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A Saint-Germain en Laye, iXblue conçoit la navigation inertielle du futur

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Par publié le à 08h53

A Saint-Germain en Laye, iXblue conçoit la navigation inertielle du futur

L'ETI iXblue a inaugiré, jeudi 1er septembre, son nouveau centre technologique, baptisé iXcampus, à Saint-Germain-en-Laye.

L'ETI iXblue a inauguré, jeudi 1er septembre, son nouveau centre technologique, baptisé iXcampus, à Saint-Germain-en-Laye. Le centre, qui compte 250 salariés, est dédié à la fabrication de centrales inertielles de très haute performance basées sur des gyroscopes à fibre optique. 

iXblue en chiffres

Plus de 600 collaborateurs

Plus de 100 millions de chiffre d’affaires

50% dans le civil. 50% dans le militaire.

80% réalisé à l’international

50% du CA issu des centrales inertielles

20% du CA investi en R&D chaque année

300 ingénieurs et docteurs

6 sites industriels

 

« iXblue est une entreprise animée par les mers ». Ce sont les mots du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lors de l’inauguration du nouveau centre technologique de la société iXblue, jeudi 1er septembre. Cette ETI est aussi une véritable pépite technologique. Sa volonté d’explorer les fonds marins l’a poussée à développer deux expertises de pointe : la navigation inertielle et l’acoustique sous-marine. Et pour repousser les limites de ses performances, iXblue a lancé, il y a un an, un chantier d’envergure : mettre sur pied un véritable campus technologique. Le projet, baptisé iXcampus, a consisté à rénover 7000 m² de bureaux existants et à construire un nouveau bâtiment pour accueillir davantage d’équipements.

Se repérer et évoluer dans des milieux hostiles

Situé à deux pas du lycée international de Saint-Germain-en-Laye, l’iXcampus est dédié aux centrales inertielles. Ces systèmes permettent de détecter les mouvements linéaires et angulaires selon trois axes (x, y et z). Ils permettent ainsi de trouver un cap et de le maintenir. Milieu sous-marin, aéronautique, spatial, zones terrestres… La centrale inertielle permet de se repérer et d’évoluer dans des environnements hostiles, là où le GPS ne fonctionne pas. « Cette technologie nous rend indépendant de toute autre solution. (…) La centrale inertielle est une garantie de notre souveraineté. Elle a un caractère stratégique pour notre pays, pour notre défense » a insisté Jean-Yves Le Drian.

A l’intérieur d’une centrale inertielle, on retrouve trois accéléromètres et trois gyroscopes. Chez iXblue, il s’agit de gyroscopes à fibre optique. Dans le jargon, on parle de FOG. Ces derniers se distinguent notamment des gyromètres laser car ils ne contiennent aucune pièce mobile. Pour mettre au point des FOG de très haute performance, iXblue a développé une stratégie d’intégration verticale de bout en bout, en absorbant plusieurs entreprises. Ainsi, une première société, basée à Lanion, conçoit des fibres optiques spécifiques. Une seconde, située à Besançon, est spécialisée dans les circuits optiques intégrés. Ces deux éléments sont assemblés sur l’iXcampus de Saint-Germain-en-Laye. Il faut ensuite connecter cet ensemble à la source lumineuse, puis viennent l’intégration électronique et l’intégration mécanique. « Le développement des machines que nous utilisons a été extrêmement coûteux. Mais nous avons pu bénéficier de tous les investissements réalisés par les télécoms »,  raconte Philippe Debaillon-Vesque, président d’iXblue, en passant devant les différents ateliers. 

Une dalle de béton intelligente

La dernière étape de fabrication s’effectue dans un couloir de tests où différentes machines permettent de simuler n’importe quel environnement. « Ici, les composants sont calibrés, mesurés, et vérifiés. Nous nous assurons qu’ils tiennent les spécifications que nous vendons à nos clients », résume Philippe Debaillon-Vesque. Dans cette zone, on trouve un bol vibrant, quatre simulateurs de mouvements et une cinquantaine d’étuves. « Elles nous permettent de tester nos systèmes en températures, de -40 à +80°C. Cela a nécessité l’installation d’un dispositif frigorifique sur le toit du bâtiment et en sous-sol », détaille Julien Lalanne, en charge du marketing.

L’ensemble de ces équipements se trouve dans le nouveau bâtiment. Celui-ci a été conçu sur une dalle antisismique. Il ne touche donc pas le sol. « Il repose sur un bloc de béton de 35 tonnes qui repose lui-même sur une sorte de coussin d’air » précise Julien Lalane. Cette conception permet ainsi de ne pas propager les vibrations générées par le bol vibrant au reste du bâtiment et de d’isoler l'édifice de toutes vibrations externes.

Des recherches sur l'atome froid

Grâce à ce savoir-faire, iXblue a mis au point le Marins M7. Selon l'entreprise, il s'agit du système de navigation inertielle sans pièce mobile le plus performant au monde, avec une dérive de moins d’une nautique en 72 heures. « Au début, une centrale inertielle est calée avec un GPS. Mais une centrale dérive naturellement. Tout l’enjeu consiste donc à obtenir la plus petite dérive possible dans le temps. Avec ce système, un sous-marin n’aura besoin de refaire surface qu’au bout de 72 heures pour se recaler avec un GPS » explique Julien Lalanne. Cette technologie de pointe a notamment séduit la Royal Navy qui a décidé d'équiper 35 bâtiments de surface et sous-marins. « Dans nos laboratoires, nous sommes parvenus à atteindre une dérive de moins d’une nautique en 36 jours. Ce sont des conditions de laboratoire bien sûr, mais nous sommes persuadés que, demain, il sera possible de rester immergé pendant plusieurs semaines », assure Julien Lalanne.

Et pour gagner toujours plus en performance, iXblue planche déjà sur une technologie basée sur les atomes froids, en collaboration avec un laboratoire bordelais. L’objectif est d’utiliser les propriétés quantiques des atomes refroidis à très basse température (quelques microdegrés au-dessus du zéro absolu) pour gagner plusieurs ordres de grandeur de précision, par rapport à l'existant. « Peut-être que l’atome froid, c’est le FOG de demain. Peut-être que le FOG va disparaître ! », conclut, souriant, Philippe Debaillon-Vesque, visiblement ravi que son entreprise soit identifiée comme un élément perturbateur...

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