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12 chariots pour tous vos travaux de manutention

WILFRIED MAISY redaction@industrie-technologies.com
Véhicule à gaz ou électrique, à conducteur accompagnant ou porté, fort en électronique ou facile à réparer... L'acquéreur de chariot doit faire face à une multitude de choix techniques, sans oublier le service après-vente et la gestion de parc. Les conseils d'Industrie et Technologies.

Sous la bannière "chariot", on trouve des dizaines de véhicules très disparates, tant en termes d'usages que de prix. Du transpalette manuel à quelques centaines d'euros au chariot à mât qui peut atteindre plus de 25 000 euros, il y a un monde.

Si l'on écarte d'emblée les chariots tout terrain, plus adaptés au domaine agricole qu'industriel, il s'agit de distinguer deux catégories de matériels : les chariots de magasinage (transpalettes, gerbeurs, rétractables et préparateurs de commande) et les chariots à contrepoids (frontaux électriques, chariots thermiques et tracteurs). « Les premiers sont de petits matériels, dédiés à une tâche précise en intérieur. Les seconds sont plus polyvalents, mais plus chers, explique Christophe Lacaze, chef produit magasinier de Fenwick-Linde. S'il existe une bonne centaine de références, un besoin en manutention correspond le plus souvent à un seul modèle de chariot. Dites à un commercial ce que vous manipulez (palettes, sacs, bobines, etc.), dans quel type d'entrepôt (intérieur, extérieur, allées plus ou moins larges), de rayonnage et à quelle hauteur, et il vous dira ce dont vous avez besoin. » Et de préciser d'emblée qu'en termes de prix, « un chariot est d'abord un matériel nu accompagné d'une multitude d'accessoires et d'options : la longueur des fourches et du mât, le type de propulsion, de cabine, de volant, etc. »

Un choix de productivité

Le critère central au moment d'arrêter son choix pour un matériel de manutention, c'est la productivité. « Pour être plus rapide avec un transpalette ou un gerbeur, par exemple, le client s'orientera vers un matériel à plate-forme, où l'opérateur est porté et non pas accompagnant », conseille Christophe Lacaze. Ces deux véhicules simples représentent plus d'un tiers des ventes de chariots en France. Les transpalettes sont dédiés à une application unique : le transfert de charges à l'horizontale. Les gerbeurs (munis d'un mât), savent, en outre, lever une charge jusqu'à 5 mètres. L'opérateur est embarqué en position debout ou assise à un poste de conduite équipé d'un protège-conducteur si la levée est supérieure à 1,80 m. La vitesse est limitée à 16 km/h lorsque l'opérateur est en position debout. Quand le véhicule est "accompagnant", l'opérateur se déplace à côté du chariot et le conduit à partir d'un timon. La vitesse maximale est alors limitée à 6 km/h.

La productivité des engins dépend aussi beaucoup des usages qu'on en fait. Pour charger des camions en déplaçant deux palettes à la fois, il existe aussi des doubles gerbeurs. Ces derniers peuvent lever des charges jusqu'à environ 1,50 m. Pour quérir des colis dans un entrepôt et constituer une commande finale, plusieurs choix s'offrent au logisticien. D'une part, un préparateur de commandes : un chariot de levée inférieure à 1, 20 m, à conducteur debout et dont le poste de conduite peut s'élever. Des commandes extérieures permettent de piloter la translation du chariot et la levée de la charge, sans être au poste de conduite. Le chariot se déplace dans le sens opposé à la charge, qui est derrière le conducteur. D'autre part, un chariot élévateur muni d'un mât frontal le long duquel s'élèvent à la fois la charge et le poste de l'opérateur, jusqu'à 15 mètres de hauteur. Un autre usage courant de ce matériel est le gerbage dans des allées étroites. Dans ce cas, les fourches peuvent être orientables, et rétractables afin de mieux entrer dans un rack de stockage.

Enfin, le chariot "frontal" est, lui, bon à tout faire : préparation de commandes ou stockage à l'intérieur ou à l'extérieur. La charge, palettisée ou non, est placée en porte-à-faux par rapport aux roues et est équilibrée par la masse du chariot. Muni d'un mât inclinable face au poste de conduite, il peut lever des charges jusqu'à environ 5 mètres pour un usage principalement magasinier. Sa propulsion est électrique ou thermique (gaz ou diesel) et sa vitesse de déplacement se limite à 25 km/h. Les modèles électriques sont utilisés en intérieur, et les thermiques en extérieur. Si vous voulez un chariot à utilisation mixte, prenez plutôt un modèle à gaz, et si son exploitation est uniquement externe, un diesel, à cause des émissions polluantes.

ccSécurité oblige

Bien choisir son chariot, c'est donc bien déterminer son besoin, engager une réflexion sur la productivité, mais aussi sur la sécurité et l'ergonomie. Car il y a encore trop d'accidents de manutention liés à l'utilisation des chariots. Le coût est à la fois humain et matériel. « Deux tiers des accidents mortels sont dus à un choc avec un piéton, note Olivier François, secrétaire général adjoint pôle technique au Syndicat des équipements pour construction, infrastructures, sidérurgie et manutention (Cisma). Les fabricants travaillent beaucoup sur la visibilité de l'opérateur : le siège inclinable, la cabine qui tourne, etc. Ils progressent aussi beaucoup sur la stabilité, la suspension, le contrôle de la vitesse en fonction de la hauteur des fourches et de la charge. Les commandes sont simplifiées. La maintenance est facilitée par un meilleur accès à la batterie et au moteur. »

Sans surprise, les modèles récents, bourrés d'électronique et de capteurs, sont les mieux sécurisés. « Les chariots les plus sûrs restent les chariots sans conducteur, estime Olivier François. Ils sont très chers, mais le retour sur investissement est rapide. » Ces véhicules se déplacent dans un environnement dédié et connu a priori, sur des trajets figés. Jean-Luc Thomé, le PDG du fabricant BA Systemes, en souligne les avantages : « Leur durée de vie est de plus de dix ans, et leur exploitation en 2 x 8 ou 3 x 8. Il n'y a pas d'arrêts de travail. »

Pour se faire une idée juste du coût de revient, l'acheteur de chariot doit considérer l'acquisition globale d'un matériel, y compris le service après-vente et la maintenance. Force est de constater que sur le terrain, beaucoup d'utilisateurs se tournent souvent vers des machines simples et robustes, sans artifice électronique. Leurs avantages : une mécanique basique, fondée sur des composants qui ont fait leurs preuves, avec un moteur industriel, des pompes hydrauliques classiques et une transmission par conversion de couples. Ces chariots nécessitent peu d'entretien. Ils peuvent être réparés en interne en cas de besoin, car ils sont accessibles à des techniciens non électroniciens.

Évaluer le coût de la maintenance

À l'inverse, le tout électronique a aussi ses avantages. Les chariots récents affichent une baisse de la consommation de carburant grâce à un pilotage plus fin des régimes moteur. Chez les principaux constructeurs, chaque appareil est doté d'une prise de diagnostic et d'un logiciel associé. Cela permet d'aller plus vite à la source d'une panne. La "valise" du technicien remonte automatiquement les codes d'erreurs. Sur son ordinateur, le réparateur peut vérifier immédiatement qu'il dispose des pièces nécessaires en stock. Grâce à des dispositifs de ce type, les constructeurs garantissent des immobilisations inférieures à quarante-huit heures, voire vingt-quatre heures. Dans le cadre de contrats de location longue durée "full service", de plus en plus d'industriels demandent même une prestation de gestion complète des parcs, incluant l'entretien, la maintenance, l'anticipation des visites périodiques, et même une analyse des coûts d'exploitation. Du chariot clés en main en quelque sorte...

LES MODÈLES RÉCENTS, BOURRÉS D'ÉLECTRONIQUE ET DE CAPTEURS, SONT LES MIEUX SÉCURISÉS.

Quand le chariot chute...

Après une année 2007 historique, le monde de la manutention ressent les contrecoups de la crise à l'image de ses clients industriels. Selon le Cisma (syndicat de la profession), « 2008 restera gravée dans les mémoires par la brutalité du retournement du marché ». La production de chariots a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 1,783 milliard d'euros, soit une baisse de 6 %. Le marché français est redescendu sous la barre des 60 000 matériels vendus. Pour 2009, le Cisma prévoit une baisse de 12 %. Au niveau mondial, les principaux constructeurs sont Toyota (marques BT, Cesab), Kion (Fenwick-Linde, Still, OM), Jungheinrich et Nacco (Yale, Hyster).

LE PLUS AUTONOME

CHARIOTS AVG BA SYSTEMES Il fait les 3 x 8 Les chariots sans conducteur AGV (Automated Guided Vehicles) sont des véhicules alimentés par batteries et équipés de systèmes de guidage automatiques. Ils sont programmés pour suivre un circuit qui peut être facilement modifié ou agrandi. Les AGV transportent des palettes, des bobines et des containers dans des usines et des installations automatisées. Un système AGV peut compter plus ou moins de véhicules ; il peut gérer aussi bien des prises et déposes basiques qu'une installation complexe avec des véhicules supervisés par un PC et pouvant s'interfacer automatiquement avec d'autres machines de fabrication automatisées. Les AGV peuvent fonctionner 24 heures/24 et 7 jours/7 sans s'arrêter. FICHE TECHNIQUE Capacité de charge : 1,5 à 1,8 t Levée de fourche : 10 m Vitesse : 5,4 à 7 km/h Prix : 50 000 à 150 000 euros HT

LE PLUS SOBRE

RX 70 HYBRIDE STILL Il ne consomme que 2 litres à l'heure Conçu sur la base d'un chariot RX70, le modèle Hybride utilise deux modes de production et de stockage d'énergie distincts. En plus de son réservoir de gazole, il intègre un système de récupération et de stockage de l'énergie électrique. À l'arrière du chariot, les condensateurs "SuperCaps" emmagasinent et restituent l'énergie électrique rapidement, offrant de fortes accélérations en mode Boost. Still met en avant « des accélérations parfaitement silencieuses et une moindre usure du moteur, permettant de prolonger les intervalles de maintenance ». Le RX 70 Hybride convient à tous les secteurs d'activité nécessitant un grand nombre d'accélérations et de freinages. FICHE TECHNIQUE Capacité de charge : 1,6 à 2 t Levée de fourches : 3,230 m Vitesse : 20 km/h Prix : 18 000 euros HT

LE PLUS SÛR

T16-T20 ET L10-L12 FENWICK Il est équipé d'un limiteur de vitesse Ces transpalettes et gerbeurs sont dotés de Sinergo, technologie qui contrôle la vitesse maximale du chariot en fonction de la distance qui sépare l'opérateur de sa machine. Le système électronique durcit le timon en fin d'inclinaison, afin d'éviter les arrêts brusques et intempestifs. Une fonction de vitesse lente permet aussi de manoeuvrer dans les espaces exigus sans incliner le timon. Sur les gerbeurs, la fonction de levée proportionnelle Optilift contrôle la vitesse de levée des fourches et leur position. Ces chariots sont équipés d'un dispositif de diagnostic et de contrôle d'accès. FICHE TECHNIQUE Capacité de charge : 1,6 à 2 t (T16-T20) et 1,0 à 1,2 t (L10-L12) Levée de fourches : 0,13 m (T16-T20) et 4,40 m (L10-L12) Vitesse : 6 km/h Prix : à partir de 5 418 E HT (T16-T20) et à partir de 6 888 E HT (L10-L12)

SÉBASTIEN VALOGGIA PRÉSIDENT DE L4 3PL, PRESTATAIRE LOGISTIQUE« Nous avons opté pour une location tout compris »

« Nous faisons l'acquisition de chariots de manutention en mode full service, c'est-à-dire en location sur cinq ans, entretien compris. Nous privilégions des chariots polyvalents, qui permettent une hauteur de levée importante : des véhicules à mâts rétractables montant jusqu'à 10 mètres. Ainsi, les matériels peuvent être exploités sur des sites de différentes dimensions. Nous ne prenons pas d'options inutiles. En revanche, nous sommes très attachés aux équipements améliorant la productivité, la sécurité et l'ergonomie. Par exemple, nous optons pour des nacelles inclinables, qui permettent à l'opérateur de mieux voir lorsque la marchandise est élevée. En outre, nous choisissons des chariots à limitation de vitesse en fonction de la hauteur de charge. Plus il y a d'électronique, plus il est bon d'être sous contrat de maintenance. »

Pour FCA, la précision du matériel est le critère numéro 1

Avec 19 000 m2 de bâtiments couverts, le producteur d'aérosols FCA, basé à Tournon (Ardèche) entretient une flotte de 24 chariots. « Nous les utilisons dans l'entrepôt de conditionnement et de matières ainsi que dans la zone de stockage des produits finis avant expédition », précise Franck Bonnet, le directeur général de FCA. Il dispose de quatorze chariots de magasinage Hyster choisis pour leur capacité de batterie, de cinq matériels à contrepoidset de cinq chariots thermiques. « Nous recherchions une grande précision du matériel lors des mouvements de palettes et un système de filoguidage fonctionnant parfaitement avec des matériels tridirectionnels. Côté maintenance, nous constatons un service de proximité irréprochable et proactif, assuré par des experts connaissant bien ces matériels. »

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