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Industrie et Technologies : Veille des technologies émergentes et des solutions innovantes. Ingénieur de l'année, CNISF et derniers brevets

« Les outils de l’innovation ne suffisent pas à rendre une entreprise innovante »

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Par publié le à 09h37

Modélisation des connaissances obtenue via le logiciel STEPS.

Modélisation des connaissances obtenue via le logiciel STEPS.

Pour Simon Fuhlhaber, président de la start-up Time To Innovate, qui valorise une méthode d’innovation reposant sur la capitalisation de connaissances, les outils actuels ne font que créer un environnement favorable à l’inventivité, sans déboucher nécessairement sur de l’innovation. De grandes entreprises comme Samsung vont désormais plus loin en revoyant leur approche du sujet.

Le mot innovation est sur toutes les lèvres, dans tous les discours, tous les articles. Toutes les entreprises souhaitent s’afficher innovantes. Open Innovation, crowdsourcing, concours internes, brainstorming…  les outils qui favorisent l’émergence de l’innovation au sein des entreprises sont aujourd’hui nombreux.

Pourtant ces outils ne sont généralement pas suffisants pour rendre une entreprise innovante. En effet, ils ont tous pour objectif de créer les conditions favorables à l’émergence de solutions innovantes mais ne peuvent garantir ni cette émergence, ni que les solutions choisies soient les meilleures. Comment amener les ingénieurs à trouver des solutions innovantes et pertinentes de manière systématique ?

C’est justement cette question que s’est posé Genrich Altshuller dès 1946. Cet ingénieur russe, qui travaillait dans un bureau d’enregistrement des brevets en URSS et côtoyait des inventeurs à longueur de journée, a élaboré la Théorie de résolution des problèmes inventifs ou Triz (acronyme russe). Elle stipule que l’évolution des objets est régie par des lois objectives et que tout problème peut être traduit sous la forme d’une contradiction. Ainsi, elle propose des outils simples et pertinents permettant par exemple d’identifier les voies d’évolution d’un objet ou encore de résoudre des problèmes en les reformulant sous la forme de contradictions déjà résolues auparavant : il ne reste alors plus qu’à appliquer les principes de résolution qui ont été utilisés à la situation particulière du problème initial. En partant d'un problème initial du type “mon smartphone est trop grand”, une reformulation possible donnerait “mon smartphone doit être assez grand pour afficher suffisamment d'informations mais petit pour être pratique à utiliser”. La méthode Triz consiste ensuite à trouver une solution sans compromis, à partir de contradictions déjà résolues : on obtiendrait dans ce cas des propositions de smartphones équipés d'écran flexible ou à clapet.

60 ans plus tard, Triz est à l’origine de nombreuses innovations. On peut citer comme exemple notoire le flash anti-yeux rouge, que Kodak a développé à partir d'une étude Triz. L'approche amène les ingénieurs à revoir leur façon de résoudre les problèmes, ce qu’a très bien compris le PDG de Samsung lorsqu’il a décidé, dès la fin des années 90, d’adopter la méthode à grande échelle dans son entreprise. Ainsi, ce sont plus de 30 000 de ses ingénieurs qui ont été formés à la théorie et l’entreprise va jusqu’à associer sa réussite de ces dernières années à l’utilisation de Triz*. En simplifiant par cette méthode un composant de lecteur DVD, Samsung a pu économiser 4 dollars par appareil, soit une économie substantielle de 100 millions de dollars.

La théorie a eu le temps d’évoluer. Des laboratoires de recherche, et en particulier le LGéCo de l’INSA de Strasbourg, consacrent leur recherche à l’amélioration des méthodes de conception inventive, en s’appuyant sur Triz. La méthode IDM-Triz, développé par le LGéCo, lui apporte un cadre structurant. Associée au logiciel Steps, elle permet d’en dépasser les limites en gérant la complexité des problèmes rencontrés en milieu industriel. Ces deux outils ont d’ailleurs été primés en juillet à Séoul lors de la « Global Triz conference », organisée par les grands groupes industriels Sud-Coréens, dont, entre autres, Samsung.

Simon Fuhlaber, Président de Time to Innovate.


* Un article du magazine Forbes à propos de l'application de la démarche TRIZ chez Samsung est disponible à cette adresse : http://www.forbes.com/sites/haydnshaughnessy/2013/03/07/why-is-samsung-such-an-innovative-company/2/

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