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[2020 en technos] Cette contamination par aérosol que la France ne saurait voir

MANUEL MORAGUES

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[2020 en technos] Cette contamination par aérosol que la France ne saurait voir

Simulation de l'extension d'un aérosol généré par une personne (au centre) ne faisant que respirer, au bout de seulement 1 minute.

© TU Berlin / HRI

D'abord ignorée, puis niée avant d'être vaguement prise en compte à travers l'obligation du port du masque, la contamination au Covid-19 par aérosol n'a jamais été regardée en face par les autorités françaises. Le fameux dîner à l'Elysée du 16 décembre n'en est qu'une illustration de plus. Or cette voie de contamination implique des protections spécifiques.

Par l'air. A plusieurs mètres de distance. En se moquant du gel hydroalcoolique. Voilà, aussi, comment se transmet le Covid-19. Il s'agit plus précisément de la contamination par aérosol, soit une suspension de micro-goutelettes plus petites que les postillons qui flotte dans l'air et peut se balader au gré des courants pour infecter des personnes à plus d'une dizaine de mètres.

Si l'importance exacte de cette voie de contamination par rapport aux autres reste à déterminer, la littérature scientifique tout comme le précédent du SARS-CoV-1 imposent de prendre en compte la transmission par aérosol pour lutter contre la pandémie.

Ce qui reste à faire en France, a contrario de l'Allemagne et des Etats-Unis, mais aussi dans de nombreux autres pays tant cette idée d'une possible contamination par l'air a eu du mal à s'imposer face à une communauté médicale en grande partie braquée sur la contamination directe par contact et projections de goutelettes.

Les aérosols mis en lumière en mai par les contaminations massives dans les abattoirs

Les tenants de la voie aérosol, souvent des scientifiques travaillant sur la qualité de l'air, s'échinent depuis le début de l'année à convaincre les institutions médicales quand éclate, fin avril-début mai, une vague de contaminations massives dans les abattoirs et usines de découpe de viande.

D'abord aux Etats-Unis où ces clusters comptent alors pour la moitié des grands foyers épidémiques, puis dans une moindre mesure en Allemagne et en France. La contamination aérosol s'impose pour expliquer ces cas. Mais aussi pour expliquer plus généralement l'apparente prédominance des contaminations en lieux clos et l'importance des événements de super-contamination.

A la rentrée, les masques s'imposent enfin mais pas à l'école où les aérosols inquiètent... à l'étranger

La contamination par aérosol a été enfin admise par l'OMS en juillet, après la mobilisation de chercheurs du monde entier. En août, après les lieux publics, c'est enfin dans les entreprises que le port du masque s'impose. Une mesure clé pour réduire l'émission d'aérosols, mais qui n'est jamais ainsi expliquée par le gouvernement.

A l'image d'Elizabeth Borne déclarant en août qu'en open space le masque n'est pas nécessaire ou de Jean-Michel Blanquer estimant qu'à deux mètres de distance on peut enlever le masque, le gouvernement occulte la contamination aérosol au risque de rendre incompréhensible l'obligation du port du masque même à plus des fameux 1,5 m. Jamais par la suite cette voie aérosol ne sera clairement expliquée par l'Etat.

Ailleurs, en Allemagne et aux Etats-Unis, les universités se mobilisent pour étudier les risques aréosol dans les salles de classe et les amphis, et s'en protéger en réduisant la densité et en ventilant.

Contre les aérosols : mesure du CO2 et ventilation. Le Haut conseil pour la santé publique publie ses recommandations

De nombreuses voix, universitaires, médecins et parents d'élèves appellent depuis la rentrée de septembre à prendre en compte le risque aérosol dans les lieux clos en renouvelant l'air en aérant mais aussi en utilisant des purificateurs d'air. La mesure du taux de CO2 apparaît comme un indicateur clé du bon renouvellement de l'air.

Les recommandations du Haut conseil pour la santé publique (HCSP) sur le réglage des systèmes de ventilation vont dans ce sens. Fabien Squinazi, médecin biologiste au HSCP et co-rédacteur de cet avis, revient en détails pour Industrie & Technologies sur ce risque aérosol. Et pointe que les masques de type chirurgicaux n'offrent qu'une protection très partielle puisqu'ils ne filtrent pas, à la sortie comme à l'entrée, les plus petites gouttelettes.

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