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Tesla, Paypal, SpaceX... Les quatre principes d'innovation de Monsieur Musk

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Par publié le à 09h40 , mise à jour le 24/02/2014 à 16h22

Elon Musk

Ses entreprises affichent des succès insolents. Que ce soit Paypal dans la banque, Tesla dans l'automobile ou SpaceX dans le spatial, elles ont réussi à réinventer le marché sur lequel elles évoluent. Une réussite qui ne doit rien au hasard et tout à une approche originale de l'innovation. Voici la méthode Elon Musk.

Tony Stark, le fantasque industriel du blockbuster "Iron Man" existe bel et bien. Son nom ? Elon Musk. Son âge ? 42 ans. Sa profession ? Inventeur de génie, comme dans le film. La seule différence, finalement, entre la fiction et la réalité, c’est le domaine où le « vrai » Tony Stark exerce ses talents. Elon Musk n’a pas sévi dans l’industrie de l’armement mais dans de multiples secteurs beaucoup plus inoffensifs : le service de paiement en ligne Paypal, le constructeur de voitures électriques Tesla Motors, les lanceurs spatiaux avec SpaceX et quelques autres projets fantasques comme l’hyperloop.

L’entrepreneur californien, que certains comparent voire placent au-dessus de Steve Jobs, n’est pas un Géo Trouvetou incontrôlable. Bosseur acharné (il affirme qu’en dessous de 80 heures de travail par semaine, on n’a aucune chance d’innover !), ce titulaire d’un doctorat de physique de l’université de Stanford s’est forgé sa propre méthode de management de l’innovation. Inspirée par ses lectures et les enseignements reçus lors de son cursus universitaire, elle lui a permis de changer radicalement la donne dans les secteurs où il a pris pied. Au fil des entretiens qu’il a donnés ici ou là dans la presse américaine, on voit apparaître quelques piliers à la "méthode Musk".

1° pilier. L’obsession de la question

Dans sa jeunesse, Elon Musk a dévoré le récit de science-fiction "The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy". Ce livre lui a appris à d’abord poser la bonne question et à ne pas rechercher systématiquement la bonne réponse. "Trouver la question est plus difficile que de trouver la réponse. Si vous pouvez formuler correctement la question à un problème posé alors la solution jaillira naturellement."

2° pilier. Le passé est mauvais conseiller

La deuxième loi à laquelle s’astreint Elon Musk est de raisonner selon la théorie des premiers principes. Cette méthode permet, en physique, de résoudre les problèmes en repartant des lois ou des vérités de base. "C’est une manière "physique" de regarder le monde en se forçant à ne pas raisonner par analogie, à ne pas faire référence au passé pour analyser les défis du présent, explique Elon Musk. Si l’on prend le cas des batteries, la plupart des gens disent qu’elles sont très onéreuses parce que ce fut le cas dans le passé et qu’il sera difficile de faire baisser les coûts. Mais, si l’on utilise la théorie des "premiers principes", on pensera autrement, en se demandant : "quels matériaux constituent la batterie ? Quelle est leur valeur sur les marchés ?" On se demandera aussi : "doit-on les acheter en direct ? Les remplacer pour réussir à produire une batterie meilleur marché ?" Pour l’industriel, ce questionnement permanent permet de pousser la réflexion très loin, de casser les idées reçues ou préconçues pour réinventer un produit. Et d’éviter de tomber dans le syndrome du "me-too" où l’on cherche à réinventer le "Facebook de…" ou le "nouveau Google". Si l’on prend le cas de Tesla, la méthode a fait ses preuves. L’entreprise réussit à développer un nouveau modèle en deux ans pour 650 millions de dollars. C’est deux fois mieux que l’industrie automobile classique qui met entre 3 et 5 ans à sortir un modèle et débourse 1 à 1,5 milliard.

3° pilier. La tactique de la critique

Pour jauger réellement ses produits, Elon Musk interroge ses amis proches. Il ne leur demande pas ce qu’ils pensent de ses produits, ni ce qu’ils aiment mais ce qu’ils n’apprécient pas. C’est parfois douloureux à entendre mais c’est toujours profitable car cette critique négative sera faite dans un bon état d’esprit. Cette tactique permet aussi d’aller assez loin dans la mise au point d’une nouvelle innovation et de travailler des détails qui vous semblent anecdotiques mais qui ne le sont pas pour les utilisateurs.

4° pilier. La théorie du chaos

Tout vouloir contrôler et régenter est contre-productif. Pour susciter l’esprit d’innovation dans une organisation, il faut savoir la laisser respirer, estime Elon Musk. "Il faut surtout laisser de la place à l’échec, assure l’industriel. Car une innovation par nature entraînera de nombreux dysfonctionnements." Des dysfonctionnements fertiles comme le prouve l’incroyable réussite de ce nouveau Steve Jobs !

Thibaut De Jaegher

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Commentaires

2 réactions

gabriel
Le 24/02/2014 à 12h33
Ces 4 piliers sont les parties visibles d'un mode de fonctionnement très différent des structures pyramidales traditionnelles. Fonctionner dans le chaos et des environnements techniques complexes, sans reproduire le passé nécessite de fonctionner avec une autre forme d'intelligence collective.

Gugu
Le 25/02/2014 à 09h28
Mais est-ce qu'il demande à ses collaborateurs de faire du reporting? Combien d'échelons hiérarchiques dans ses organisations? Et s'il ne faut pas faire de "me too" alors il restera unique et les autres continueront à faire comme avant! Il serait intéressant d'entendre ses réflexions concernant la "transition énergétique"; j'ai comme l'impression qu'en la matière les questions mal posées sont légion. Ah si l'on pouvait mettre des éoliennes derrière les gens qui s'agitent inutilement, la question serait résolue

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