilité donc, et des compteurs très coûteux. Par ailleurs, les études menées par l'Egeg (Groupe européen de régulation de l'électricité et du gaz) montrent que le degré de mise en place des compteurs communicants est encore très variable d'un État membre à un autre. Alors que dans certains pays comme l'Italie, les Pays-Bas ou la Suède, le parc de compteurs est totalement ou presque totalement communicant, d'autres comme l'Allemagne n'en sont encore qu'aux balbutiements.

Une meilleure gestion de l'énergie par l'usager

Mais pourquoi remplacer nos bons vieux boîtiers bleus par ces compteurs "intelligents" ? Pour simplifier la vie de l'usager, certes, et, surtout, permettre à la filiale d'EDF de réaliser à terme des économies de plusieurs millions d'euros. Il y a également une autre motivation : arriver, à terme, à une meilleure gestion de l'énergie par le consommateur, comme le stipule la directive européenne du 5 avril 2006 relative à l'efficacité énergétique. Pour les instances européennes, il ne fait en effet aucun doute que les compteurs communicants permettront à chacun, mieux averti de sa consommation réelle, de rationaliser son usage de l'électricité.

l'impact POUR L'USAGER

- Engendrer des factures basées sur les consommations réelles - Offrir un accès simplifié à la concurrence - Permettre de lire sa consommation en temps réel et donc de mieux la gérer

POUR ERDF

- Permettre de s'affranchir des 60 millions de relevés et 10 millions de prestations annuels - Générer une économie globale, une fois le système mis en place, de 450 millions d'euros par an - Éviter les pertes non techniques comme les fraudes ou les erreurs de gestion contractuelle - Rendre les opérations de délestage plus aisées

ERDF MISE SUR LES COURANTS PORTEURSLe problème

Assurer la transmission de l'information des compteurs communicants jusqu'au système central d'information.

La solution retenue - Le protocole de communication par courants porteurs en ligne (CPL). Cette technologie, qui utilise le câblage électrique préexistant, doit permettre aux compteurs situés chez tous les usagers de transmettre chaque nuit l'information enregistrée durant la journée à un concentrateur. Ce dernier collecte les données issues d'un grand nombre de compteurs, et les transmet ensuite sans fil via le protocole GPRS des réseaux de téléphonie mobile, jusqu'au centre de contrôle ERDF. Ce système de transmission de l'information n'a pas été retenu dans tous les pays, certains n'utilisant que le GPRS.

LES ACTEURS

- La filiale d'EdF, ERDF, (Électricité réseau distribution France) assure la gestion du projet AMM (Automated meter management). - Elle a désigné Atos Origin pour être l'intégrateur du projet. - Landis & Gyr, Actaris et Iskraemeco sont partenaires de la SSII et sont chargées chacune de concevoir environ 1/3 des 300 000 compteurs de la phase expérimentale. - Actaris et Landis & Gyr fabriqueront également chacune 3 500 concentrateurs.

Les grandes étapes du programme

1er juillet 2008 Début de la période pilote1er mars 2010 Installation du premier compteur intelligent en zone expérimentaleDébut 2011 Début de la phase de généralisationMi 2012 Installation du premier compteur communicant en zone non expérimentale

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