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L’intelligence artificielle, grande star du Web Summit

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Par publié le à 09h06

L’intelligence artificielle, grande star du Web Summit

Devant une salle comble, le CTO de Facebook a présenté les dernières avancées du réseau social dans le domaine de l'intelligence artificielle.

Facebook, Google, IBM... Tous ont consacré une large partie de leur intervention au Web Summit pour faire part de leurs avancées en matière d'intelligence artificielle. Les géants du web ne sont pas les seuls à plancher sur le sujet. La start-up Movidius entend glisser de l'intelligence dans tous les appareils pour les rendre autonomes. De son côté, Accenture multiplie les projets dans ce domaine pour ses clients.

Machine Learning, Deep Learning, informatique cognitive, vision par ordinateur… Les termes renvoyant au domaine de l’intelligence artificielle (AI) sont nombreux. Ils se sont également largement invités dans les conférences du Web Summit, le grand rendez-vous européen dédié aux technologies du numérique, qui se tient à Dublin jusqu’au 5 novembre.

Facebook présente une AI dédiée aux malvoyants

Devant une salle comble, Mike Schroepfer, le CTO de Facebook, a ainsi consacré une large partie de son intervention aux avancées du réseau social en la matière. « Une grande partie de votre cerveau est dédiée au traitement des images visuelles » a-t-il rappelé, avant de présenter un système d’intelligence artificielle capable d’interpréter une photo pour en traduire les différents éléments en langage naturel. Pour Facebook, les applications d’une telle technologie sont évidentes. « Cela va nous permettre d’afficher dans votre fil d’actualité ce que vous souhaitez voir », a affirmé Mike Schroepfer. La même technologie devrait également aider le réseau social dans son ambition de « connecter le monde », en permettant aux personnes malvoyantes de poser des questions pour comprendre le contenu d’une image. Mike Schroepfer a, par ailleurs, précisé que les équipes FAIR (Facebook artificial intelligence research) présenteraient, à l’occasion de la conférence scientifique Nips, une intelligence artificielle dédiée à la reconnaissance de contenus dans une image 30 % plus rapide que les technologies actuelles du marché.

Google crée la messagerie intelligente

Quelques heures plus tard, c’est Google qui a présenté ses progrès en la matière. Dans le cadre d’une conférence intitulée « Machine Learning : the next great leap », Amit Singh, président de Google for Work, a dévoilé une nouvelle fonctionnalité, baptisée Smart Reply, permettant de répondre automatiquement aux e-mails à la place de l’utilisateur. Disponible depuis l’application mobile Inbox, le service scanne les conversations pour comprendre les échanges, puis propose automatiquement trois réponses à l’utilisateur. En fonction des choix de celui-ci, le système s’améliore pour proposer des réponses toujours plus pertinentes. « Nous avons constaté que sur mobile, les e-mails que nous écrivons sont très courts et très orientés vers l’action », a-t-il exposé. Toujours basée sur des algorithmes d’intelligence artificielle, une autre fonctionnalité disponible dans les tableaux Google Spreadsheet permet de faire ressortir automatiquement des tendances que l’utilisateur n’aurait pas forcément identifiées.

>> Consultez notre dossier : Machines à penser : l'intelligence artificielle au service de l'industrie

Movidius développe des intelligences "locales"

De son côté, la start-up américaine Movidius, spécialisée dans la vision par ordinateur, entend développer une intelligence "locale" (par opposition à une intelligence dans le Cloud) dans tous les appareils pour les rendre autonomes, et donc intelligents. Dans cette optique, l’entreprise a mis au point, après 10 années de R&D, la puce Myriad 2 dont l’architecture est optimisée pour faire tourner de manière parallèle ses propres algorithmes d’intelligence artificielle, tout en utilisant le moins d’énergie possible. Pour l’heure, l’entreprise se concentre sur les marchés des drones, des caméras de surveillance, mais aussi des casques de réalité augmentée et de réalité virtuelle. « Nous travaillons avec 4 des 5 principaux acteurs de la réalité virtuelle » a assuré sur scène  Rémi El Ouazzane, CEO de l’entreprise. La technologie développée par Movidius devrait, entre autres, permettre d’identifier avec un très haut degré de précision la position de la tête de l’utilisateur, afin de réduire au minimum la latence entre ses mouvements et l’affichage du contenu, afin que le cerveau soit complètement trompé et pense être dans la réalité. L’entreprise est également en discussions avancées avec un grand fabricant de drones, collabore avec Google et est membre du projet de recherche européen Eyes of Things.

Accenture dote les machines "d’un jugement"

« L’intelligence artificielle n’a rien de nouveau ! ». C’est ce qu’a lancé sur scène Marc Carrel-Billiard, directeur exécutif monde d'Accenture, en charge de la recherche et développement technologique. « Les algorithmes n’ont pas énormément évolué ces dernières années. Ce qui a changé c’est la capacité à traiter en temps réel des énormes volumes de données variées », a-t-il assuré, avant d’illustrer les travaux d’Accenture en la matière. Le groupe a notamment mis au point, pour une compagnie d’assurance, un réseau de neurones capable d’évaluer le niveau de dommages d’une voiture à la suite d’un accident. Les équipes d'Accenture ont entraîné le réseau de neurones en utilisant des petites voitures en jouet. « On parle alors de "judgment based reasoning" », nous précise Marc Carrel-Billiard. Le conducteur n’a plus qu’à prendre une photo du véhicule. Celle-ci est ensuite analysée par des algorithmes de Deep Learning, puis envoyée à un expert qui n’aura alors plus qu’à vérifier l’évaluation. « Il ne s’agit que d’un pilote, mais nous espérons pouvoir rapidement étendre ce service », ajoute le spécialiste.

Comme la majorité des conférenciers du Web Summit, le chef de la R&D d’Accenture est persuadé que l’intelligence artificielle aura un impact majeur dans tous les secteurs industriels. Reste toutefois à résoudre la problématique de la confiance. « Notre étude montre que les top managers, qui ont l’habitude de déléguer, accordent une grande confiance aux technologies d’intelligence artificielle. En revanche, plus nous descendons dans le middle management moins la confiance est forte », note Marc Carrel-Billiard. Pour d’autres, comme Rémi El Ouazzane, les avancées sont telles qu’il est temps de mettre en place un cadre éthique. Sur scène, Nell Watson, futurologue de l’Université de la Singularité, était catégorique : « Enseigner les valeurs humaines aux machines constitue "the next big thing" ».

De notre envoyée spéciale à Dublin, Juliette Raynal

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