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12 étiqueteuses-poseuses automatiques

ELIANE KAN ET LUDOVIC DE SAINT-MAIXANT redaction@industrie-technologies.com
L'impression et la dépose automatique d'étiquettes sur les produits, cartons et palettes sont déjà très présentes dans l'agroalimentaire, la chimie et la pharmacie. Ces étiqueteuses-poseuses vont se généraliser dans toutes les industries sous la pression réglementaire.

Sécurité des consommateurs et traçabilité obligent, l'étiquetage des produits, cartons et palettes devient incontournable et se généralise sous la pression des réglementations et des donneurs d'ordres. Tous les secteurs de l'industrie sont concernés au grand bonheur des fournisseurs de systèmes d'impression-pose. Installés en fin de chaîne de production, ces équipements impriment à la volée les étiquettes autoadhésives avant de les déposer sur des produits à l'arrêt ou circulant sur des convoyeurs.

De nombreux critères à croiser

Les solutions des fabricants sont de trois types, différenciées selon la méthode de pose : le léchage, le tamponnage et le soufflage. La première traite les longues étiquettes. Elle les dépose grâce à un patin puis les lisse à l'aide d'un rouleau. Avec cette technologie, la vitesse de pose dépend du format des étiquettes. Elle peut atteindre 50 unités par minute, comme le prouve l'ALX73x d'Avery Dennison, l'une des nouveautés du leader du marché. De son côté, le tamponnage consiste à apposer l'étiquette par des patins montés sur vérins pneumatiques. Les vitesses atteignables sont ici moindres, jusqu'à 40 étiquettes par minute. Enfin, le soufflage réside dans la pose d'étiquettes à l'aide d'un jet d'air. Là, les cadences peuvent monter jusqu'à 240 étiquettes par minute. Cette dernière technique intéresse notamment l'étiquetage des surfaces fragiles et les applications de routage ou de mailing. « Tamponnage et soufflage sont fréquemment combinés lorsqu'il s'agit d'estampiller des surfaces molles ou irrégulières comme des sacs de semences », indique François Ficheur, gérant d'Elink, distributeur et intégrateur de matériel du fabricant Label-Aire.

« Le choix d'une solution d'impression-pose dépend de la longueur de l'étiquette à imprimer, de la taille et de la nature du support, de la vitesse d'avancement du produit mais aussi du nombre d'étiquettes à apposer simultanément », résume Guy Collonge, directeur général d'Eticoncept, concepteur intégrateur spécialisé dans l'identification et la traçabilité des codes-barres. Une liste de critère qui ne serait pas exhaustive sans la prise en compte de l'emplacement des étiquettes sur le produit, l'emballage, ou la palette, parfois prédéfini par le donneur d'ordres ou par une norme. C'est notamment le cas dans le secteur de la distribution avec la norme GSI-128 (anciennement EAN 128), qui oblige les industriels à identifier les palettes avec des étiquettes sur les faces avant et latérale. Un jeu d'enfant pour les machines comme l'EuroJumbo d'Etipack spécialement conçues pour ce type d'opération.

La nature des données à imprimer n'est pas non plus négligeable lors de la rédaction d'un cahier des charges d'étiqueteuse-poseuse. À titre d'exemple, en passant au Datamatrix, un code-barres 2D devenu obligatoire en 2011 sur les boîtes de médicament, les industriels de la pharmacie ont dû regarder de près leur machine. En effet, ces codes-barres 2D requièrent une impression d'une résolution de 300 dpi. « Cette résolution constitue une des grandes tendances du marché », souligne Michel Robert, responsable commercial chez Domino, spécialisé dans les équipements pour le marquage industriel.

L'impression joue timidement la couleur

Avant de les coller sur les produits, les solutions d'impression-pose font apparaître le motif voulu à l'aide d'une tête chauffante qui va créer l'image sur l'étiquette soit directement grâce à du papier thermique réagissant à la chaleur (thermique direct) soit via un ruban encreur (transfert thermique). Dans le premier cas, nul besoin d'encre mais le choix du support est limité. Dans le second, l'étiqueteuse-poseuse composera aussi bien avec du vélin, du papier couché, du plastique... et ce avec une qualité d'impression qui ne craint ni la chaleur ni la lumière. Toutes les machines modernes impriment à une vitesse située entre 150 et 400 millimètres par seconde. Lorsque cette vitesse est supérieure à celle de pose des étiquettes sur les produits, un système de stockage intermédiaire peut être mis en place entre l'impression et le collage.

Jusqu'ici monochrome, l'impression via un ruban encreur joue timidement la carte de la couleur. Le besoin existe : la réglementation relative aux produits chimiques requiert d'imprimer sur les étiquettes un pictogramme noir dans un losange rouge afin de signaler la présence d'une substance dangereuse. Les entreprises dotées d'étiqueteuses-poseuses classiques doivent réaliser deux passages d'impression (un pour chaque couleur), ce qui a pour effet immédiat une perte de productivité. Pour répondre à ce problème, l'intégrateur Fitelec Production s'est associé au fabricant Cab, un constructeur allemand spécialiste de l'impression-pose de haute précision. « Nous avons eu l'idée d'intégrer dans une même machine deux têtes d'impression thermique afin d'imprimer en rouge et en noir simultanément », explique Manuel Chambon, responsable commercial de Fitelec. Un développement qui a fait suite au constat d'une demande, de la part de ses clients, de machines plus souples et préréglées afin de répondre aux productions de petites séries. Le contrôle de la qualité d'impression et de la pose des étiquettes codes-barres grâce à un scanner intégré est l'autre tendance du moment. « Cette fonctionnalité intéresse notamment les fournisseurs de la grande distribution qui doivent livrer leurs produits dans des centres logistiques », rapporte Yves Maestrini responsable produit du constructeur Markem-Imaje. Non content d'intégrer en standard un scanner de contrôle, sa nouvelle machine propose une longueur de bobines d'impression plus importante que la moyenne du marché, ce qui réduit la fréquence de changement des dites bobines.

Limiter les changements de ruban sur la ligne de production

Même philosophie du côté d'Avery Dennison qui fournit un système pour basculer d'un dérouleur d'étiquettes à un autre ainsi qu'un économiseur de ruban d'encre. Loin d'être triviales, ces améliorations répondent à une demande massive des utilisateurs qui veulent limiter au minimum les pauses sur la ligne de production. Un besoin bien identifié par les fournisseurs d'étiquettes linerless (en français : sans support). Cette nouvelle génération arbore des rouleaux de 30 à 50 % plus longs grâce à l'absence de la bande siliconée qui supporte les étiquettes dans les solutions classiques. Mais rares sont les machines qui admettent ce type d'étiquettes, exception faite de l'Alcode LL d'Altech.

Ces améliorations continues confortent la bonne résistance des étiquettes (codes-barres et codes 2D) face à l'émergence des puces RFID qui n'ont pas encore atteint le succès annoncé. Et si certains systèmes intègrent déjà l'impression de puces RFID en standard, leur diffusion reste encore limitée. Gageons toutefois que cette offre s'étoffera avec la démocratisation des smartphones capables de lire ces puces. Une innovation qui devrait changer les protocoles de gestion de la logistique.

ÉTENDUE

5,7 milliards de mètres carrés d'étiquettes industrielles ont été posés et imprimées en 2010.

LA PLUS PRÉCISE

HERMÈS + CAB Cette machine offre une précision de pose d'environ 0,2 millimètre, contre 0,5 en moyenne pour ses concurrentes. D'autre part, sa résolution de 600 dpi lui permet d'imprimer des caractères très petits. Elle dispose d'un système de contrôle intégré qui vérifie la bonne lisibilité des caractères. L'étiqueteuse-poseuse de Cab est aussi capable de coller sur toutes les faces des produits qui passent devant elle, même s'ils sont de hauteur variable. Enfin, elle convient aussi bien aux petites comme aux grandes étiquettes. FICHE TECHNIQUE Type d'applicateur Tamponnage Cadence de pose Jusqu'à 40 étiquettes/min Vitesse d'impression jusqu'à 254 mm/s Type d'impression Transfert thermique Type de pose Tous

LA PLUS ERGONOMIQUE

ccSÉRIE 2 200 MARKEM-IMAJE Cette nouvelle gamme comprend différents applicateurs (par soufflage, tamponnage, léchage ou d'angle) aisément interchangeables. Elle répond aux besoins des process en continu fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Toutes les pièces d'usure se changent sans outil. Son logiciel se connecte aisément à la base de données de l'entreprise et assure l'intégrité des transferts. L'opérateur peut même automatiser les phases d'impression en scannant simplement les ordres de fabrication à l'aide d'une douchette. FICHE TECHNIQUE Type d'applicateur Piston, air pulsé, léchage Cadence de pose Jusqu'à 125 étiquettes/min Vitesse d'impression jusqu'à 300 mm/s Type d'impression Transfert thermique, transfert direct Type de pose Côté, dessus, dessous, devant, derrière, sur deux faces adjacentes, angle

LA PLUS PRODUCTIVE

ALX 73X AVERY DENNISON Destinée aux industries agroalimentaire, pharmaceutique et chimique, cette solution d'impression-pose propose trois largeurs d'étiquettes différentes. Rapide, sa vitesse de pose par léchage s'élève à 50 mètres par minute (400 étiquettes/minute). Elle est surtout conçue pour minimiser les arrêts techniques avec une longueur de ruban de 1 000 mètres alliée à un économiseur de ruban. De plus, elle dispose d'un second dérouleur d'étiquettes qui permet de basculer d'un rouleau d'étiquettes à un autre sans arrêt de la machine. FICHE TECHNIQUE Type de pose Léchage Cadence de pose 50 m/min (jusqu'à 400 étiquettes/min) Vitesse d'impression-pose Jusqu'à 400 mm/s Type d'impression Transfert thermique, thermique direct Type de pose Dessus, côté, dessous, version sens droit et gauche

JEAN-NOËL MARIETTE RESPONSABLE DES TRAVAUX NEUFS D'ALLIANCE OCEANE, PRODUCTEUR DE PRODUITS DE LA ME

« Nous envoyons par Wi-Fi les données des étiquettes à imprimer »

« Pour identifier les cartons contenant nos produits, nous nous sommes progressivement équipés de 5 étiqueteuses-poseuses M200 TF 100 du fabricant Domino qui sont venues remplacer nos distributeurs d'étiquettes. Les étiquettes sont imprimées en 200 dpi par transfert thermique puis posées par tamponnage et soufflage sur l'emballage. Un opérateur en fin de ligne vérifie la qualité d'impression avant de placer les cartons sur des palettes d'expédition. La création ou la modification d'étiquettes se fait à partir du PC central du chef d'équipe. Celui-ci envoie ses données aux imprimantes par Wi-Fi sans qu'il soit nécessaire d'arrêter le process industriel. Depuis son poste, l'opérateur peut lui aussi visualiser les étiquettes, les modifier ou les créer, avant de lancer l'impression. »

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