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[2020 en technos] Ce dépistage du Covid-19 par tests salivaires dont la Haute autorité de Santé n'a pas voulu

MANUEL MORAGUES

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[2020 en technos] Ce dépistage du Covid-19 par tests salivaires dont la Haute autorité de Santé n'a pas voulu

Le résultat du test EasyCov sur prélèvement salivaire s'obtient en à peine 30 minutes, sur place et sans RT-PCR. Idéal pour un dépistage préventif.

© SkillCell

Les tests salivaires du Covid-19 n'ont eu de cesse de se heurter à la Haute autorité de santé qui en a écarté de facto l'usage pour leur application la plus intéressante : un dépistage rapide et préventif de populations comme celles d'une université ou d'un Ehpad.

Les malheurs des tests salivaires du Covid face à la Haute autorité de Santé (HAS) pourraient être comiques si les enjeux n'étaient pas aussi dramatiques. Le passage d'un prélèvement naso-pharyngé à un prélèvement salivaire, toujours suivi d'une analyse par RT-PCR, s'est avéré quasi-insurmontable pour une HAS drapée dans son impératif d'une sensibilité maximale.

Un impératif qui se justifie pour un test de diagnostic – je suis malade, il ne faut pas rater mon diagnostic pour que je puisse être bien soigné – mais pas pour un test de dépistage en temps d'épidémie qui vise à identifier des personnes contagieuses, qu'elles aient des symptômes ou non. 

Or c'est bien à cette fin de dépistage que les tests salivaires excellent, puisque le prélèvement moins invasif permet de viser précisément, en préventif, des gens a priori sans symptômes comme les étudiants d'un campus ou les pensionnaires d'un Ehpad. Sans compter que le prélèvement peut être fait soi-même et que des techniques d'analyse plus rapides que la RT-PCR ont été mises au point.

Dépister massivement grâce aux tests PCR salivaires : la HAS dit non, envers et contre tous

L'avis du 18 septembre de la HAS semble autoriser les tests RT-PCR sur prélèvements salivaires. Mais en réservant son aval aux tests sur les personnes symptomatiques, la HAS écarte en réalité l'application la plus intéressante de ces tests salivaires : le dépistage massif et préventif.

Une décision qui interroge puisque s'appuyant sur une étude française lancée tardivement, Covisal, dont les résultats préliminaires font craindre une moindre sensibilité du salivaire, en contradiction avec les résultats d'études menées dans d'autres pays. Qui, elles, sont publiées et montrent même parfois une sensibilité supérieure du salivaire sur le naso-pharyngé

40 000 étudiants testés 2 fois par semaine aux Etats-Unis, 30 000 chaque semaine à Liège : comment le salivaire permet un dépistage dans les universités

Dix jours après l'avis négatif de la HAS sur les tests salivaires chez les asymptomatiques, l'Université de Liège démarre une impressionante campagne de tests RT-PCR : ses 30 000 étudiants et personnels seront testés chaque semaine grâce à des prélévements salivaires auto-réalisés.

Depuis plusieurs semaines déjà, l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign avait démontré la puissance des tests salivaires en testant ses 40 000 étudiants et personnels deux fois par semaine. Avec une technique d'analyse inspirée du protocole SalivaDirect développée à l'université de Yale et qui a prouvé ses performances sur une population asymptomatique.

La saga EasyCov : ce test virologique rapide sur prélèvement salivaire développé en France mais déployé seulement à l'étranger

Le cas d'EasyCov est emblématique : développé en France par un laboratoire commun entre le groupe Alcen et le CNRS dirigé par la médaille d'or CNRS 2020, Franck Molina, EasyCov combine l'atout du prélèvement salivaire à la rapidité d'obtention des résultats (30 minutes) et à la facilité de déploiement puisque mobile. Le tout pour une analyse similaire à celle de la RT-PCR car identifiant des séquences génétiques du virus par RT-LAMP.

Vendu durant l'été à des centaines de milliers d'exemplaires à l'étranger, il se heurte toujours fin septembre à la HAS  qui dit alors attendre des données supplémentaires de la filiale d'Alcen Skill Cell. Ces données arrivent tout début octobre avec une étude menée sur 270 échantillons montrant une sensibilité de 76%.

Silence radio de la HAS jusqu'à son avis du 28 novembre qui… autorise EasyCov chez les symptomatiques seulement et encore à condition de confirmer un résultat positif par une RT-PCR. Un avis que conteste SkillCell, qui pointe notamment la façon pour le moins curieuse par laquelle la HAS calcule la spécificité du test.

 

 

 

 

 

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