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1984, ils lancent l'UGV

Paul Wagner
- L'usinage à grande vitesse mettra dix ans à s'imposer.

«Usiner à grande vitesse, cela se faisait déjà... Mais tout droit ! On ne savait pas prendre les virages. » Au début des années 80, l'état de l'art était tout proche de zéro, se souvient Pierre Tillement, directeur technique de Forest-Liné. « C'est Dassault Aviation qui nous a posé le problème, ajoute-t-il. Le service veille technologique de l'avionneur avait appris que des laboratoires universitaires américains travaillaient sur l'usinage à grande vitesse (UGV). Dès lors, Dassault nous a demandé d'étudier une machine industrielle ! »

Le projet était d'autant plus audacieux qu'il fallait tout inventer. André Greffioz, adjoint de Pierre Tillement, sera le responsable du projet. Mécanicien et spécialiste des vibrations, il assurera la conception mécanique et dynamique de la machine. Pierre Tillement apportera ses compétences en automatisme. En deux ans, une petite équipe de six personnes, renforcée par Daniel Marchand de Dassault, réalise les bancs d'essais. Verdict en 1982 : la machine est réalisable. Il faudra encore deux ans pour la mettre au point.

En 1984, la H1 1350, la première machine UGV du monde, est présentée par Forest-Liné au salon IMTS de Chicago. Un joli coup pour la première participation de ce constructeur au salon américain. Malheureusement, le français a... dix ans d'avance. Surtout que la crise de l'aéronautique limite les investissements. À quoi il faut ajouter qu'un ingénieur américain de Cincinnati a brisé la dynamique américaine en prétendant dans un congrès, en 1984, que l'UGV ne marcherait jamais !

Voilà pourquoi l'UGV n'atteindra finalement les ateliers - à quelques rares exceptions près, dont Dassault - que dans les années 90.

Il faut dire que la machine de 1984, avec sa profusion d'innovations, avait de quoi surprendre : une broche S2M tournait à 45 000 tr/min alors que les broches classiques ne dépassaient pas les 6 000 tr ; une table verticale ; des accélérations de 6 m/s2 quand, en classique, on ne dépassait pas 0,5 m/s2 ; la première CN 32 bits jamais réalisée ; et on a même étudié un portique en carbone... Résultat : des temps d'usinage divisés par quatre ou cinq.

Aujourd'hui consultant, André Greffioz est resté fidèle à la grande vitesse. Il en est sans doute le plus grand expert français. Il conseille les utilisateurs et leur propose des logiciels capables de prévoir le comportement vibratoire de leurs machines.

- 1982 Les bancs d'essais prouvent la faisabilité de l'UGV. - 1984 La première machine est présentée à Chicago. - 1985 Dassault utilise la grande vitesse en production. - 1992 André Greffioz fonde ELPS, société de conseil en procédés spéciaux.

LA GRANDE VITESSE AUJOURD'HUI

- L'arrivée des moteurs linéaires a dopé les vitesses d'axes et les accélérations. - Les machines à cinématique parallèle allègent des masses en mouvement. - La Skymill d'André Greffioz (IT n° 846 page 8) est la première machine qui usine l'aluminium à sec sur pièce profonde.

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