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Redbird : des drones pour l'industrie

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Par publié le à 17h17

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Les drones de redbird réalisent des relévés de topographie sur les chantiers

Les drones civils se développent tous azimuts. Exemple avec Redbird, une compagnie qui propose des services très pointus de traitement d’images et d’analyse de données dans le domaine des transports, des travaux publics et de l’agriculture.

Les drones civils ont la côte en France. L’Hexagone peut même se targuer d’être en avance dans le domaine, après s’être laissé totalement dépasser par les Américains et Israël sur les drones militaires. C’est en effet le premier pays à s’être doté d’une réglementation claire sur l’utilisation des drones dans l’espace aérien, en 2012. Depuis, le nombre de constructeurs et d’offres de services dans le secteur est en plein boom, près de 300 en an et demi. Il s’agit pour beaucoup de très petites entreprises, constituées d’une ou deux personnes proposant les services d'un drone "customisé", souvent pour des applications de prise de photographies ou de vidéos aériennes, par exemple pour les médias. D'autres entreprises proposent des services à haute valeur ajoutée pour les industriels. C'est le cas de Redbird, créée en 2012. Ses 12 salariés sont essentiellement des informaticiens spécialistes du traitement de données, le cœur de métier de l'entreprise. «  L’aéronautique est le vecteur mais notre véritable offre de service concerne le traitement des données que nous récoltons », souligne Benjamin Hugonet, cofondateur de Redbird. L’entreprise n'a pas construit les six drones qu'elle utilise, mais concentre ses efforts sur la récolte des données et à leur traitement.

Relever les cubatures dans les chantiers

La start-up réalise notamment des relevés topographiques (3D) dans les carrières. Grâce à un plan de vol conçu à cet effet, le drone réalise les photos d’un terrain sous plusieurs angles. « Nous prenons des photos d’angles différents, qui se recouvrent entre elles sur près de 80% de la surface totale. Cela nous permet par stéréoscopie de réaliser des modèles 3D de la surface. Pour une surface de 100 hectares, il nous faut 45 minutes pour prendre les photos, plus 1h30 pour les calculs », détaille Benjamin Hugonet. Cela permet par exemple de relever la cubature de déblais, de manière à en connaître précisément le tonnage. De la même manière, la technologie permet de digitaliser les fronts de taille des carrières ou d’analyser les pentes des pistes. « Nous finalisons une offre d’analyse de consommation des camions sur les chantiers. A partir des données sur l’état du terrain, nous pourrions conseiller les entrepreneurs sur ce qu’il faut faire sur les pistes pour faire baisser leur consommation ».

Relevé des fronts de taille d'une carrière de calcaire

Contrôler le niveau de bitume

Dans le domaine des transports, Redbird travaille à l’utilisation de ses drones pour le contrôle du dépôt de bitume lors de la construction des routes. « Les matériaux bitumineux sont très chers, et l’homogénéité du dépôt est essentiel à la qualité de la route. Aussi leur contrôle demande-t-il des précisions millimétriques. » Pour les routes, comme pour les chantiers, Redbird travaille sur l’utilisation par ses drones du Lidar, une technologie capable de prendre par laser jusqu’à 1000 points par mètre carré.

Suivre l’état de santé des végétaux

Dans le domaine agricole, Redbird veut profiter de l’avantage des drones sur les satellites et offre des services de suivi de parcelles grâce aux drones. Selon la bande spectrale réfléchie et captée par le drone, il est possible de différencier différentes variétés dans une même parcelle et de suivre leur état de santé, de manière par exemple à mettre plus ou moins d’engrais en fonction des végétaux. Encore faut-il être sûr de l’intérêt de l’opération. « Notre plus gros concurrent est l’agriculteur lui-même. Pour nombre d’opérations, il est plus simple pour lui de se déplacer directement. Nous cherchons alors à apporter de l’information qui n’est pas accessible autrement que par drone. »

Inspecter les voies pour la SCNF

Entre autres projets de réflexion, Redbird s’intéresse à la détection de fuites de méthane pour les exploitants gaziers ou encore à l’inspection des voies de chemin de fer de la SNCF. « Chaque matin, un TGV ouvre chaque voie pour détecter les problèmes et les obstacles éventuels. En 2020, ils pourraient être remplacés par des drones, selon l’équation 1 voie = 1 drone ». Encore faut-il que la DGAC l’autorise. Lors des intempéries de 2013 dans le sud de la France, elle n’avait pas autorisé l’usage des drones pour le survol en urgence des voies de la SNCF, pour lequel avaient finalement été utilisés des hélicoptères.

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