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1992, il conçoit un accéléromètre hyperprécis

Sophy Caulier

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- Depuis, l'instrument est de toutes les missions spatiales.

Quand on lui parle de vocation, Pierre Touboul répond qu'il fait partie de la génération qui est restée éveillée une nuit de juillet 1969 pour voir Armstrong faire ses premiers pas sur la Lune. Depuis, l'espace est pour lui une passion. La preuve, il a fait Sup'Aéro et est entré à l'Onera (Office national d'études et de recherches aérospatiales) comme jeune chercheur en 1982. D'aucuns lui avaient fait miroiter que, au sein de cet organisme qui travaille avec le Cnes (Centre national d'études spatiales), il pourrait aller faire un projet à Kourou... À l'époque, il travaille à la réalisation d'un gradiomètre, un instrument qui mesure le gradient du champ de gravité de la Terre afin de définir le géoïde de la planète. Las, ce projet sera présenté à l'Agence spatiale européenne (ESA) en 1992. « Mauvaise année pour les budgets spatiaux, qui ont été réduits sensiblement », regrette -t-il.

Les missions s'enchaînent

Il s'oriente alors vers le développement d'instruments et de moyens de tests au sol. Son domaine : l'accéléromètre. Cet instrument, embarqué à bord d'un satellite avec un module GPS, permet de mesurer le champ de gravité de la Terre, avec une précision de 3.10-9 m/s2.

Piere Touboul choisit une masse d'épreuve cubique au lieu de sphérique. « La complexité de l'instrument est plus grande, mais sa précision et sa stabilité sont bien meilleures », explique-t-il.

L'instrument de mesure Astre sera embarqué trois fois sur la navette Columbia en 1996 et 1997, lors de missions de mesures de la microgravité. En 2000, c'est la mission géodésique DLR du Cnes : le satellite Champ embarque un accéléromètre de l'Onera. Puis c'est la mission Grace, de la Nasa, au cours de laquelle l'accéléromètre mesure les variations temporelles du champ de gravité dues aux masses hydrauliques afin d'étudier les changements climatiques.

Relevant du domaine de la physique fondamentale, les travaux menés par l'équipe de Pierre Touboul pourraient trouver rapidement des débouchés applicatifs concrets à bord des satellites de télécommunications. Ceux-ci, bien que géostationnaires, ont besoin d'être remis à poste régulièrement. L'accéléromètre embarqué servirait à automatiser la mesure de l'écart de trajectoire et la remise à poste.

PIERRE TOUBOUL

- 1996 La navette Columbia emporte l'instrument Astre pour la mission "Life on Micro-gravity". - 2000 L'accéléromètre est embarqué à bord de la mission DLR du Cnes. Il sert à établir la cartographie du champ de gravité de la Terre. - 2004 Les travaux de Pierre Touboul sont récompensés par le prix Marcel Dassault de l'Académie des sciences.

L'ACCÉLÉROMÈTRE AUJOURD'HUI

- La prochaine mission qui embarquera un accéléromètre de l'Onera s'appelle Microscope. - Prévue pour 2008, cette mission du Cnes ambitionne de valider la théorie de la relativité générale d'Einstein et l'universalité du principe de la chute des corps, et ce à une précision jamais atteinte : la quinzième de décimale !

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