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"Les énergies renouvelables ne remplaceront pas le nucléaire"

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Par publié le à 13h13

Les énergies renouvelables ne remplaceront pas le nucléaire

Bernard Bigot, administrateur général du CEA

A l’occasion de la visite du centre CEA de Saclay, Bernard Bigot a répondu aux questions des journalistes sur l’avenir et l’état du nucléaire français. Selon l’administrateur général du CEA, il ne sera pas possible de remplacer le nucléaire par les énergies renouvelables d'ici 2050, à moins d'une révolution dans les technologies de stockage de l'énergie, c'est pourquoi il faut procéder au remplacement progressif des centrales.

« Il apparaissait anormal que la France n’ait pas son salon du nucléaire »

Du 14 au 16 octobre 2014 se tiendra au Bourget le World Nuclear Exhibition, le premier salon international du nucléaire qui couvrira l'ensemble des activités de la filière : cycle du combustible, ingénierie, génie civil, fabrication de composants lourds, radioprotection, maintenance, gestion des déchets, démantèlement et formation.

Questionné sur l'événement, Bernard Bigot, administrateur général du CEA, a rappelé l’ambition pour la France de « démontrer que nous avons des produits de grande qualité ». « Avec plus d'un millier d'entreprises autour du  nucléaire, il apparaisait anormal que la France n'ait pas son salon. » Ce salon devrait réunir plus de 430 exposants pour près de 7 000 visiteurs, en provenance du monde entier.  Si jusqu’à la fin des années 2000, le nucléaire était cantonné à des marchés nationaux, le marché du nucléaire est en effet aujourd’hui mondial. D’où la nécessité aujourd’hui pour la France d’exporter son savoir-faire, une évolution également nécessaire pour lui permettre de pérenniser son marché national et de maîtriser les coûts plus élevés des centrales nucléaires de troisième génération construites actuellement par rapport aux centrales nucléaires construites dans les années 1970. Ceux-ci sont dûs en particulier aux exigences de sécurité de plus en plus fortes. « Pendant 15 à 20 ans, nous avons fabriqué 3 ou 4 réacteurs par an puis ce fut le désert. Nous avons besoin de réapprendre. Aujourd’hui il faut 4 à 7 ans pour construire un réacteur. Avant il en fallait 3 ou 4 », a justifié l’administrateur général du CEA.  

« A moins d’une révolution au niveau du stockage, les énergies renouvelables ne peuvent pas suffire ».

Sur le sujet de la part du nucléaire dans la production d’électricité, Bernard Bigot a rappelé « qu’il ne faut pas confondre la réduction de la part du nucléaire et la capacité du nucléaire ». Selon lui, si les 36 millions de véhicules français étaient électriques en 2025, la part d’électricité primaire dans le mix énergétique français pourrait monter à 75 %, dont  50 % d’énergie nucléaire, comme l’a appelé de ses vœux François Hollande. Toutefois, « il ne sera pas possible de remplacer le nucléaire par les énergies renouvelables d’ici 2050 » pour l’administrateur général. « Nous aurons besoin en 2050 d’au moins 35 réacteurs nucléaires. Les énergies renouvelables, à moins d’une révolution au niveau du stockage, ne peuvent pas suffire, même si elles peuvent apporter des solutions à des problèmes ».

« Nous avons la certitude qu’un réacteur peut aller au-delà de 40 ans ».

Selon Bernard Bigot, c’est donc au remplacement progressif des centrales qu’il faut procéder. « Ma vision, c’est que d’ici 2050, l’ensemble des réacteurs actuels  doivent être arrêtés. Il faut planifier combien de réacteurs il nous faut pour 2050. Quand on a construit un réacteur de remplacement, il faut en fermer un autre ». Quant à l’âge de départ à la retraite des centrales, il doit être étudié au cas par cas. « Le remplacement du parc doit être progressif, certains avant 50 ans, certains après. Aujourd’hui, nous avons la certitude qu’un réacteur peut aller au-delà de 40 ans. Aux Etats-Unis, j’ai vu un réacteur de 58 ans fonctionner encore très bien. Tout comme nous ne sommes pas mis au rebut au même âge, il nous faut procéder au cas par cas. Pour cela, nous auscultons en continu l’état des réacteurs ». Enfin, Bernard Bigot a également rappelé lors de la conférence de presse que la sûreté nucléaire était une priorité absolue pour la France. « Il y a un objectif pour l’EPR : quoiqu’il arrive, nous ne voulons pas de relâchement de radioactivité dans l’atmosphère. S’il accuse des coûts importants, c’est aussi car il y a beaucoup d’équipements redondants pour répondre à l’enjeu majeur du refroidissement du cœur en cas d’incident. »

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Commentaires

5 réactions

pesketbeo
Le 10/06/2014 à 23h30
pauvre france! tout le monde se mèle de tout donc de rien.EDF est une entreprise où l'état francais est actionnaire à 70%. l'état a toute latitude pour définir et approuver une stratégie. qu'il le fasse et que l'on arrête des inepties comme une commission d'enquête pour mettre tous les secrets de l'entreprise sur la place publique. EDF a des concurrents (français et alemands) qui doivent se régaler et ont la possibilité de faire mal quand ils voudront.

OT
Le 11/06/2014 à 10h51
Selon Monsieur Bigot le stockage est le seul outil de flexibilité disponible et de plus selon lui on ne sait pas stocker. A-t-il lu le rapport de l'Agence Internationale de l'Energie intitulé "The Power of Transformation" ? "(...) Il y a quatre sources de flexibilité : les réseaux et les interconnexions; la gestion de la demande ; la production flexible, hydraulique ou thermique; enfin le stockage. Aucune percée technologique dans le domaine du stockage ne sera nécessaire avant longtemps. Le potentiel des autres moyens de flexibilité est très important ; et nous avons déjà les stations de transfert d’énergie par pompage hydraulique, dont le potentiel non réalisé en Europe représente au moins dix fois l’existant (...)" http://cedricphilibert.net/les-renouvelables-aux-mardis-de-lavenir/

prigyvon
Le 11/06/2014 à 11h06
Monsieur Bigot, voyez SVP le blog de Olivier Danielo et vous constaterez qu'il existe de nombreuses techniques de stockage des EnR.

alain38
Le 14/06/2014 à 09h36
Je ne comprends définitivement rien à cette mode de vouloir remplacer le nucléaire par de "renouvelables" : aucune autre filière ne répond aux 3 critère fondamentaux d'énergie propre (pas de CO2) sûre (pas d'accident) et pas chère (kWh parmi les moins chers d'Europe). Et à part dans les zones insulaires (Corse...) il n'est nul besoin de développer de l'éolien ou du solaire qui coûtent la peau des fesses et ont besoin de diesels polluants pour les épauler les 70% du temps en moyenne où on manque de vent et de soleil. Certes la mise au point de technologies de stockage permettrait de résoudre THEORIQUEMENT le problème de cette intermittence ; mais alors pour remplacer le nucléaire à prix imbattable il faudra de l'éolien ou du solaire à prix déjà beaucoup plus élevé ET du stockage, c'est à dire une 2ème usine dont le prix sera probablement prohibitif. Notre économie acceptera-t-elle un kWh 3 à 5 fois plus cher ? D'autre part, si on prend l'exemple des STEP (stations de pompage), qui se composent de deux lacs et d'une usine hydraulique, le foncier occupé est tel que peu de régions accepteront de s'équiper, et les expropriations nécessaires auront peu de chance d'aboutir.

antoine
Le 16/06/2014 à 22h02
Le blog est trés intéressant mais je pense que ce Monsieur parle de stockage à grande échelle pas pour une installation photovoltaique . Sans nucleaire avec les capacités de stockage actuelles si il y avait quelques jours sans vent et soleil, nous aurions besoin de bougie rapidement. Le nucléaire est là pour assurer une base stable et malheureusement il a raison tant que les capacités de stockages a grande échelle ne s'améliorent pas nous avons besoin dans le cas de la France du nucléaire.

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