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Hydroliennes : EDF affine ses technologies

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Par publié le à 11h29

L'hydrolienne d'EDF s'apprête à subir une seconde phase de tests

L'hydrolienne d'EDF s'apprête à subir une seconde phase de tests

Après deux mois au port de Brest, la première hydrolienne française s’apprête à replonger au large de Paimpol Bréhat pour une seconde phase d’essai. EDF tire un premier bilan de cette technologie. Et affine le concept en vue d’un déploiement industriel.

« Dans un environnement marin, la conception d’une hydrolienne doit privilégier la simplicité et la robustesse. Le concept développé par Openhydro, avec l’assistance d’EDF R&D remplit ces conditions », a salué Henri Proglio, en visite sur la rade de Brest le 06 septembre. Le premier prototype d’hydrolienne – turbine exploitant l’énergie de la houle - trône à quelque mètres de là, sur sa barge dédiée. EDF va l’immerger dès la mi-septembre pour une seconde phase de test sur son site expérimental au large de Paimpol Bréhat.

En attendant, le retour d’expérience sur la première phase de test est plutôt positif. Premier soulagement du côté de la logistique : la barge dédiée, conçue par Openhydro et construire par les chantiers STX, donne satisfaction. La partie n'était pas jouée d'avance. Le système doit acheminer, poser et récupérer l’hydrolienne avec son trépied –16 mètres de diamètre et 900 tonnes par 35 mètres de fond. « Le système d’accroche fonctionne bien. La descente de l’engin nécessite seulement 40 minutes », détaille Brendan Corr, directeur opérationnel d’OpenHydro.

Second constat : la structure tient le choc. Quelques inquiétudes subsistaient sur son architecture audacieuse. Pour éviter de ruineuses opérations de maintenance en mer, celle-ci ne comporte en effet  aucune partie étanche. « Le rotor n’est pas relié à la carène par un système de roulements. Il tourne dans un palier sur un simple film d’eau. Un tel concept n’avait jamais été mis en œuvre à cette échelle », se félicite Jean-Charles Gallant, responsable de mission hydraulique chez EDF.

Des prises sous-marines

Dans cet environnement sous-marin, La sécurité du système électrique reste aussi une question prioritaire. Pour pouvoir ''brancher'' son hydrolienne, EDF développe ainsi des prises… que l’on peut brancher sous l’eau. « Ce type de prise existe déjà sur les plates-formes pétrolières offshore. Mais à un coût et dans des conditions de profondeur sans commune mesure avec ce qui est envisageable sur un champ hydrolien », s’exclame Jean-Charles Gallant. Pour développer une technologie plus adaptée, l’électricien mise sur le projet Powerplug, mené avec le CNRS.

L’autre point critique réside dans le convertisseur. Son rôle : lisser le courant brut délivré par les hydroliennes pour le rendre injectable sur le réseau. Immergé dans le cas les éoliennes en mer, ce composant doit se réinventer pour connecter les hydroliennes sous l’eau. Développé par Converteam, filiale de General Electric, il sera indispensable pour raccorder le champ de Paimpol Bréhat sur le réseau électrique national.

En compétition avec la perfide Albion

A l’aube de la nouvelle phase de test, EDF et Openhydro semblent confiants sur la maturation de leur projet pilote. A terme, L’électricien français ne s'interdit pas d'héberger et évaluer d’autres technologies d’hydroliennes sur son site expérimental  - par exemple le concept développé d'Alstom.

En toile de fond, c’est une véritable course à l’industrialisation des hydroliennes qui est engagée entre la France et le Royaume-Uni. Pionnier sur les énergies marines, le voisin britannique teste déjà pas moins de huit concepts d’hydroliennes sur le site expérimental de l'European Marine Energy Centre. L’enjeu : industrialiser une machine fiable et aux coûts compétitifs avec l’éolien. Le vainqueur de cette course pourrait rapidement conquérir  un marché européen dont le potentiel houlomoteur est estimé à 15 GW – l’équivalent de 10 réacteurs nucléaires de type EPR.

Hugo Leroux

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