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Hyvolution : la filière expose les nouveaux usages de l'hydrogène

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Par publié le à 09h32

Hyvolution : la filière expose les nouveaux usages de l'hydrogène

La Toyota Mirai était exposée au salon

L’hydrogène a désormais son salon en France : Hyvolution. Les tendances de fond de la filière sont abordées jeudi 4 et vendredi 5 février au Parc Floral de Paris. Grands groupes et start-up ont répondu présents pour cette première édition, même s’il s’agit majoritairement des acteurs français, tant spécialistes du gaz, de l'énergie ou de la mobilité. Focus sur quelques acteurs présents au salon.

Air liquide, Engie, Paxitech, SymbioFcell, Areva H2, entre autres acteurs, ont répondu présents à l'appel du salon consacré à la filière hydrogène Hyvolution, le premier sur ce sujet en France. Les conférences s'enchaînent pendant deux jours sur le développement de la filière hydrogène. « Avec 400 inscrits au salon, l’hydrogène montre qu’il est désormais un véritable business, s'enthousiasme Pascal Mauberger, président de l’Aphypac, l’Association française pour l’hydrogène et les piles à combustibles, partenaire du salon. L’ensemble de la filière est présent mais il n’y pas que des acteurs de l’hydrogène. Il y aussi des personnes de l’énergie,  des transports, des responsables de collectivités, etc. On trouve une Miraï, un Kangoo… : les objets et les technos existent, ainsi que l’écosystème. Il n’y a plus qu’à le développer. »

Engie associe méthane et hydrogène dans la micro-cogénération

Si la présence d’Air liquide est tout ce qu'il y a de logique, celle d’Engie est moins évidente. Mais l’énergéticien voit dans l’hydrogène un nouveau marché tout à fait en phase avec ses activités actuelles. Gaz naturel - c'est à dire le méthane - et hydrogène ont des atomes crochus. Par exemple, avec la micro-cogénération, à propos de laquelle Engie est impliqué dans deux projets, Callux et Ene.field, sans pour autant développer lui-même les technologies. « La micro-cogénération est une solution destinée au secteur résidentiel, déjà en déploiement au Japon, explique Stéphane Hody, ingénieur-expert à l’Engie Lab Crigen, un des 7 laboratoires d’Engie, spécialisé dans le gaz naturel. Le gaz naturel est transformé via un réformeur principalement en hydrogène et en CO2.  Puis l’hydrogène est converti avec une pile à combustible en électricité, laquelle produit aussi de la chaleur lors de l’opération. » Chaleur et électricité sont « co-générés », à raison d’environ 40% de l’énergie primaire convertie en  électricité et 55% en chaleur, toutes les deux utilisées directement sur place pour les besoins domestiques.

L’énergie est ainsi utilisée de manière décentralisée pour un haut rendement, quand les solutions actuelles de centrales cycle combinés gaz, les centrales électriques fonctionnant au gaz naturel, convertissent 60% de l’énergie en électricité mais laissent 40% de la chaleur co-générée se perdre dans la nature. 1000 à 2000 de ces systèmes sont en démonstration en Allemagne. « Nous regardons aussi l’hydrogène comme une solution pour convertir notre excédent d’énergie produit grâce aux énergies renouvelables, » ajoute Stéphane Hody. Le fameux « Power to gaz » : l’énergie produite par exemple par un champ d’éoliennes est convertie en hydrogène pour être ensuite reconvertie en électricité au moment où l’on en a besoin.

La mobilité, premier driver du développement de la filière

Bien sûr l’application phare sur laquelle la nouvelle économie de l’hydrogène se développe est celui de la mobilité. Au milieu des autres stands, la Miraï de Toyota trône comme une star. La voiture à hydrogène de Toyota est commercialisée au Japon depuis fin 2014 et depuis octobre 2015 en Europe, dans les quatre pays disposant des infrastructures nécessaires : en Allemagne, au Danemark, en Belgique et au Royaume-Uni, ainsi qu’aux Etats-Unis, en Californie. Elle ne sera pas disponible en France, qui compte moins de cinq stations à hydrogène sur le territoire, avant 2017. Propre, dotée d’une autonomie de 400 à 550  km et rechargeable en 5 minutes, la voiture à hydrogène de Toyota a incontestablement des atouts à faire valoir.

Mais elle a aussi, tout comme ses homologues des autres marques, encore beaucoup de défis devant elle. En particulier celui de l’approvisionnement en hydrogène. Spécialiste incontournable du domaine et du salon, la société McPhy propose des solutions depuis la production d’hydrogène à partir d’électricité jusqu’à la distribution à la pompe. La société a déjà installé plusieurs stations en Allemagne. Une première station française a été installée le 8 décembre 2015 à Ivry, sur laquelle six véhicules électriques Kangoo s’approvisionnent, l’hydrogène leur servant de prolongateur d’énergie associé à une batterie. Trois autres stations ont été installées respectivement à Lyon, Grenoble et à la Motte-Fangeas. Pour assurer l’ensemble du cycle, McPhy produit aussi des piles à combustibles et des électrolyseurs.

Le fabricant de prolongateurs d’autonomie à hydrogène Symbio F-Cell a inauguré en 2015 sa première ligne de production à Grenoble. Symbio FCell prévoit de livrer 1 000 exemplaires de son Kangoo ZE-H2 en 2016. Ici, la pile à combustible et le réservoir à hydrogène intégrés dans un véhicule.

Un secteur où les start-up ont une place à se tailler

Mais l’hydrogène est aussi et surtout capable de faire émerger de petites start-up innovantes, dont McPhy est l’exemple gagnant, parti d’une seule solution de stockage à base d’hydrures métalliques en 2008. D’autres start-up présentes sur le salon pourraient lui emboîter le pas. A l’instar d’AD Venta, créée en 2005 par l’ingénieur Jean-Claude Mussot, qui cherchait des applications pour un micro-détendeur de gaz. La société a commencé à proposer des petits systèmes de stockage nomades. Un détendeur préréglé intégré à une petite bombonne d’hydrogène de type aérosol sert à alimenter la pile à combustible d’un chargeur USB nomade. Aujourd’hui, la start-up a fait évoluer sa gamme de produits à partir de sa technologie de base et développe des détenteurs sécurisés intégrés, spécialement conçus pour le stockage de l’hydrogène gazeux dans les véhicules à hydrogène.

Mahytec est une autre de ces start-up prometteuses présentes au salon. Elle propose des réservoirs à hydrogène de 2 bars pour des applications stationnaires et de petits véhicules utilitaires, comme des tondeuses, pour lesquels la tournée est de quelques kilomètres seulement. Perçus par beaucoup comme le vecteur d’énergie du futur, l’hydrogène montre qu’il est une source d’innovation tant au niveau des usages que des technologies.

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