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[2020 en technos] La course victorieuse des vaccins à ARN messager

Xavier Boivinet

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[2020 en technos] La course victorieuse des vaccins à ARN messager

© Twitter / BioNTech_Group

Basés sur une technologie innovante, les vaccins à ARN messager ont profité de la crise du covid-19 et de l’urgence à trouver une solution pour lutter contre la pandémie pour mettre en avant leurs atouts, et notamment leur rapidité de mise en œuvre. Face au manque de recul, la prudence est de mise, mais au vu des résultats aujourd’hui, le pari est plutôt réussi.

Lorsque la pandémie de covid-19 frappe début 2020 l'arrivée des premiers vaccins est annoncée dans les 12 à 18 mois. Un délai parfois considéré comme optimiste. Neuf mois après le début du premier essai clinique de l’américain Moderna et à l’heure où les premières campagnes de vaccination commencent au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et bientôt dans l’Union Européenne, force est de constater que la réalité a défié les pronostics.

Parmi les trois premiers vaccins les plus avancés en Europe et aux Etats-Unis, deux utilisent une technologie à base d’ARN messager (ARNm) encore jamais utilisée chez l’humain : celui de Moderna et celui co-développé par l’allemand BioNTech et l’américain Pfizer.

L’avantage principal de cette technologie à ARNm : sa réactivité. Quelques semaines suffisent pour avoir un candidat vaccin. A partir du moment où le génome du virus est connu, il est possible d’identifier les protéines d’intérêt, les séquences d’acides nucléiques qui les codent et de produire l’ARNm correspondant. Cette production est bien plus simple que la succession d’étapes industrielles lourdes que nécessitent les vaccins plus traditionnels.

Encore fallait-il prouver que ces vaccins étaient sûrs et efficaces chez l’humain. C’était le but des essais cliniques, menés au pas de course et dont les phases 3 ont livré leurs premiers résultats au mois de novembre : autour de 95 % d’efficacité chez Pfizer-BioNTech et Moderna, et des effets indésirables fréquents mais qui semblent légers ou modérés dans la plupart des cas et de courte durée. Alors que le suivi des participants aux essais cliniques va se poursuivre pendant des mois et que la vaccination à grande échelle débute, l’avenir nous renseignera sur les éventuels effets indésirables sur le long terme et l’efficacité dans la durée.

Retour sur cette année folle pendant laquelle les vaccins à ARN messager ont fait leurs preuves chez l'humain.

Mars : le bon départ des vaccins à ARN messager

Son nom : mRNA-1273. Alors que plus de cinquante candidats vaccins sont recensés à l’époque, celui de Moderna est le premier à débuter un essai clinique de phase 1 chez l’humain le 16 mars 2020. Le génome du virus Sars-CoV-2 étant connu depuis janvier, deux mois auront suffi pour le développer.

Le lendemain, le 17 mars, Pfizer annonce s’être associé à BioNTech pour produire et distribuer un vaccin anti-covid à base d’ARNm. Le début des essais cliniques est alors espéré pour fin avril 2020. Quelques mois plus tard, ils seront les premiers à recevoir une autorisation d'utilisation en urgence.

Mai : premiers résultats intermédiaires

Deux mois après le début de son essai clinique de phase 1, Moderna dévoile des premiers résultats le 18 mai. Qualifiés de « positifs », ceux-ci ne révèlent toutefois aucune donnée chiffrée et portent sur une partie des patients inclus dans cette phase I. Ils permettent néanmoins d’ajuster les doses pour la suite.

Novembre : les résultats encourageants des phases III tombent

Pfizer et BioNTech annoncent le 18 novembre que leur vaccin affiche une efficacité de 95 % pour prévenir une infection par le SARS-CoV-2. Basé sur l’analyse de 170 cas de covid-19 parmi les participants à l’essai clinique, ce résultat améliore de 5 % celui annoncé la semaine d’avant et égale l’efficacité annoncée par Moderna sur la base d’une première analyse.

Décembre : transparence, autorisations et début de vaccination

Alors que les résultats avaient jusqu’alors été annoncés par des communiqués de presse, les détails commencent à paraître au mois de décembre. Le 8, l'Agence américaine du médicament (FDA) publie un rapport d'analyse du vaccin de Pfizer-BioNTech. Elle fait de même le 15 décembre avec celui de Moderna. Les résultats de l’essai clinique de phase 3 du vaccin d’AstraZeneca – qui n’utilise pas une technologie à base d’ARNm – sont également publiés dans The Lancet le 8 décembre.

Autorisé au Royaume-Uni début décembre, le vaccin de Pfizer-BioNTech se voit accorder une autorisation d’utilisation en urgence aux Etats-Unis par la FDA le 11 décembre. Les campagnes de vaccination commencent dans la foulée. L’autorisation du vaccin de Moderna devrait être accordée aux Etats-Unis d’ici le 18 décembre.

Initialement prévue le 29 décembre, l’Agence européenne du médicament a avancé au 21 la réunion au cours de laquelle elle doit se prononcer sur l'autorisation du vaccin de Pfizer-BioNTech en Europe. Les campagnes de vaccination sont espérées avant la fin de l’année.

2021 : le suivi continue

Malgré les premiers résultats encourageants, les autorisations accordées et les campagnes de vaccination qui débutent, tout n’est pas joué. En effet, les essais cliniques se poursuivent et le suivi des participants va se prolonger encore pendant plusieurs mois. Les vaccins anti-covid les plus avancés n’ont pas encore livrés tous leurs secrets. Et d’autres vaccins encore dans les tuyaux devraient arriver dans les prochains mois.

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