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La montée en puissance des FabLabs industriels

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Par publié le à 11h04

La montée en puissance des FabLabs industriels

Les deux imprimantes 3D du FabLab de Renault

La création de FabLabs ''corporate'' se multiplie parmi les industriels dans le monde entier. La tendance s’affirme aussi chez les Français, dont plusieurs inaugurent des ateliers de fabrication numérique en ce début d’année. Petit tour de France des grandes entreprises qui se lancent dans l’aventure.

Remue-méninges dans la R&D de Renault, Airbus, Air liquide ou Snecma. Tous ont en commun  de se lancer dans l’aventure des fablabs, un concept né en 2001 au MIT, et qui conquiert depuis, le monde entier. D’abord destinés à des étudiants, puis maintenant ouverts à un plus large public, les FabLabs s’invitent depuis peu aussi en interne chez les industriels français.

Premier du genre en France, l’atelier de fabrication numérique "Creative Lab" de Renault s’est ouvert en novembre 2012. Selon Mickaël Desmoulins, l’initiateur du projet, l’objectif est de «  redonner de l’élan à l’innovation du groupe », avec par exemple plusieurs projets concernant les usages du véhicule électrique. Situé dans le centre de Guyancourt, le local de soixante mètres carrés, qui comporte deux imprimantes 3D Makerbot replicator 2, est un outil au service des ingénieurs de R&D qui tranche avec les méthodes habituelles. Qu’on la voit comme une salle dédiée à stimuler la créativité, un atelier de prototypage ou plus pragmatiquement comme un incubateur, l’idée directrice du lieu est de « sortir les gens de leur habitudes » et de les « confronter au réel ». Ouvert aux visites des partenaires industriels, le concept tranche avec la cutlure du secret que l'on connaît de Guyancourt. Il semble pourtant fonctionner, si bien que Renault devrait déménager durant l’été dans un nouveau local de 200 mètres carrés et investir dans de nouvelles imprimantes 3D plus importantes, une découpeuse laser et l’équivalent de 3 à 4 personnes à temps plein sur le local.

Atelier Innovations Services, i-Lab et Protospace

A la Snecma aussi les choses bougent. Ouvert depuis mai 2013 à Villaroche, l'Atelier Innovations Services a notamment pour objectif de « casser les séparations dans l’entreprise entre ceux qui ont les idées et ceux qui les font. » Fabrice Poussière, en charge du lieu, exprime son ras-le-bol « de ce qu’on gâche en opportunités en France » en termes de transfert de technologies, et souhaite grâce au prototypage rapide simplifier les relations des chercheurs avec le management. « Une maquette ça vaut 1 000 mots », exprime Fabrice Poussière. « En France on n'a pas de problème pour avoir des idées mais pour les développer. Nous travaillons sur des protocoles pertinents  pour emmener les idées au management, puis associer les idées et les personnes motivées pour les développer ». Prévu pour accompagner du début à la fin le développement d’un service ou d’un produit, l'Atelier Innovations services a déjà accouché d’une application, le SFCO2, une offre destinée aux compagnies aériennes pour leur permettre d’économiser du carburant.

De son côté, Air liquide a également inauguré son propre « laboratoire des nouvelles idées », l’i-Lab en novembre 2013 en plein cœur de Paris dans le douzième arrondissement. Constitué de deux pôles, un Think-Tank pour décrypter les tendances sociétales et un ''Corporate Garage'' pour tester les idées et concevoir les prototypes, la structure de 450 mètres carrés a pour but « d’accélérer le processus de l’innovation et le temps de mise sur le marché », selon les termes de l’un de ses responsables, Gregory Olocco. Le ''Corporate Garage'' de 25-30 mètres carrés, c’est-à-dire l’atelier de prototypage proprement dit, est encore ouvert exclusivement en interne et vise les chercheurs du groupe. Selon Gregory Olocco, la structure devrait les aider à libérer 10 % de leur temps pour travailler sur des projets en marge de leur travail de recherche.

Dernier du lot à avoir ouvert ses portes, en février 2014, le ''ProtoSpace'' d’Airbus se présente comme une combinaison entre un laboratoire de prototypage et un espace collaboratif de travail type co-working/start-up, soit un modèle proche finalement de l’i-Lab d’Air liquide. Quel que soit le lieu, l'ambiance est toujours à la décontraction et à la liberté d'expression de chacun. Toutes les structures partagent une même intuition, celle de décloisonner les processus de création, pour à terme, réinventer la R&D.

L'ambiance est à la décontraction dans le FabLab de Renault.

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Commentaires

Une réaction

Fabrice Poussiere
Le 19/05/2014 à 23h40
Quelques précisions sont nécessaire sur le Fab Lab de Snecma qui est attaché à l'Atelier Innovation Services. Il ne s'appelle pas le Creative Lab. La confusion vient peut-être du fait que j'ai dans mon précédent poste monté le Creativ'Lab des Bell Labs avec quelques collègues ou que c'est le nom du Fab Lab de Renault. De plus "Une maquette vaut milles mots" est un slogan souvent utilisé par Stéphanie Bacquere de Nod-a que nous reprenons tous à notre compte mais j'aime bien citer mes pairs. Vous pouvez aussi rajouter à cette liste d'industriels convertis aux Fab Labs: Systra et le Bell Labs Garage d'Alcatel-Lucent. Et vous pouvez me croire les "makers" ou "intrapreneurs" ne s'arrêterons pas là, il y en aura d'autres.

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