Veille technologique

pour les professionnels de l’industrie
S’abonner

S’inscrire à l’hebdo de la techno :

Rechercher sur Industrie & Technologies

Facebook Twitter Google + Linkedin Email
×

partager sur les réseaux sociaux

Adas simplifie la chaine de production des moyens d’essais

| | | | |

Par publié le à 17h34

Adas simplifie la chaine de production des moyens d’essais

Créer facilement des outils de supervision d'essais

Rencontre avec Alain Lainé, responsable de l’activité Adas au sein du groupe Nexaya qui a mis au point un environnement de développement intuitif de moyens d’essais. L’objectif est de réduire les temps de développement en donnant à l’ingénieur d’essais la possibilité de développer ses outils de supervision en utilisant le langage naturel.
 

« En écoutant nos clients tels Airbus, nous avons constaté qu’en général, le temps de production des moyens d’essais des équipements est prohibitif. Entre l’expression de besoin par l’ingénieur d’essais et la mise à disponibilité du moyen, il se passe trop de temps. Et deuxièmement, le coût de développement de ces moyens est considéré comme beaucoup trop important. D’où l’idée de donner à l’ingénieur d’essais le moyen de développer lui-même ses outils de supervision d’essais, sans avoir besoin de s’adresser à une équipe de nombreux informaticiens ou de le transformer en informaticien », explique Alain Lainé responsable de l’activité Adas au sein du groupe Nexaya, spécialisée dans les domaines de la mesure, de la télémesure, du conditionnement de signal.

Les industriels qui ont testé beaucoup d’outils de supervision d’essais ont constaté que les ingénieurs doivent trop souvent faire du développement et apprendre des langages, ce qui prend beaucoup de temps. Le moyen pour éviter cela est d’utiliser le langage naturel sous sa forme la plus simple : sujet – verbe- complément. « Ce n’est pas simple car un langage par définition non déterministe doit devenir déterministe, car un mot doit vouloir dire une seule chose ».

Il ne faut pas non plus que le système impose le langage, mais que ce soit l’objectif à atteindre qui impose le langage. Un verbe utilisé avec tel objet à une signification, s’il est utilisé avec un autre objet, il a une autre signification. « Taper ne veut pas dire la même chose si l’on a un marteau en main ou si l’on se trouve devant un clavier ».

Il a fallut beaucoup de développements à Adas pour arriver à un produit générique baptisé Kallisté. Mais le résultat semble probant puisque Airbus ou le Cern ont sélectionné Kalliste comme environnement de développement dédié aux ingénieurs d’essais.

Une programmation intuitive

Les technologies orientées objets utilisées (les notions d’héritage, de polymorphisme…) sont totalement transparentes pour l’utilisateur qui se retrouve devant un environnement de développement, avec lequel il peut créer rapidement l’application dont il a besoin. Il se retrouve devant un écran comportant des objets [Affichages (analogiques, numérique), Contrôles (boutons…), Atomes (objets mathématique sans présence physique à l’écran), Drivers (interface avec les systèmes physiques)…] qui ont trois interfaces modifiables par l’utilisateurs : des propriétés statiques ou dynamiques ; des fonctions (ici les verbes) ; de la remontée d’événements. « En fait, on est en présence d’un système de programmation événementiel utilisant le langage humain ».

Il suffit ensuite de sélectionner dans les listes qu’ils proposent et d’attribuer des ‘‘jobs’’ aux différents objets et de les lier entre eux : telle action sur tel objet déclenche telle réaction sur tel autre, par exemple le rotation du potentiomètre produit un déplacement de l’aiguille du galvanomètre. Le tout se fait de manière graphique par cliquer/déplacer sans avoir à programmer ou à saisir des liaisons.

De plus, Kallisté est totalement indépendant des types de données. L’utilisateur manipule des volts, des intensités, des accélérations, il n’a pas à se soucier de leur codage informatique (nombres flottants, chaînes de caractères, etc.).

Le code généré automatiquement par le système se retrouve sous forme de phrases en langage naturel directement compréhensibles par l’utilisateur ou par un autre ingénieur sans qu’il soit nécessaire d’apprendre un langage ou des acronymes. « C’est ce qui était recherché, avoir un texte facilement lisible et compréhensible ».

500 licences par an

Les applications ainsi développées sont utilisables sous forme d’exécutables sur la machine où elles ont été créées, mais elles sont aussi portables sur d’autres machines en créant un fichier de set-up avec toute l’application. Aucune licence n’est alors nécessaire pour faire tourner ces exécutables.

Kallisté est aussi proposé avec un kit de développement pour que les utilisateurs les plus ‘‘pointus’’ puissent créer leurs propres objets, afin de répondre à des besoins très spécifiques, car Kallisté veut rester un logiciel généraliste. Kallisté dispose aussi d’une interface IVI pour les drivers des matériels d’instrumentation utilisant ce standard.

La version 1.0 de Kallisté est disponible depuis avril et est téléchargeable sur le site. La licence unitaire Kallisté User pour un ingénieur d’essais est proposée à 1 000 €. Le prix passe à 2 500 € pour une version Kallisté Pro servant à développer des exécutables vendus à l’extérieur. Mais c’est la partie émergée de l’iceberg, car Kallisté va aider Adas à vendre des stations de télémesure qui coutent aux alentours de 35 k€.

Le point d’équilibre de l’activité Kallisté à horizon 2014 est aux alentours de 500 licences vendues par an. Cela permettra de rémunérer les investissements faits pour le développement : 230 k€ pour la version 1.0 auxquels il faut ajouter 420 € pour la version 2.0. Cela permettra aussi de maintenir à terme une équipe de développement de 3 à 4 personnes à temps plein pour faire évoluer le produit.

S’intégrer dans de grands moyens d’essais

« Les grands moyens d’essais, surtout en aéronautique, n’utilisent pas des logiciels de supervision standard pour deux raisons fondamentales : ils utilisent des sources de données excessivement hétérogènes avec des formats particuliers ; la masse de données est énorme. C’est pourquoi les équipements de test ne dialoguent pas directement avec le logiciel de supervision, mais avec une base de données temps réel qui prend les données des capteurs et les redistribue à tous les consommateurs dont le logiciel de supervision. Vous n’aurez jamais sur un avion un logiciel de supervision qui discute directement avec le capteur ».

« Sur de tels moyens d’essais, il y a aussi un problème de synchronisation des données, notamment entre les valeurs mesurées et les enregistrements vidéo des phénomènes à étudier (vibrations…) ».

Déjà en Chine

« Outre nos relations privilégiées avec Airbus, on travaille sur un projet Eurostar du Cern pour la supervision du suivi des opérateurs de maintenance du capteur Atlas qui doit détecter le Boson de Higgs. On retrouve aussi Kallisté dans les laboratoires des forces aériennes de l’Afrique du Sud, dans les laboratoires d’essais de Shanghai Aircraft pour le développement du Comac C919. Et pleins d’autres marchés s’ouvrent en Inde, en Turquie, en Italie, en Grande-Bretagne. Notons d’ailleurs que les avionneurs tel Airbus nous demandent de proposer rapidement une version Linux. Nous allons aussi en profiter pour proposer des versions Macintosh ainsi qu’Androïd pour les tablettes ».

Pour le moment, Kallisté reste très orienté vers la mesure physique plutôt dans le domaine aéronautique et n’a pas été développé pour venir en concurrence de systèmes tels MatLab, LabView ou EasyLab. A tel point qu’un grand fournisseur d’instruments de mesure est entrain de mettre Kallisté à son catalogue de produits partenaires, pour éviter de faire entrer ces produits concurrents chez ses clients.

Belle réussite pour une PME française.

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.adas.fr & http://www.kalliste-soft.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.
 

Abonnez-vous et accédez à l’intégralité de la veille technologique

Commentaires

Réagissez à cet article

* Informations obligatoires

erreur

erreur

erreur