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A Nantes, un logement social imprimé en 3D

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Par publié le à 12h31

A Nantes, un logement social imprimé en 3D

A Nantes, un logement social imprimé en 3D.

Une équipe de l'Université de Nantes est parvenue à imprimer en 3D un logement en béton de 95 m2. Habitable, la bâtisse - à vocation sociale - doit encore subir des tests pendant un an avant d'accueillir ses premiers occupants.

 

L’impression 3D signera-t-elle l’avenir de l’habitat ? Les projets se multiplient en tout cas. Dernier en date : celui mené par l’Université de Nantes. Dans le cadre de la Digital week, lancée par la commune armoricaine, les chercheurs de l’IRCCyn (Institut de recherche en communication et cybernétique de Nantes) et les ingénieurs de la société Capacité SAS, spin-off de l’Université, ont  entrepris de bâtir un logement de 95 m2 à l’aide d’une imprimante 3D.

 

Trois jours durant, le robot industriel - un grand bras polyarticulé doté d’une buse et monté sur un AGV afin de pouvoir se déplacer - a oeuvré dans le quartier de la Bottière afin d’édifier les murs porteurs d’un futur logement social. “Trois jours, ce n’est rien. Sur un chantier classique, il nous faudrait 3 semaines, souligne Benoît Furet, porteur du projet. Mais si on travaillait sans s’arrêter, on achèverait de l’imprimer en seulement 33 heures”.

 

 

Menée par Benoît Furet, l’équipe réunie autour du projet “Ynhova Batiprint 3D” n’en est pas à son coup d’essai. Déjà en 2015, les ingénieurs de la société Capacité SAS étaient parvenus à fabriquer en 30 minutes un habitat d’urgence de 3 m de hauteur sur 3M2  au sol. “Celui-ci était uniquement en polymère. Mais imprimer en béton, c’est une première !”, se réjouit le chercheur.

La Russie et la Chine ont été les premiers à se frotter à l’impression de béton en 3D. Et quelques projets ont également germé en France ces dernières années. Mais, à la différence du projet nantais, les logements construits ne sont pas certifiés. Et l'on ne peut donc y habiter. “Le nôtre répond aux normes en vigueur, elle a passé les essais de résistance au feu, les tests mécaniques... pour recevoir l’attestation du Centre scientifique et technique du bâtiment, défend l’enseignant-chercheur. Ce n’est pas un prototype”.

 

Arrondir les angles

 

Le projet nantais se distingue également par le procédé employé. A la différence des autres bâtiments esquissés, pour lesquels le béton est directement coulé couche par couche, la bâtisse est ici construite en deux étapes successives grâce à la technologie Batiprint, pour laquelle l’Université a déposé un brevet. Guidé par un capteur laser, le bras articulé vient d’abord imprimer par couches successives deux parois parallèles de polyuréthane, afin de former un coffrage, selon les plans de la maquette numérique. Un béton autoplaçant est ensuite coulé au creux de l’espace créé. “L’avantage, c’est que nous n’avons pas à attendre que la première couche de béton sèche pour imprimer la seconde. Chez nous, le béton est maintenu par le polymère extérieur. Cela nous permet d’être plus rapide, mais aussi de garantir une bonne isolation, le polyuréthane étant un très bon isolant”, explique Benoît Furet.

 

Afin d’améliorer encore l’efficacité énergétique de ce T5 particulier, l’équipe a également choisi d’en arrondir les angles. “Dans toute maison, les problèmes de discontinuité thermiques génèrent de la condensation ou de l’humidité dans les coins. Or, avec l’impression 3D, nous ne sommes plus contraints par les formes rectangulaires des parpaings. Nous avons donc proposé à l’architecte d’arrondir les angles du logement afin d’en améliorer le confort thermique”.

Les premiers habitants devront cependant patienter encore quelques temps avant d’emmenager. Trois mois de travaux sont encore nécessaires afin de réaliser les finitions sur cette maison “à l’aspect chamallow”. Un placo sera posé à l’intérieur de l’enceinte et un enduit recouvrira directement la mousse de polyuréthane. La bâtisse, estimée à 195 000 euros (TTC), restera ensuite, pendant un an, sous observation scientifique. Capteurs et équipements de domotique y seront installés afin d’évaluer le comportement des matériaux et la qualité thermique et acoustique du logement.

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